Prix impatience décerné au Raoul Collectif !

Un projet professionnel directement issu des solos/carte blanche de l’ESACT reçoit le Prix du Jury et Le Prix du public !

Le Raoul Collectif, repéré dans le cadre de Tremplin, Pépites & co et remarqué lors du Festival Kicks 3.0, connaît un succès grandissant ! Leur dernière création, Le signal du promeneur est un projet directement issu des solos/carte blanche de l’ESACT et de la formation à la production théâtrale de Théâtre & Publics.

Le Raoul, véritable collectif d’artistes producteurs, vient de rafler le prix Impatience avec Le signal du promeneur : le Prix du Jury et le Prix du public du festival ont été décernés aux artistes.

Une proposition scénique qui a le vent en poupe, situation dont se réjouit Nathanaël Harcq, secrétaire général de Théâtre & Publics et directeur adjoint du Conservatoire de Liège, (responsable de la formation d’acteurs: ESACT).

« Le Conservatoire de Liège est décidément une très féconde pépinière de talents. Après Fabrice Murgia et Le chagrin des Ogres, voici donc, issu de la même école, Raoul Collectif et Le Signal du promeneur – une création à cinq où tous interprètent, mettent en scène et en musique leurs propres textes, traitant d’un art introuvable et nécessaire : celui de s’orienter, quand on a vingt ans, dans la jungle du monde. Leur humour situationniste, leurs gags verbaux et visuels à rebondissements leur ont valu d’être comparés à des Monty Python à la belge… mais ces humoristes-là ont aussi lu Raoul Vaneigem ou Fritz Zorn. Entre autres ovnis qui parsèment le spectacle, une reconstitution du procès du fameux faux docteur Romand, mais aussi le passage d’un homme chassant le ptérodactyle dans les déserts du Mexique… Surprises garanties !« 

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Retour en images sur le Festival des Palabres !

Le week-end dernier, le Festival des Palabres, porté par l’asbl On prend l’air, s’installait à L’Ancre pour deux jours de concerts, contes, spectacles, ateliers…

Une belle dynamique, une ambiance festive et chaleureuse, et des bénéfices qui seront intégralement reversé à l’ONG des Îles de paix !

Retour en images sur ces deux journées avec les photos de TIM :

 

 

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Pépites, l’Art et les Tout-Petits, c’est bientôt à L’Ancre !

Dans le cadre de Pépites, l’Art et les Tout-Petits, initié par la Guimbarde, ce n’est pas moins de quatre propositions qui seront accueillies au sein de L’Ancre pour cette 11ème édition du Festival International de spectacles et de rencontres !

Embrasser la lune

Mercredi 23 mai à 16h et jeudi 24 mai, à 9h15 et 10h45

> 2 ans

embrasserlalune

Deux bras, deux jambes et moi

Vendredi 25 mai à 10h

> 3 ans

deuxbras

Kubik

Mardi 29 mai à 10h

> 18 mois

kubik

Desayuno Fragil

Mercredi 30 mai à 10h

> 1 an

desayuno

Pour plus d’informations et découvrir la programmation intégrale des Pépites, consultez ici la brochure complète du Festival.

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Bilan KICKS! 3.0

Bilan Kicks! 3.0

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Un homme debout : après la pièce, un livre

Sorti en février dernier, le livre Après le meutre, revivre vous invite à découvrir les témoignages croisés de Jean-Marc Mahy (vu à l’occasion de la pièce Un homme debout, mise en scène de Jean-Michel Van den Eeyden) et de Jean-Pierre Malmendier, fers de lance de la justice restauratrice (témoignages recueillis par Anne-Marie Pirard).

Une habile façon de mettre en parallèle les étapes de reconstruction pour deux hommes que pourtant tout semblait opposer. Et de voir le combat partagé pour se relever et retrouver sa place dans la société qui pèche souvent par manque de compréhension. Sans avoir la prétention de donner toutes les clefs pour comprendre auteur et victime, le livre délivre, au travers de ces témoignages, une vision neuve et sans complaisance du deuil partagé par ces deux hommes. Et des pistes pour rester, malgré la perte ou malgré la prison, des hommes debout, des hommes dignes.

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Jean-Pierre Malmendier dont la fille Corine a été assassinée et Jean-Marc Mahy, auteur de meurtre et ex-détenu, n’avaient a priori pas grand-chose à partager. Contre toute attente, ils deviennent amis.

Ce livre témoigne du parcours des deux hommes, de leur rencontre, du long dialogue qui les mène à un projet commun. Il raconte leur découverte du surprenant parallélisme des cheminements qu’une victime et un auteur doivent parcourir quand, après le meurtre, ils veulent “restaurer leur âme”. Ils se rendent compte qu’une telle tragédie les isole, différemment bien sûr mais avec une même radicalité, et qu’il n’est simple ni pour l’un, ni pour l’autre de retrouver une place dans la société.

Un livre étonnant qu’ils ont demandé simple, sobre, intense pourtant à la mesure de leurs chagrins, à la démesure de leur espoir. En souhaitant que ces pages tombent entre les mains de quelqu’un à qui elles donnent l’élan nécessaire pour se remettre debout à son tour.

Sous la plume d’Anne-Marie Pirard, Jean-Pierre Malmendier, père désenfanté, fondateur de l’ASBL “Marc et Corine” et sénateur MR et Jean-Marc Mahy qui, “pour s’acquitter du solde de sa dette”, veut témoigner pour prévenir la délinquance et la violence. Leur projet naît en juillet 2010. Il tient bon malgré le décès inopiné de Jean-Pierre Malmendier, le 28 février 2011.

Source : Site de l’éditeur Couleur Livres

 

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Over the edge : critique

Un film pour questionner les limites posées à la jeunesse. Ici, des jeunes (pour ne pas dire des gamins) plongent dans les extrêmes, face à une répression qui l’est tout autant. Over the edge décrit cet effet d’escalade au travers d’affrontements directs et de défiance entre jeunes et vieux…

Un traitement qui laisse perplexe, car le film est vraiment difficile à croire dans sa démesure. La volonté de contrôle est incarnée par des policiers bourrus bien trop caricaturaux pour espérer sortir des sentiers battus, la détresse par des parents plutôt laxistes, et la révolte par des jeunes fatigués de se laisser dicter leur comportement. Au fond, rien de bien novateur, pour une surenchère de situations grossies et peu crédibles, dans un film qui a vraiment assez mal vieilli !

Néanmoins, une énergie de groupe, du côté des jeunes, qui réussit toutefois le pari de les rendre attachants, même si écervelés, pour leur fougue et leur naïveté au moins. Une violence mêlée au kitch qui rappelle par certains côté Les guerriers de la nuit de Walter Hill, le fun en moins. Un dénouement plutôt déplorable, puisqu’en guise d’accomplissement, la société n’offre que prison aux jeunes, qui ne reluisent pas franchement d’intelligence en semblant fiers d’y être emmenés… Consécration d’une mise au ban de la morale des adultes ? Super, et après ?!

Brûlot un peu vain, puisque le message se réduit à « ne les enchaînez pas où ils vont vous exploser à la figure »… Un brin réducteur, non ? Il y a tant de choses à construire ensemble, et non dans une guerre de générations, qu’Over the edge réussit presque à révolter grâce à ce parti-pris dépassé, et non par empathie d’une jeunesse muselée…

V.D.

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Jean-Marc Mahy, l’homme debout du festival d’Avignon

Un homme debout

Avignon, théâtre de la Manufacture, 20 h 45. Hormis un tabouret, il n’y a rien sur scène. Jean-Marc Mahy entre : «Bonsoir, je m’appelle Jean-Marc Mahy. Je ne suis pas acteur, mais je vous invite à revisiter mon passé.»

Par des gestes précis, il déroule du scotch blanc sur le sol, afin de délimiter la taille de la cellule, celle dans laquelle il va passer plusieurs années. Jean-Marc Mahy a passé près de 20 ans derrière les barreaux et il va, pendant une heure trente, revenir sur ce qui l’a mené jusque-là, du vacarme de son adolescence délinquante au silence assoourdissant de l’isolement total, au fond du cachot.

Un homme debout est un cri, mais un cri positif, celui d’un homme auquel la vie a beaucoup appris, et qui a besoin de lui rendre quelque chose.

A l’isolement, il a fêté ses 20 ans seul, imaginant que les 20 frites qu’on venait de lui apporter signifiait les 20 bougies qu’il ne soufflerait jamais.

Il a passe 6 diplômes en prison, y a lu Baudelaire, Zola, Albert Londres, a fait le tour des religions, s’est aménagé une vie intérieure, elle l’a sauvé. Ce ne fut pas de cas de certains de ses co-détenus, qui sont morts de ne pas savoir lire, de ne pouvoir trouver les ressources à la survie au cachot, car c’est bien de cela qu’il s’agit.

