"Deux intérêts se font face et manifestement ils ne sont pas conciliables..." Sabine, in Push Up.

 Avec Push Up, nous sommes dans le monde du travail, et plus précisément dans une multinationale. C’est là que l’auteur installe ses protagonistes, pour nous livrer la conséquence radicale sur les rapports humains d’une civilisation qui donne priorité au profit et fait du trio flexibilité-compétitivité-rentabilité une valeur essentielle.

Quand l’arrivisme devient la raison de vivre et de survivre de chacun, quand il s’agit non seulement de maintenir sa position, mais aussi de s’élever au sein de l’entreprise - et atteindre le « seizième étage » -, la solidarité et la vie privée sont forcément exclus. Chacun voit l’autre comme un danger, un obstacle, qu’il faut écarter ou anéantir. Dans un tel mécanisme qui n’offre aucune échappatoire, la relation à l’autre devient indissociable de la notion de conflit. Que l’autre soit homme ou femme, plus jeune ou plus âgé, supérieur ou inférieur dans la hiérarchie, rien n’y change. Il faut être un « battant » si l’on ne veut pas être « battu ».

Au-delà de ce constat, l’auteur nous (dé-)montre l’aspect radicalement maladif et dévastateur de cette logique effrénée. Difficultés de communication, angoisses, paranoïas, tocs, obsessions, frustrations, solitude, suicide… Les symptômes sont multiples et dévoilent toute la folie et la déshumanisation d’un tel processus.

La mise en scène de Jean-Michel Van den Eeyden joue sur cette réalité en donnant notamment à voir, par les corps des acteurs, les failles et faiblesses de l’humain. Il aime placer l’interprète au centre de son processus créatif et entend mettre en scène un acteur « in-corporé », c'est-à-dire dont le corps se fait véhicule pluriel de l’imaginaire et du sens.

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Texte Roland Schimmelpfennig l Traduction Henri-Alexis Baatsch (L'Arche éditeur) l Mise en scène Jean-Michel Van Den Eeyden l Interprétation Rosario Amedeo, Renaud Cagna, Nathalie Cornet, Yannick Duret, Giuseppe Lonobile, Sylvie Merck, Nicolas Mispelaere, Sabine Weisshaar l Création lumières Xavier Lauwers l Création vidéo Kurt d’Haeseleer l Compositions originales Olivier Bilquin l Musiques aditionnelles Susheela Raman, Rage Against the Machine, Venus l Scénographie et costumes Anne Guilleray l Construction décor Fred Op de Beeck l Régie Frédérique Deroche, Pascal de Thier, Julien Flach, Aude Ottevanger et Patrick Pagnoulle l Dramaturgie Olivier Hespel l Chorégraphie et assistanat à la mise en scène Anne-Cécile Massoni. Création Kollectif Cie Barakha l Coproduction Manège.Mons/Centre Dramatique, CECN (Centre des Ecritures Contemporaines Numériques) l Aide Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles – Service Théâtre, PBA + Eden, Maison de la Culture de Tournai, La Fabrique de Théâtre l Soutien Théâtre & Publics, COCOF l Remerciements Groupov, La charge du Rhinocéros, Théâtre National et Base Design, Marie Dubit, Claude Fafchamps, Ariane et André Hespel-Baetens, Iris Oehrle, Compagnie As Palavras.