Un texte, deux voix. Celle du protagoniste, et celle du musicien, en écho.
Un texte pour dépeindre l’ennui, pour dégueuler une vie dénuée de sens, dégueuler l’envie de violence, juste pour se sentir physiquement présent. Un texte à l’écriture truffée de références, plus ou moins digérées, des fois resservies à peine remâchées. Vaguement écœurant.
Une mise en scène relativement dynamique, personnage catapulté d’un bout à l’autre de son espace clos. Lumières éclairant un rictus, ou l’engloutissant dans un fondu au noir très cinématique.
Une ambiance sonore délibérément pesante. Des interludes musicaux fluides, une énergie punk pour appuyer le propos. Une danse où comme possédé, le jeune branleur brille par son interprétation, tout en rage plus vraiment contenue.
Mais un journal sans objectif apparent. A part dépeindre un état de fait où l’excès devient seul refuge. L’excès de néant. Abusif ? Abusif. Comme lui, nous sommes ennemis, nous sommes l’ennui.
Au final, on ne sait pas trop apprécier ce jeune branleur. Difficile de s’y identifier vu l’excès du propos. Si pas avec, sommes-nous néanmoins contre ? Critique un peu facile : à nous la honte d’être si conformistes et cannibalisés par le système, dévorés par la seule réalité, celle télévisuelle ? Ce serait réfuter d’autres alternatives à ce système décrié, penser le monde incapable de recul et d’esprit critique. Complètement prétentieux.
Si l’étape de travail est assez aboutie du point de vue dynamique, que l’interprétation sonne juste, c’est finalement le texte qui ennuie, par volonté de toujours chercher à dépasser les limites, dans un style qu’on devine vouloir se rapprocher d’un William S. Burroughs, mais plutôt gratuitement, au fond.
C’est de nuances dont manque ce Journal d’un jeune branleur… Ce personnage ennuie car il n’évolue pas. Et finalement, son portrait, se voulant porte-parole de sa génération, semble réducteur et passablement abrutissant. Comme les images vulgaires défilant à l’écran : à vous filer la nausée.
V.D.