Il a aussi été sauvé par la radio et sa programmation, attendant chaque émission comme autant de cours qu’il n’avait pas eus : la science, l’histoire, le théâtre… Autant de moments que le prisonnier attendait comme une bouffée d’air et le tissage de liens avec l’extérieur, avec la vie. Et il y avait aussi Macha Béranger, qui rythmait ses nuits, et a laquelle il aurait voulu se confier. Il le fait désormais dans son spectacle.

Que l’on ne se méprenne pas : Jean-Marc Mahy ne cherche pas d’excuses à ses actes et la pièce témoigne du respect de ses victimes, jusque dans les applaudissements de fin, qu’il ne peut accepter. Nous sommes ici dans autre chose : certes, il s’agit de theâtre (la qualité du jeu et de la mise en scène en témoignent), mais il est question de réalité, ou du moins du récit d’une réalité qu’il a entrepris de changer. Il est désormais écouté par les politiques de son pays, la Belgique, et les choses bougent.

Jean-Marc Mahy parle avec le public à la suite de sa pièce, lorsque celui-ci a envie de prendre le temps de mieux comprendre sa démarche. Il  est disponible à ceux qui veulent l’entendre, et il poursuit sa mission à travers l’Europe, présentant sa pièce dans de nombreux lieux, au-delà des théâtres.

Au début de cette performance, Jean-Marc Mahy dit ne pas être un acteur, il est en vérité plus que cela : auteur, interprète et acteur réaliste d’une pièce que sa vie lui a imposée, Mahy montre que le theâtre est capable d’aller au-delà du discours, au-delà de la dénonciation, et d’infléchir le monde.

Virginie Spies

Source: Semioblog

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AVIGNON OFF 2011 : Dernière sélection

A deux jours de la clôture du Off d’Avignon, voici la liste définitive de ce que nous avons retenu du Off 2011, actualisée au 29 juillet :

Au Théâtre des Halles (Attention ! terminent ce 29) : Rhinocéros (Alain Timar) un excellent Ionesco en Coréen surtitré : surprenant !, La Mastication des morts (La Vaste entreprise) sur un texte puissant, un travail intéressant, Pansori Brecht (Pansori project) fort et déroutant, Discours de la servitude volontaire (Cie avec vue sur la mer), avec l’excellent François Clavier, Que d’espoir ! (Du jour au lendemain), Vernissage (Le Tamanoir)…

A La Manufacture : Alaska Forever (Cie artefact) très bon, La Fête (collectif De Quark), forme courte réjouissante, Grammaire des mammifères (Locus Solus) excellent, Un homme debout (Jean-Marc Mahy), autobiographique et émouvant, La dernière berceuse (Louis Arene), plutôt enlevé…

Au Théâtre du Chêne Noir (Attention ! clôturent aujourd’hui 29) : Si Siang Ki (Gérard Gelas) un beau Gelas très visuel, très Opéra, Hand Stories (Théâtre Vidy-Lausanne) remarquable, Eclats de vie (Jacques Weber) du bon Weber, Pagagnini (Yllana/Ara Malikian), théâtre musical d’excellente facture…

A La Condition des Soies : The Keyman (Scarecrow Dance Cie) superbe…

A la Caserne des Pompiers : Valses en trois temps (C. & F. Ben Aïm), élégant…

A La Luna : Les Lois de la gravité (Jean Teulé), classique mais efficace, Nosferatu(Musicarteatro), ciné-concert déjanté et esthétique, La Fille du Général (La Troupe du Levant) …

Au Théâtre des Carmes/André Benedetto : Urgent Crier (Philippe Caubère) du bon Caubère, Sarvil (Les Carboni) comédie foraine à la Marseillaise , et Lear et son fou (J.C. Drouot), belle prestation…

Au Grenier à SelOn ne paie pas ! On ne paie pas ! (Icare), un Dario Fo enlevé et réjouissant…

Aux Hivernales : Keep in-out (Gaetano Battezzato), Cyclus (Cie Elyamni)…

Au Théâtre de l’Oulle : la Pitié dangereuse (Cie carinae) belle restitution du texte de Zweig, Flamenco y puro (Luis de la Carrasca) le nouveau spectacle de la Cie, très Flamenco…

Au Théâtre du Bourg-neuf : Horowitz (mis) en pièces (les Aléas)…

Villeneuve en Scène : La seconde surprise de l’amour (Cie Tandaim), un Marivaux réactualisé de belle manière, en clin d’oeil à Sophie Calle, Les demeurées (Begat Theater) fort et intimiste…

On n’aura pas raté : Forever young (Jean François Matignon / La Manutention), couillu et engagé, Songe d’une nuit d’été (Kronope / Fabrik Théâtre) très Commedia, une belle performance d’acteurs, Premier Amour (Alain Macé / 3 soleils) excellent, A tout va(Choses dites / 23 Place des Carmes) Un cycle de lectures autour des textes de Gabily…

Et aussi : Faust (Cartoon Sardines / Collège de la Salle) Quand Cartoon sardines s’y met, ça cartonne !, Médée (Diana Dobreva / Petit Louvre) bel objet esthétique, Antonio Negro, pour les amateurs de Flamenco, de vrai, un superbe guitariste de la grande tradition, dont on vous avez déjà parlé l’an passé (La Parenthèse) Sortir de sa mère(Pierre Notte – Les Déchargeurs / Les 3 Soleils), Belle du Seigneur (Présence Pasteur),Electre (Présence Pasteur) Eloge de l’oisiveté (Doms), Métallos (l’Entrepôt)…

Plus que deux jours… Bonne et festive fin de festival !

Sophie Héliot

Source: Le Bruit du off

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Un homme debout, L’OVNI du festival

Cet homme debout, c’est peut-être l’OVNI du festival.

En prison, il est abandonné de tous, famille, avocat, aumônier, il résiste aux humiliations, aux mauvais traitements, la radio lui ouvre des portes, il y glane une éducation, y perçoit des perspectives, elle l’aide à se relever.
Finalement il sort de prison, plusieurs diplômes en poche, fait une formation d’éducateur pour jeunes délinquants et désormais se consacre à tenter de faire que ceux qui sont un peu ses petits frères évitent le pire.

Jean-Michel van den Eeyden du théâtre de l’Ancre a aidé Jean-Marc Mahy à porter son témoignage en assurant la mise en scène, soignée. C’est un témoignage choc. Est-ce un spectacle ? L’auteur interprète ne revient pas saluer le public saisi d’émotion qui applaudit la scène désertée.

Alain Pécoult

Source: LaProvence.com

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Biennale de Charleroi/Danses

Charleroi bouillonne de nouveautés… En matière de danse, on se régale avec le retour de la Biennale de Charleroi/Danses, un festival qui portera son regard vers les sources, mais reste résolument ancrée dans le présent! Outre leurs artistes résidents et chorégraphes de notre Communauté, les habitants de Charleroi auront aussi leur rôle à jouer avec un projet participatif. Et c’est pas fini! Le Brésil sera également à l’honneur: Charleroi/Danses s’associe cette année au festival europalia.brasil, pour faire voler en éclats les idées reçues sur ce pays-continent.

Dans le cadre de la Biennale de Charleroi/Danses 2011, L’Ancre accueille Still Alive – Vanitas de Barbara Mavros Thalasitis,  artiste en résidence à Charleroi/Danses depuis 2008.

N’attendez plus, faites donc vos choix! Pour découvrir l’ensemble de la programmation de ce festival consultez la brochure de la Biennale ou le site de Charleroi/Danses.


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La Biennale, ça commence aujourd’hui!

Vous ne l’ignorez plus, La Biennale s’ouvre aujourd’hui!

Et l’on commence par un petit bijou inédit, confrontant cinéma, danse, texte, théâtre et bricolages de génie. Kiss & Cry est un objet cinéchorégraphique plus qu’étonnant, qui invite le spectateur à assister au même instant à un spectacle chorégraphique singulier, à une séance de cinéma ainsi qu’au making of du film.

L’Ancre est tout aussi ravi faire partie de l’aventure, en accueillant le dans le cadre de la Biennale de Charleroi/Danses 2011,  Still Alive – Vanitas de Barbara Mavros Thalasitis,  artiste en résidence à Charleroi/Danses depuis 2008.

Pour découvrir l’ensemble de la programmation de ce festival consultez la brochure de la Biennale ou le site de Charleroi/Danses.

Atelier Jeux Critiques

Coups de cœur, coups de gueule, interviews, voire mémoire photographique… Les participants à l’atelier critique alimenteront un blog pour une chronique critique originale de la Biennale 2011.

Fort du succès de l’atelier critique initié à l’occasion de sa précédente Biennale, Charleroi/Danses reprend l’idée et vous invite à participer à une plateforme de critiques amateurs, sous forme d’un atelier à nouveau dirigé par Olivier Hespel, critique et dramaturge. En texte avant tout (mais aussi en son et en photo), affiner son regard de spectateur, aiguiser son esprit critique et diffuser le tout sur un blog : les objectifs concrets de cet atelier. Les participants sont invités à suivre l’ensemble de la programmation de la Biennale. Le travail d’atelier se déroulant en grande partie, avant et après les représentations, une certaine disponibilité est demandée. Une capacité d’écriture minimale est également souhaitée.

Pour découvrir le travail de l’atelier version 2009, visitez :http://biennalecharleroidanses.blogspot.com

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KICKS! approche à grand pas!

KICKS! démarre dans quelques jours… voici ce qui vous attend pour cette semaine:

Overture officielle du festival à 18h30 avec le vernissage de l’exposition « Jeunesses exposées » par les élèves du cours pluridisciplinaire de Michel Mousset de l’Académie des Beaux-Arts de  Châtelet. Plus d’infos ici.

Durant tout le  festival, L’Ancre accueillera l’exposition de leurs œuvres (installations, peintures, dessins, photos, sculptures). L’expo restera accessible du mercredi 15 février au vendredi 23 mars dès 19h, les soirs de représentation à L’Ancre. En journée, sur réservation. Entrée gratuite.

Nous continuons la soirée avec la première représentation en Belgique de la dernière production de L’Ancre: Les bonnes intentions, de et par Cathy Min Jung, mis en scène par Rosario Marmol Perez. Auteure et interprète, Cathy Min Jung part de son récit de vie et vous emmène à la rencontre de ces trois êtres abîmés dont la vie quotidienne, de mensonges en petites cruautés, se transformera insidieusement mais inexorablement en un combat acharné. Histoire de vous souffler avec une poésie, sombre et pure à la fois, que l’enfer peut être pavé de bonnes intentions… Plus d’infos ici.

Dès la fin de la représentation du spectacle Les bonnes intentions, DJ Vice & DJ Eskondo vous attendent aux platines et nous vous attendons au bar pour finir la soirée en beauté!

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Clip KICKS! 3.0 by KLUH

CHARLEROI IS GONNA « KICKS! » YOUR ASS!! LE FESTIVAL KICKS! DEBARQUE A CHARLEROI POUR 40 JOURS EXPLOSIFS !! LE PAYS NOIR VIBRERA AU RYTHME DE LA JEUNESSE JUSQU’A L’AUBE DU PRINTEMPS!

Découvrez tout de suite le clip du festival, réalisé par le KLUH Team ICI

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La Culture comme un coup de pied

CHARLEROI - Le festival « Kicks ! » va vivre sa troisième édition, du 14 février au 23 mars, à l’Ancre et dans tous les lieux culturels de la ville.

Attention, le jeu de mots s’ajoute au jeu du théâtre : dans la langue de Shakespeare, « kicks » désigne aussi bien un coup de pied littéral qu’un plaisir que l’on ressent, particulièrement lié au monde de la jeunesse, comme l’atteste l’expression « teenage kicks ». En français, d’ailleurs, on peut aussi bien taper du pied que prendre son pied. Et l’Ancre entend bien réussir les deux, avec cette troisième édition de son festival « Kicks ! – Regards sur la jeunesse ».

Comme le rappelle aussitôt Jean-Michel Van Den Eeyden, directeur artistique de l’écrin de la rue de Montigny : « Kicks ! n’est pas un festival de théâtre pour la jeunesse mais bien un festival qui parle des enjeux de la jeunesse et s’adresse à toutes les générations ». Depuis 2010, le rendez-vous a trouvé ses marques et pris son ampleur, avec un programme d’une richesse et d’une consistance rares. « Et des résonances de plus en plus importantes à travers les autres acteurs culturels de la métropole », souligne Jean-Michel Van Den Eeyden (lire ci-contre).

Avec un rythme actuel de biennale en alternance, « Kicks ! » vit donc sa troisième édition mais la deuxième seulement présentée en terres carolorégiennes, après une édition 2011 délocalisée en banlieue parisienne.

Une nouvelle ASBL partenaire

En quelque quarante jours, « Kicks ! » va donc enchaîner les grands moments et les petits plaisirs, grâce notamment à un partenariat tout neuf avec une ASBL qui ne l’est pas moins : « KLUH existe depuis l’été dernier, il y a six mois à peine, révèle Julien Verbayst, de ladite ASBL « KLUH » et connu aussi pour son action au sein d « Charleroi Face B ». Notre objectif, c’est de promouvoir les acteurs culturels et la vitalité de la Ville à travers des réalisations vidéo ». L’équipe de KLUH a donc ainsi non seulement réalisé un clip d’annonce de ce « Kicks ! » 2012 mais suivra aussi l’évènement de manière quotidienne. « Chaque lundi, pendant la durée du festival, nous inviterons le public à un débriefing vidéo qui prouvera combien Charleroi se fédère et bouge », explique Julien Verbayst.

Jean-Michel Van Den Eeyden conclut :« Le festival « Kicks ! », c’est réellement un coup de pied dans la fourmilière. C’est à la fois al volonté artistique d’utiliser la Culture comme vecteur de réflexion mais aussi l’espoir que la Culture aidera au changement de la société ».

Sébastien Gilles

jeudi 26 janvier 2012, Vers L’Avenir

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40 jours pour faire les 400 coups théâtraux

CHARLEROI - Le festival « Kicks ! regards sur la jeunesse » propose un nombre impressionnant de spectacles, du 14 février au 23 mars.

Tout démarre donc le jour de la Saint-Valentin, avec« Les Bonnes Intentions », de Cathy Min Jung. Présenté jusqu’au 17 février, à l’Ancre, ce monologue « évoque mon récit de vie réel puis glisse dans une pure fiction », évoque l’auteure, qui précise : « Mon objectif de départ, c’était d’évoquer la thématique de l’adoption en changeant le point de vue habituel. J’ai voulu me concentrer sur l’expérience vécue par l’enfant plutôt que celle des parents ».

L’espace public sera ensuite envahi, le 25 février, par la dernière création du collectif « Groupenfonction », intitulée« We Can Be Heroes ». À l’instar de la chanson de David Bowie, l’installation théâtrale va permettre à une vingtaine de Carolos lambdas de jouer à la « rock star ».

L’Ancre accueillera, les 24 et 25 février, le nouveau spectacle multimédia du groupe« Poumon Noir », qui creuse son sillon depuis une décennie dans le milieu hip-hop et la culture urbaine.

Le mois s’achèvera sur« Le Signal du Promeneur », aux Écuries de Charleroi-Danses, les 28 et 29 février. Signé du « Raoul Collectif », ce spectacle jubilatoire fait se télescoper cinq trajectoires de vie plus ou moins tragiques, inspirées de faits réels.

En mars, et ça repart…

L’Ancre s’agitera à nouveau dès le premier mars (et jusqu’au trois mars inclus), avec« L’arrestation », de l’Amin Compagnie Théâtrale. Ce duel rêche et verbeux entre un présumé délinquant et un policier hargneux risque fort de marquer tous les publics mais à plus forte raison, les ados.

« Kicks ! » continue, les 5 et 6 mars, à l’Ancre, avec« ETB », soit les initiales d’Elisa, Thomas et Bilal, les trois protagonistes de cette fable douce-amère sur la violence des sentiments amoureux à l’âge ingrat. Un récit écrit et mis en scène par Christiane Girten.

Les 8 et 9 mars, le rire un rien jaune sera aussi au programme avec« In Vitrine », du collectif « Rien de spécial ». Ou comment continuer à s’amuser au-delà de l’âge de 35 ans…

Grand moment, le week-end des 17 et 18 mars, à l’Ancre, avec« Cendrillon », le conte de fées, devenu conte défait, usé jusqu’à la trame, revisité par le dramaturge Joël Pommerat.

Les 20 et 21 mars, enfin, le cœur du festival cessera de battre, aux Écuries, avec le pari de la compagnie Roger Bernat : amener des citoyens sans expérience à danser le« Sacre du Printemps »sur la chorégraphie de Pina Bausch.

Tarifs, horaires réservations et programme des résonances, sur le site.

Sébastien Gilles

vendredi 27 janvier 2012, Vers L’Avenir

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Les résonances donnent encore plus de sens

CHARLEROI - C’est évidemment l’une des forces de « Kicks ! » : s’il le festival est organisé par l’Ancre dans ses murs, il les quitte également et rassemble un nombre impressionnant de partenaires pour bâtir, pendant plus d’un mois, une tour de Babel culturelle dans laquelle, pour une fois, tout le monde se parle et se comprend.

Charleroi-Danses, le Musée des Beaux-Arts, le Vecteur, l’Eden, le PBA, l’Académie des Beaux-Arts de Châtelet, l’Université du Travail, le Ciné Le Parc, le Rockerill sont ainsi autant d’acteurs directs du festival qui apportent leur brique à cette construction qui finira par atteindre les nuages.

Le Conseil des Jeunes de la Ville de Charleroi est, de son côté, une nouvelle fois mobilisé pour constituer un jury critique qui remettra son prix « coup de cœur » en fin de festival. « L’avantage pour nous, explique la représentante du Conseil des Jeunes, c’est que le jeune public découvre des modes d’expression théâtrale qui vont au-delà du théâtre classique qu’ils découvrent avec l’école ».

Jean-Michel Van Den Eeyden avoue : « De ces quatre premières années passées à la tête de l’Ancre, je tire le plus de fierté de la création du festival « Kicks ! ». C’est vraiment l’évènement qui fait le plus sens et représente le mieux le projet fondateur de l’Ancre au sein du monde culturel carolo.

Sébastien Gilles

vendredi 27 janvier 2012, Vers L’Avenir

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LE SOIR : Les jeunes héros de Charleroi

Le Soir, jeudi 9 février 2012, Page 30

PAR WYNANTS,JEAN-MARIE; MAKEREEL,CATHERINE

Scènes Festival « Kicks ! » dans tous les coins de Charleroi

Adolescent, graine de délinquant ! », grognent les vieux grincheux. « Il n’y a plus de jeunesse », ajoutent les vieilles biques. Violents, désabusés, matérialistes, on les taxe de tous les maux, ces jeunes. Mais n’est-ce pas le principal défaut de l’âge mûr de trouver des défauts à la jeunesse ? Source d’inspiration ou d’inquiétude, âge de tous les possibles, de tous les extrêmes aussi, la jeunesse est à l’honneur du festival Kicks. Durant cinq semaines, dans toute la ville de Charleroi, une sève bouillonnante va irriguer la ville, pour dessiner un Charleroi 3.0, enfin délesté de ses crasseux clichés. Que ce soit par le théâtre, la danse, la musique ou le cinéma, le festival nous plonge au cœur des rêves, des doutes, et surtout de l’énergie des jeunes.

A l’image de la création du spectacle Nés poumon noir par trois jeunes artistes « made in Charlyking ». Trois jeunes, entre 23 et 28 ans, nés en terre carolo, qui n’hésitent pas à porter un regard corrosif sur leur ville, quitte à devenir persona non grata dans leur propre région. Fasciné par leur révolte, Jean-Michel Van den Eeyden, metteur en scène et directeur artistique du festival Kicks, a voulu mettre la puissance de leur propos en forme dans un spectacle entre concert, poésie urbaine et vidéo. « On pourrait dire que c’est un mélange entre le rappeur Akhenaton et du Johnny Cash à la guitare et à l’harmonica », précise le metteur en scène. Au rayon des créations, on attend aussi Les bonnes intentions de et par Cathy Min Jung qui ouvrira le débat de l’adoption pour mettre en lumière les tabous et zones d’ombres d’une telle aventure. Attention : texte fort ! Ce sera la spécialité du festival : lancer un bon coup de pied dans la fourmilière. A l’image de « Pour rire pour passer le temps » de la Cie Artifice, abordant une séance de torture « pour passer le temps » dont la mise en scène rend le public complice malgré lui de plaisirs troubles et témoin des lâchetés ordinaires.

L’arrestation interrogera le préjugé tenace de l’adolescent violent face au policier qui se lâche dans une logorrhée hallucinée sur le pognon, la taule ou la discipline.

Au fil des semaines, le festival emmènera un jury de jeunes à tous les spectacles pour prouver que les adolescents aussi ont l’esprit critique et acéré. « L’idée est de confronter le ressenti et les idées des jeunes à ceux du monde adulte, de rompre la relation d’autorité systématique liant l’adulte à l’adolescent, ouvrir le monde à la jeunesse mais aussi ouvrir la jeunesse au monde. »

Du 14 février au 23 mars à Charleroi.

Tél. 071 314 079. www.ancre.be

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In Vitrine ***

Pour ne pas prendre de risque, certains balisent le moindre événement de leur existence. Le collectif Rien de spécial en fait un spectacle à la forme originale et déroutante. On rit beaucoup de se reconnaître dans de nombreuses situations. Mais on est aussi fortement troublé par l’apparente impossibilité à sortir de ces vies préformatées qui nous sont promises, vendues ou imposées.

8 et 9/3 à l’Ancre.

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Cendrillon

En adaptant Cendrillon à la scène, Joël Pommerat crée un spectacle superbe et bouleversant. Bien loin des clichés du film de prince charmant, il explore les blessures de l’enfance et donne une réelle épaisseur à tous les personnages. On rit énormément mais on se retrouve aussi au bord des larmes dans les moments les plus émouvants. Une réussite totale, pour petits et grands.

17 et 18/3 à l’Ancre.

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You can be heroes ! A Charleroi, c’est à vous de passer sous les feux de la rampe. Avec Le sacre du

You can be heroes !

A Charleroi, c’est à vous de passer sous les feux de la rampe. Avec Le sacre du printemps (20 et 21/3) notamment. Dans ce spectacle de Roger Bernat, inspiré d’une chorégraphie de Pina Bausch, le spectateur devient, sans s’en rendre compte, acteur de la représentation. Vous rêvez d’incarner Pina Bausch un jour dans votre vie ? Pas besoin de savoir danser ! Roger Bernat a créé un dispositif qui vous met au cœur d’un théâtre non pas de la fiction mais de l’action. Avant cela, le formidable We can be heroes (25/2), déjà testé avec bonheur dans les Marolles à Bruxelles la saison dernière, transformera une vingtaine d’amateurs en héros d’un jour. Suite à un stage de trois jours encadré par une joyeuse bande d’artistes français, les participants laisseront exploser leur personnalité, devenant des stars du rock, le temps d’une chanson, en play-back et en public.

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Le Signal du Promeneur

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Une formidable claque, pleine de vigueur, d’humour et d’énergie pour ne pas se résoudre à la triste constatation que notre monde va droit dans le mur. A partir d’histoires vraies réinterprétées à leur façon, les cinq du Raoul collectif livrent un spectacle constamment surprenant, secouant, drôle, émouvant et suscitant une intense activité de nos neurones.

28 et 29/2 aux Ecuries de Charleroi/danses

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L’enfer pavé de « Bonnes intentions » de Cathy Min Jung

Vous exigez mon affection, mon amour. Vous avez payé pour ça, de l’espèce sonnante et trébuchante, alors vous voulez au moins de la reconnaissance. » Dans Les bonnes intentions, Cathy Min Jung n’y va pas par quatre chemins pour raconter cette rencontre manquée avec ses parents adoptifs, agriculteurs wallons, quand elle débarqua de Corée à trois ans et demi.

Son texte fort, douloureux, brise bien des tabous sur l’adoption. Un seul-en-scène qui devrait faire des vagues.

Pourquoi écrire et jouer ce texte aujourd’hui ?

J’ai d’abord réalisé un documentaire autour d’un voyage en Corée. On était alors dans le témoignage. Maintenant, j’ai envie de raconter une histoire. Ce texte n’a rien d’une catharsis. J’ai envie d’apporter le point de vue de l’enfant sur l’adoption. On parle souvent des difficultés des adoptants, mais trop rarement des enfants. Même quand ça se passe dans les meilleures conditions, ça reste quelque chose de très violent. En ce qui me concerne, je pense que je n’étais pas adoptable. J’avais déjà été abandonnée deux fois, et avec les moyens de défense d’un enfant, je m’étais fermée à tout. La rencontre ne s’est pas faite avec mes parents adoptifs, qui n’étaient pas prêts à ce qu’un enfant ne soit pas capable de recevoir et de donner de l’amour.

C’est ce traumatisme que vous racontez ?

Dans le texte, je le décris comme un rapt. Dans les années 70, les enfants qui arrivaient en Belgique n’avaient jamais rencontré ni vu en photo leurs parents adoptifs. Ils arrivaient avec un maigre dossier médical et un tout aussi maigre dossier de l’organisme d’adoption. Un enfant de trois ans et demi perd soudain tous ses repères, plongé dans un pays et une langue qu’il ne connaît pas. A mon histoire, je mêle d’autres faits réels, d’enfants qui ont connu des calvaires. Une par exemple à qui on donnait la bouffe du chien. Mais ça reste une fiction, un conte cruel pour ouvrir le débat.

C’est un sujet empli de contradictions.

J’ai entendu des gens me dire : « Tu as de la chance, tu pourras remercier tes parents. » Des phrases dites sans arrière-pensée mais qui imprègnent en vous un sentiment d’être éternellement redevable. Je me débats encore avec ça aujourd’hui, quand je fais face à des situations de racisme par exemple.

Du 14 au 17 février à l’Ancre, Charleroi. Du 20 mars au 7 avril au Poche, Bruxelles.

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Critique : les bonnes intentions

Lumière sur la bétaillère, puis sur l’actrice.

Invitation à pénétrer l’intimité d’une enfant adoptée, au cœur d’un décor dépouillé. Habité par sa seule colère. En ouverture, ce conseil, qui glisse peu à peu, tel une mise en garde, celui de ne jamais habituer les chiens au goût du sang, pour ne pas qu’ils finissent par manger les hommes.

Ce même sang, devenu doucereux, apaisant la brûlure du mercure. La brûlure qui ronge de l’intérieur l’enfance arrachée, portée par l’interprétation saisissante de Cathy Min Jung. Ce même sang auquel une fois goûté, elle renouera avec une certaine animalité. Sans langage, sans repère, derrière les sourires désabusés grandit une jeunesse sauvage.

En toile de fond, le récit d’une opposition farouche : la résistance, perçue comme défiance, face à l’identité soudainement ôtée, kidnappée. La lutte d’une enfance qu’on tenterait de reformater.

Le texte de Cathy Min Jung, lapidaire et sans appel, réussit à éviter le piège facile de la violence gratuite. Suggérant plus qu’elle n’étale, elle passe à la moulinette les accusations maternelles d’ingratitude, montrant ainsi la douleur de ne devoir plus être que redevable. Emerge alors, petit à petit, la véritable oppression des « bonnes intentions » dont se gaussent les parents, cachant des réalités bien moins glorieuses…

Victime puis bourreau, froide puis sanguine, l’interprète, seule en scène, réussit le pari de rendre son personnage convaincant, malgré la dureté du propos pour la bouche d’une enfant. L’intégration de la vidéo, bien loin du gadget, permet de créer une distance au plateau tout en appuyant le propos de la pièce, comme une imagerie mentale retransmise en direct live. Un habile jeu de lumières, sobre et efficace, réussit à saisir le personnage pour accentuer les émotions qui le traversent. Vertigineux.

Prenant à contrepied la question de l’adoption, l’auteure-interprète, en s’inspirant en partie de son vécu, envoie valser la mièvrerie et la complaisance de la société occidentale, pour nous poser habilement la question de la construction identitaire chez l’enfant adopté.

Avec Les bonnes intentions, le festival Kicks ! démarre fort, très fort.

Une seule envie, celle de tendre l’autre joue.

V.D.

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Critique: les bonnes intentions

*** (Avis de la rédaction)
Date : Jusqu’au 17/2 (de 20h30 à 22h; Me. 15/2 de 19 à 20h30).
Lieu : L’Ancre (Charleroi)

« Votre amour a fait de moi un soldat. » Cette citation extraite des « Bonnes intentions » de et par Cathy Min Jung résume à elle seule la tragédie de cette histoire autobiographique, celle d’une enfant adoptée à l’âge de trois ans et demi, incapable de s’ouvrir à l’amour de ses parents adoptifs, un amour qui se transforme vite en déclaration de guerre. On sort forcément touché de ce seul en scène, inspiré de son expérience et de celle d’autres enfants adoptés, car la fable est incommensurablement cruelle, les mots terriblement durs, les aveux insoutenables.

Si Cathy Min Jung n’y va pas de main morte sur le parcours très noir de cette petite fille, d’origine coréenne, adoptée par un couple d’agriculteurs wallons, c’est pour mieux ouvrir le débat sur le thème de l’adoption, mieux s’éloigner des discours souvent angéliques sur le geste des parents adoptants, forcément perçu comme courageux et généreux, pour lever un coin du voile sur le traumatisme que cette aventure représente pour un enfant. Certes, l’auteure et comédienne force le trait sur sa descente aux enfers, poussant sa propre histoire au paroxysme de la fiction, mais sans aucun pathos, de sorte que l’on ressort de cette pièce d’une heure avec une foule d’interrogations.

Mis en scène par Rosario Marmol Perez, le seul en scène propulse la comédienne dans une bétaillère, comme si elle revenait sur les lieux de son enfance. Là, épaulée d’un formidable emballage vidéo (Allan Beurms) et musical (Garett List), elle déverse ses souvenirs : l’arrivée déboussolée à l’aéroport, la recherche désespérée d’odeurs et de goûts familiers, la rencontre manquée avec des parents incapables de comprendre les blessures de cet enfant, les petites mesquineries ordinaires entre ces trois êtres abîmés, et puis les gestes plus graves, irréparables.

Le jeu de Cathy Min Jung met un peu de temps à trouver son relief mais se pare ensuite de vibrations bouleversantes. Sa voix est douce, mais son récit implacable. « Vous exigez mon affection, mon amour. Vous avez payé pour ça, de la monnaie sonnante et trébuchante, alors vous voulez au moins de la reconnaissance. »

Sans détour, son texte aborde les infinies contradictions de l’adoption. Dans cette famille, tous rêvent de bonheur mais leur histoire sera sombre et douloureuse. Au commencement pourtant, il y avait juste un immense besoin d’amour.

CATHERINE MAKEREEL

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Kicks !, deuxième coup de pied dans la fourmilière

Laurence Bertels

Mis en ligne le 11/02/2012

Un festival du Théâtre de l’Ancre qui mêle les arts, les habitants, les habitudes, le cinéma et Charleroi/Danses. Avec, toujours, la jeunesse en point de mire. Jean-Michel Van den Eeyden, jeune directeur du Théâtre de l’Ancre, à deux pas du « Lidl » de Charleroi et de la sortie 29 est du Ring, ne se laisse pas facilement influencer par un certain courant distancié. Il aime que le théâtre remue, confronte et touche directement le public, en tout cas le sien.

Pari réussi en 2010 avec la première édition de « Kicks ! », un festival qui porte un regard sur la jeunesse. Ce qu’elle fut, ce qu’elle est, ce qu’elle peut devenir. A l’instar de cet « Homme debout », en quelque sorte, ou la biographie théâtrale d’un ancien détenu, Jean-Marc Mahy, qui après avoir passé près de vingt ans derrière les barreaux pour meurtre, s’est réinséré dans la société au point de devenir lui-même éducateur et surtout de transmettre son expérience. Depuis 2010, « Un homme debout » est passé par Avignon, par le Centre Pompidou de Metz et vient d’être joué devant six cents agents pénitenciers à Agen. Sans oublier de marquer Villeneuve, la cité de Le Corbusier, à Grenoble, de son empreinte. L’aventure n’est donc pas finie

« Kicks ! », quant à lui, après une escale en banlieue parisienne, est de retour, avec cette volonté toujours, non de s’adresser spécifiquement aux jeunes mais bien de porter un regard sur la jeunesse de notre temps. Du théâtre au cinéma en passant par la danse et les beaux-arts, « Kicks ! » se déploie dans toute la ville et signe, par là, des partenariats aussi précieux qu’intéressants avec l’Eden, Charleroi/Danses et le Ciné Le Parc. Comme cela avait été le cas pour la première édition. De précieuses « Résonances » qui permettent de décloisonner les arts et d’ouvrir le festival au Vecteur par une soirée aux sons des arts numériques et digitaux. « La culture doit être synonyme de lien social, de questionnement, explique Jean-Michel Van den Eeyden. Kicks ! veut poser un regard sur la jeunesse, se demander à quoi elle rêve, quels sont ses coups de gueule et en quoi elle peut réactiver certaines valeurs essentielles, celles que le quotidien peut nous faire oublier. On ne peut plus attendre pour se poser ces questions puisqu’on voit qu’on est capable de faire une révolution dans le monde arabe. « Poumon noir », par exemple, un collectif fondé en 2001 par trois jeunes artistes made in Charlyking, Mochélan, Juien et Nisdo, fortement attachés à leur ville, pose aussi ces questions : c’est quoi être jeune dans cette ville ? Leur envie, leur nécessité de créer était telle qu’elle a suscité le désir chez moi. J’ai donc accepté de les mettre en scène. »

« Nés poumon noir » mêle vidéo, chanson et poésie urbaine, tout en portant un regard sur leur parcours de vie, leurs errances, leurs rêves et révoltes dans le pays noir. La première édition du festival a montré un réel intérêt de la population. Le succès remporté par « Un homme debout », un spectacle qui pose la question de la justice, et le parcours effectué, a dépassé toutes les espérances de l’Ancre qui, pour cette édition, programme, par exemple, le Raoul collectif accueilli lors des pépites, il y a trois ans d’ici. Il ne s’agissait alors que d’une étape de travail. Créé au National en janvier (cf. La Libre du 7/01/12), « Le signal du promeneur » par le Raoul collectif, réunissant cinq jeunes à peine sortis du Conservatoire, mêle, avec un humour savamment dérangeant, choralité et individualités. Tous, acteurs créateurs, veulent apporter une réponse radicale à la quête d’être en vie, qu’il s’agisse de brûler son passeport pour rejoindre la nature et y mourir, de se créer une fausse vie de médecin avant d’assassiner toute sa famille ou de vivre l’annonce d’un cancer comme une ultime libération, la fin d’une vaste comédie. « Une toile d’araignée de cinq histoires réelles, tissées entre elles par l’écho qu’elles provoquent en nous », disent-ils à propos de leur création. De quoi, mine de rien, questionner aussi la société.

Inattendue sera aussi l’approche de l’adoption choisie dans « Les bonnes intentions » par Cathy Min Jung et Rosario Marmol Perez. Même si, au début, il y avait surtout un immense besoin d’amour. Pas si facile pourtant d’adopter une petite fille de trois ans et demi née à l’autre bout du monde. Dès que les premiers regards se croisent, les rêves de bonheur s’effondrent. Parce que l’adoption n’est pas toujours un acte de bravoure, et qu’il est temps de le dire, selon la jeune metteuse en scène et auteur qui a quitté sa Corée natale après son adoption par une famille belge (dès ce 14 février).

Pointons encore l’excellent « Cendrillon » de Joël Pommerat, (Cf. La Libre du 14 octobre), à ne manquer sous aucun prétexte ainsi que, dans un tout autre genre, « We can be heroes », déclinaison, en quelque sorte, du quart d’heure de célébrité de Warhol. « Happening » ou spectacle créé par les habitants de Charleroi ou d’ailleurs, « We can be heroes » clôture trois jours de stage avec sept chansons en play-back, deux performances en pleine rue et une vingtaine d’acteurs amateurs qui se seront d’abord demandé quelles émotions les traversent lorsqu’ils écoutent une chanson puis comment les transmettre. Une initiative du Groupenfonction qui à l’heure d’Internet s’interroge sur la notion de communauté.

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Critique : Wow

Tout faire exploser. C’est ainsi qu’ils entrent en scène. Pourtant, en apparence, les adolescents de Wow sont plutôt peu soucieux de chercher à changer le monde qui les entoure. L’envie de révolte qu’on aurait volontiers senti bouillir en eux est assez vacillante. Des jeunes comme déconnectés de leur époque, alors qu’en 1968, l’essor du mouvement hippie constitue pourtant la principale toile de fond.

L’argument du documentaire, et ce qui fait toute son originalité, tient dans la phrase d’amorce : « les événements les plus importants dans la vie des gens sont ceux qui ne se produisent jamais ». C’est pourquoi des séquences fantasmées, à la limite de l’égotrip, scénarisées par les ados eux-mêmes, entrecoupent leurs discussions abordant, entre autres, sexualité, drogue, vision de la famille, appréhension du monde des adultes…

Ce qui prédomine dans ce groupe de 9 jeunes, c’est le malaise latent qui se traduit par un fort besoin d’évasion, de se construire des repères, de revenir à la nature. L’envie de retrouver des plaisirs simples, comme apprécier des moments de sérénité, passés autour d’une mélodie planante à la guitare. Jusqu’à l’angoisse d’une renaissance, à l’écoute de premiers cris dont on ignore la provenance…

Conscience de leurs limites ou confort de l’inertie ? La question peut se poser à l’examen de ces jeunes parfois assez étonnants d’oisiveté. C’est néanmoins sans jugement que Claude Jutra pose un regard tendre sur cette jeunesse flottante, entre deux eaux… Comme à l’aube de quelque chose, preuve s’il en fallait encore que l’impression d’appartenir à une génération sacrifiée n’est en rien symptomatique d’une seule époque.

S’il y a une perle à retenir du documentaire, c’est sans conteste la séquence graphique, limite expérimentale, du rêve de Monique, qui passe du carrousel à une sensation de flottement et de liberté, nous portant au rythme halluciné des rebonds de sa silhouette…

En conclusion, focus sur le jeune Pierre lors d’une séquence assez émouvante, rappelant que devenir adulte, c’est devoir à un moment faire le deuil de son enfance, et accepter que les moments d’insouciance à s’amuser de petits riens n’appartiennent plus qu’aux souvenirs. Comme une manifestation de l’empathie de Claude Jutra, revivant ce propre deuil de ses jeunes années. Et sous forme d’hommage, la plus belle preuve qu’il n’a, au fond de lui, pas pris la moindre ride …

V.D.

NB : Pour ceux qui l’auraient manqué, il est possible de voir le documentaire de Claude Jutra en ligne sur le site de l’Office National du Film du Canada : http://www.onf.ca/film/wow

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Critique : we can be heroes

Un carré au sol. Des pieds de micro épars. Des passants intrigués par cette installation nue.

Des personnes de tout âge s’avancent sous les feux des projecteurs et prennent place dans l’espace étriqué. Sans un mot, armés de leurs seules bouteilles d’eau, des héros d’un jour sont nés, même si tout le monde n’a pas encore eu le temps de l’assimiler. La composition du groupe surprend d’abord tant il semble hétéroclite, dépareillé. Et pourtant, la cohésion apparaît quasi instantanément.

Sur les premières notes d’Architecture in Helsinki, une énergie bon enfant s’empare des corps, et les citoyens jusqu’alors anonymes se transforment littéralement en interprètes survoltés ! Ici, l’enjeu n’est pas d’être réaliste (le décalage entre voix et physique est assumé et parfois assez savoureux) mais bien d’être crédible ! L’énergie communicative se propage à la foule encerclant les héros d’un jour, et c’est bientôt toute la place qui bouge sa tête en rythme.

La configuration, astucieuse, ne laisse aucune direction négligée, permettant à l’ensemble du public de goûter au regard de l’un ou l’autre des héros. L’absence d’estrade et la proximité induite par l’espace de jeu devient presque intimidante, au contact de chanteurs aussi bien dans leurs rôles. Il ne tient qu’au public de changer de point de vue et de créer un mouvement tournant ; pourtant peu osent s’y aventurer ; des spectateurs sans doute trop bien éduqués ? Circulez, il y a tant à voir…

La posture, assurément, est singulière. Le choix d’une intervention dans l’espace public est porteur de sens, irruption insolite, franchement culotée, ce qui décuple tout autant la joie de découvrir l’interprétation des personnes en jeu.

Le traitement l’est tout autant. Ici, pas question d’uniformisation et de synchronisation comme on pourrait en voir en flash-mob… Le groupe est ici un véritable révélateur d’individualités, et non un espace qui permet de se faire oublier. Il n’y a qu’à voir les regards complices échangés entre ces chanteurs d’un jour pour s’en assurer. C’est de la différence de tons, des moments de fragilité, et des petites imperfections que la performance tire sa force et touche vraiment droit au cœur, car rappelant que le « We » reste à la portée de tous.

Le choix des titres, bien pensé, est également garant d’un bel équilibre pour la performance. On s’amuse du sens et du décalage que peuvent prendre certaines des chansons. Du « Control yourself » de MGMT, comme mise en abîme de la performance, au « This is my life » qui hurle « Je suis ici et j’existe, merde » !

Alternant avec fougue entre énergie contagieuse, humanité sublimée des interprètes, ou scansion assassine, le set est riche en couleurs et surtout riche des émotions qu’il suscite, tant chez les héros que chez le public, touché par redoutable effet de miroir.

Et lorsque retentissent les dernières notes de « Rebellion (Lies) », hymne vibrant dont Arcade Fire se retrouve dépossédé pour notre plus grande joie, on s’en retourne ailleurs, un peu étourdis, des étoiles plein les yeux… Jusqu’à se surprendre à fredonner. David Bowie n’aurait pas rêvé mieux…

V.D.
(critique basée sur la représentation jouée à l’ouverture du festival Les expressifs à Poitiers, 06/10/11, Fr)

¤ Bonus track !

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Nés Poumon Noir : l’avis des jeunes

Le 24 et 25 février, au Théâtre de L’Ancre, se jouait « Nés poumon noir » dans le cadre du Kicks ! 3.0 festival. Les  jeunes conseillers du CCJE (Conseil consultatif des jeunes de Charleroi ) ont eu l’occasion d’y assister ce samedi.

Qui aurait cru que guitare, harmonica, slam, réalisation vidéo et rap pouvaient se marier si habilement. Durant un peu plus d’une heure, Mochélan et Julien nous délivrent les pensées les plus profondes d’un carolo.

Un des jeunes conseillers nous partage son ressenti sur le spectacle : «  Ce spectacle (pièce – concert ?), dialogue d’un genre nouveau m’a touché au plus profond. Cette expression, cette mise à nu tellement forte m’a transporté. Chaque mot, chaque respiration a soufflé un vent nouveau en moi. J’ai eu l’impression de découvrir « les autres », ceux qui « font peur » à Charleroi. Et l’espace d’une heure, j’ai vécu comme eux, pensé comme eux, je suis devenu une partie d’eux.

D’une part l’expression, la force mais aussi l’ironie et l’humour de Mochélan. D’autre part, l’envoûtante musique si pénétrante m’ont littéralement transpercé.

D’un point de vue plus technique, la mise en scène unique, le jeu des musiciens / acteurs, mais aussi la qualité et l’adéquation de cette vidéo ont rendu cette rencontre fantastique.

Plus qu’un spectacle ou qu’une découvert, un moment de partage exceptionnel ! »

http://kulturopointmagcharleroi.wordpress.com/2012/02/27/nes-poumon-noir/

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Inside out / Smile au BPS22

Participez au projet « INSIDE OUT », conçu par le photographe JR, en offrant à Charleroi votre plus beau sourire !

Photographe français de renommée internationale, JR est un artiste engagé. En photographiant des populations aux quatre coins du monde, il redonne un visage humain à nos villes. Le principe est simple: les portraits des habitants sont imprimés sur des affiches de grands formats et collés en¬suite dans des lieux emblématiques de la ville.

« INSIDE OUT » à Charleroi a pour leitmotiv « SMILE », et pour ambition de participer à l’amélioration de l’image de la ville et de ses habitants. Pour ce faire, le B.P.S.22 lance le pari fou de photographier 500 personnes, de tous âges et de tous horizons confondus, qui participent à la vie carolo, et d’afficher ensuite leurs portraits dans toute la ville.

> Comment participer ?

Infos sur http://bps22.hainaut.be/ ou par téléphone au 071 27 29 71.

Plus d’infos sur le site du photographe porteur de ce projet, JR : http://www.insideoutproject.net/

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Le signal du promeneur : l’avis des jeunes

Ce mardi 28 février se jouait, aux Ecuries de Charleroi Danses, le Signal du Promeneur dans le cadre du Kicks festival 3.0 ! Les jeunes conseillers du CCJC (Conseil Consultatif des jeunes de Charleroi) ont eu l’occasion d’y assister.

Avec une force ludique et poétique, cinq artistes lancent leur envie de métamorphoser collectivement le monde.

Les jeunes nous ont fait partager leurs avis quelque peu mitigés :

J’ai eu du mal à saisir les différents sujets, à comprendre. Il y avait un manque de clarté. Cependant, l’humour, l’éclairage, la musique et le jeu des différents sentiments ont donné un plus à la pièce.”

Le thème de la recherche de l’utopie est bien cerné au début mais on perd le fil au milieu de la pièce. L’interrogation est intéressante mais il y a un manque de développement. Par contre, la musicalité, la créativité, les images, les références et l’interprétation font que j’ai apprécié ce spectacle.”

C’était vraiment super. C’était bien joué dans la gestuelle, la parole et les chants (chorale). Le décor était vraiment bien choisi. L’exagération de la pièce fait qu’elle était spéciale. Il y a eu une très bonne intro avec les personnages qui débarquent un peu partout. La vision de la justice est vraiment bien caricaturée.”

http://kulturopointmagcharleroi.wordpress.com/2012/02/29/le-signal-du-promeneur/

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Le signal du promeneur : critique

Tout commence avec une sensation d’intimité sur un plateau démesuré. Des sourires devinés dans les ombres rougeoyantes d’un chœur improvisé. Puis démarre une narration éclatée, accélérée, effervescente. Les boîtes crâniennes ne sont pas loin d’avoir la rage, totales ébullitions. La cavalerie utopiste, enthousiaste et bancale, communique sa furieuse envie de renverser l’ordre établi.

Un ordre que déconstruisent, dans des tirades aussi absurdes que fleuries, les 5 protagonistes, tous affublés de l’incongru sobriquet de Francis. « Au commencement était le Verbe » ? C’est en tout cas là que démarre le Raoul collectif, avec un travail d’écriture gargantuesque pour retourner, décortiquer les mots, leur (re)donner du sens. Des mots écorchés qu’on s’amuse de voir revêtir une toute autre portée, au gré du contexte, dans un style qui évoque celui d’un certain Alain Robbe-Grillet pendant l’écriture de Djinn, roman tout aussi jouissif, redoutablement manipulateur.

On pourrait s’appliquer, s’appliquer encore, à se concentrer sur les faits, uniquement, mais sans latin, surtout sans latin. Au lieu de ça, la révolution commence à l’échelle de l’intime, d’un simple mensonge, pour ne pas décevoir les attentes, un mensonge motivé par la pression sociale, un mensonge qu’il est bien plus confortable de prendre soi-même au sérieux. La réalité ne tient qu’à la conviction, après tout. Et l’équilibre ne tient qu’à la proportion entre loups, chevreuils et mousse. Tout est sous contrôle. Enfin, c’est ce qu’on croyait, jusqu’à l’apocalypse, l’hystérie, la chute de terre.

Si la narration se construit pas à pas pour construire du liant et canaliser le propos, ce n’est pas tant le fil rouge qui retiendra l’intérêt que le plaisir de ne plus savoir où le récit nous mène. Nous avons perdu notre chemin, et alors ? Tant mieux !

C’est comme une prise de risque qu’on apprécie Le signal du promeneur : un essai transformé pour une pièce atypique, dense sans virer à l’overdose, et surtout rafraîchissante car bien loin des sentiers battus…

V.D.

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Pour rire pour passer le temps : l’avis des jeunes

Ce mercredi 29 février, se jouait, à la Bibliothèque de l’UT, “Pour rire pour passer le temps” dans le cadre du Kicks festival 3.0 !

Grâce à sa mise en scène “commando”, cette séance de torture “pour passer le temps” rapproche le public très près de ses “héros”. Le rendant complice, malgré lui, de plaisirs troubles et témoin de lâchetés ordinaires.

Les jeunes du Conseil Consultatif des jeunes de Charleroi y étaient et nous livrent leurs impressions.

C’était une pièce au sujet très fort. Pourtant la mise en scène était très simple. Un retour à l’essentiel et aussi une universalisation exceptionnelle, difficile à approcher d’un premier abord mais extrêmement riche dès que l’on prend un peu de recul.. et animée par un excellent débat !

Je n’ai pas très bien compris le sens de la pièce. Elle était fort courte. Le jeu de la manipulation est bien voyante mais la morale n’y est pas.

Pièce choquante, marquante, avec beaucoup de violence. Elle traîte plusieurs aspects : la dominance morale, la violence physique, le doute, le questionnement, la faiblesse humaine, le bien / le mal, la soumission, la recherche d’identité. C’est une pièce qui peut s’adapter à plusieurs situations.”

http://kulturopointmagcharleroi.wordpress.com/2012/03/02/pour-rire-pour-passer-le-temps/

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Pour rire pour passer le temps : critique

Questionnant notre rapport à la violence, et dans une moindre mesure notre voyeurisme, Pour rire pour passer le temps est une pièce qui cherche à éviter de donner des réponses prémâchées… Avec un pareil titre, à la lecture de l’argument, on aurait pu s’attendre à un déluge de trash surfant sur la vague du torture-porn (popularisé par les films Saw, Human centipede et autres Hostel…), mais point d’excès à déplorer de ce côté-ci. Les considérations morales bateau sont ici esquivées car le point de vue adopté est celui d’un personnage ambivalent, et non celui de la victime, comme d’accoutumée.

Cette ambivalence est accentuée par le choix d’un seul en scène. La voix-off de son acolyte « bourreau ordonnateur » et l’absence de la victime, ficelée à la chaise, virtualise le rendu. En contrepoint, la mise en scène épurée, sans renfort permanent d’artifices, replace la violence dans une réalité et un quotidien (ici une salle d’études) qui lui redonnent une certaine crédibilité.

Cependant, certains partis-pris semblent discutables. Si le bourreau « voix-off » est plus ou moins diabolisé ici, l’intervention régulière du larsen pour appuyer ses réclamations est assez confuse. Si ce « vrai responsable » a un côté Jiminy Cricket croisé avec M. Hyde, on regrette finalement qu’il ne soit pas simplement un pendant de la conscience du protagoniste, mais bien un personnage extérieur. La folie qui guette et amène une tension sur le plateau aurait gagné à être plus développée, au lieu de s’en tenir à la banale justification de « prouver sa toute-puissance » pour justifier de la violence.

Difficile de souscrire au point de vue qui avec une certaine complaisance rejette la faute en bloc sur le « bourreau en voix off » en humanisant le personnage « manipulé » et en le victimisant. La victimisation, après tout, est consentie : rien n’aurait, dans le fond, empêché le protagoniste de prendre le taureau par les cornes, et s’affirmer en refusant d’être partie prenante de ce jeu à priori « innocent ». Sans surprise, car on devine que ce jeu ne s’arrêtera que quand il aura été trop loin. Et si l’objectif n’est pas de tirer à boulets rouges sur le(s) responsable(s) mais bien d’étudier l’influence d’une dynamique de groupe, c’est de corps, paradoxalement, que va manquer le propos, à cause du choix, pourtant louable, de dématérialiser les deux personnages « sans surprises », bien rangés de leur côté de la barrière séparant le Bien et le Mal.

Les questions sont bel et bien ouvertes, et la pièce est à la hauteur de ses ambitions puisque les échanges qui suivent sont animés et intéressants. Pourtant reste l’impression que dans l’intention, le serpent se mord parfois la queue, et qu’à l’image de son protagoniste, la pièce est sur la tangente…

V.D.

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L’arrestation : l’avis des jeunes

Du jeudi 1 au samedi 3 mars se jouait, au Théâtre de l’Ancre, “L’Arrestation”. Les jeunes du Conseil Consultatif des jeunes de Charleroi (CCJC) y ont assisté.

Nous avons déjà tous entendus “Les adolescents sont tous des délinquants”. C’est un préjugé qui persiste. Ce duo-duel vous dévoilait les tensions, les faux-semblants et les failles d’une collision entre un jeune homme et un policier.

Les jeunes du CCJC donnent leurs avis : « Cette pièce était surprenante et inattendue. Les acteurs avaient un très bon jeu, cela rendait la pièce beaucoup plus réaliste. Il y avait une part de vérité autant du côté du policier que du côté du jeune. Cependant, la jeunesse était assez stéréotypée et le policier interprétait l’image de l’autorité du point de vue des jeunes. Le moment le plus marquant était lorsque le jeune fut menotté et lorsqu’il criait, hurlait, on pouvait se représenter les sentiments des acteurs. C’est un texte magnifique, remplis de sens. Les aspects du décor étaient recherchés. »

http://kulturopointmagcharleroi.wordpress.com/2012/03/05/larrestation/

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Spider baby : critique

Spider baby est une toile horrifique de Jack Hill tissée autour d’une famille pour le moins particulière. Ce sont trois enfants atteints de dégénérescence (dont l’aîné rappelle furieusement les Freaks de Tod Browning) qui sont au centre du propos du cinéaste. Elevés par un chauffeur qui assure leur tutelle en essayant de les préserver du monde, ces gosses paumés, sans repère autre que celui de la loi du silence, voient leur quotidien basculer lorsque des membres éloignés de leur famille décident de leur rendre visite. Pour protéger leur secret, les enfants Merrye vont gravir à vitesse grand V les échelons de la violence.

Le film, tout d’abord, est fort de sa bande originale rappelant les grands thèmes de Bernard Hermann (principal collaborateur d’Hitchcock) qui instaure une ambiance et donne une couleur à chaque séquence… comme autant d’états d’âme des personnages. Un certain nombre de bonnes astuces, une bonne gestion des clairs/obscurs, et le côté bricolo de l’ensemble (le monte-charge !) permettent de livrer un film généreux même si on devine par moments un budget de production assez fauché.

Il semble assez vain de s’attarder sur la violence des faits, relativement prévisible au vu de l’accueil réservé à un pauvre coursier au début du film. En effet, malgré une mécanique et certaines séquences proches des codes du slasher (ce qui, en 1964, est plutôt neuf !), l’horreur n’est pas à prendre au sérieux tant les grands enfants, finalement, suscitent une certaine tendresse, avec leurs blessures, leur logique naïve, leurs trous dans la chaussure.

Sans tomber dans l’apologie d’un retour à la loi sauvage (la famille évoque souvent dans son fonctionnement une tribu), Jack Hill partage son amour d’une certaine jeunesse « cramée », avec son araignée au plafond. C’est dans un twist assez peu surprenant qu’il finira par poser la question de ce qu’il nous reste à tous de cet instinct, récessif ou dormant, mais assurément là, ne demandant qu’à éclore. Le bébé araignée de Jack Hill, ainsi, déploie ses longues et fines pattes, et sous ses allures somme toute assez classiques, se révèle délicieusement subversif.

SpiderBaby

V.D.

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In vitrine : critique

*** (Avis de la rédaction)

Surtout, surtout, ne rien laisser au hasard. Ce soir, Hervé et Marie ont préparé l’anniversaire surprise d’Alice. Et nous y sommes conviés. Face à nous, le plateau est à moitié vide, un peu en désordre. Sur la droite, un écran affiche l’heure exacte et une petite phrase : Bonsoir, merci d’être venus (10 : 00). Soit une formule de bienvenue convenue mais aussi le timing exact de cette première partie : 10 minutes.

Au bout de celles-ci, Hervé Piron, Marie Lecomte et Alice Hubnall, les trois comédiens du collectif Rien de Spécial, viennent nous expliquer le programme, projection power point à l’appui. Tout y est : accueil, apéritif, sketch surprise, cadeau, gâteau, discours d’Alice, vidéo souvenir et même… mort d’Alice.

Une fois le programme déroulé, celui-ci peut commencer. Derrière le rideau, on entend Hervé s’agiter pour placer le décor. Quand Alice arrive, croyant passer la soirée avec ses deux potes, elle a droit à un Happy Birthday to you chanté par toute la salle. Exclamations de surprise, cris de joie : tous les clichés y passent et on les reconnaît instantanément.

Le chrono égrène les secondes de chaque séquence faisant le bonheur des maniaques de l’ordre et de l’organisation. Photo de groupe, apéro, papotage entre invités (le trio enfile les banalités d’usage sur le temps, le boulot, les enfants, la crise et l’inévitable « Tout augmente »), séquence souvenirs faussement bon enfant se terminant par un long fou rire destiné à masquer la gêne et l’absence de sujets de conversation…

Également annoncé, le sketch surprise va effectivement surprendre : échappé d’Alice au Pays des merveilles, un lapin géant égrène les fins tragiques auxquelles Alice a échappé cette année (sida, cancer, accident, monoxyde de carbone…) tandis que la mort repart constamment bredouille. Mais même là, on en revient aux clichés sur les dangers qui nous guettent.

D’un bout à l’autre du spectacle, on suit ainsi au millimètre près le programme prévu. Programme d’une soirée, programme d’une vie que chacun établit à sa façon : symbolique des chiffres pour l’une, planning pour l’autre, hystérie archi-prévisible des jeux télévisés dans l’irrésistible séquence sur l’avenir d’Alice… Même le repas d’anniversaire est préparé sous vide. Jusqu’à la mort d’Alice, comme annoncé dès les premières minutes.

Souvent hilarant, ce In vitrine proposant une sorte de mode d’emploi d’une vie prémâchée comme une croisière ou un voyage organisé file aussi un fameux coup d’angoisse. Car tout le monde dans la salle a vu, entendu ou vécu une bonne partie de ce qui se déroule sous nos yeux. Et la médiocrité, la peur, la solitude qui suintent de partout vous filent un fameux coup de blues. Une manière imparable de nous inviter à s’en échapper.

JEAN-MARIE WYNANTS

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ETB : l’avis des jeunes

Ce lundi 5 et mardi 6 mars, se jouait au Théâtre de L’Ancre “ETB”. Les jeunes du Conseil Consultatif des Jeunes de Charleroi y étaient !

“ETB”, c’est l’histoire d’adolescents qui aspirent à exister dans ce monde agité mais creux. Sur fond de triangle amoureux, cette histoire nous confronte aux questions de ces jeunes en quête d’identité, de repères et de réponses. Questions philosophiques… questions existentielles… questions pièges…

Les jeunes nous confient leurs avis : ” C’est une pièce axée sur le monde des jeunes. On est admirablement bien rentré dans la pièce, on se sent concerné. Différentes thématiques sont ciblées : le travail, le triangle amoureux, la routine, les modes et la consommation, la recherche d’identité, la religion et les sans papier. Il y a une absence d’éclairage ce qui laisse court à l’imagination des spectateurs.

C’est une pièce d’actualité, multiculturelle. Les acteurs avaient un très bon jeu. L’écran était génial mais malheureusement, l’écriture était trop petit.

http://kulturopointmagcharleroi.wordpress.com/2012/03/09/etb/

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Journal d’un jeune branleur : critique

Un texte, deux voix. Celle du protagoniste, et celle du musicien, en écho.

Un texte pour dépeindre l’ennui, pour dégueuler une vie dénuée de sens, dégueuler l’envie de violence, juste pour se sentir physiquement présent. Un texte à l’écriture truffée de références, plus ou moins digérées, des fois resservies à peine remâchées. Vaguement écœurant.

Une mise en scène relativement dynamique, personnage catapulté d’un bout à l’autre de son espace clos. Lumières éclairant un rictus, ou l’engloutissant dans un fondu au noir très cinématique.

Une ambiance sonore délibérément pesante. Des interludes musicaux fluides, une énergie punk pour appuyer le propos. Une danse où comme possédé, le jeune branleur brille par son interprétation, tout en rage plus vraiment contenue.

Mais un journal sans objectif apparent. A part dépeindre un état de fait où l’excès devient seul refuge. L’excès de néant. Abusif ? Abusif. Comme lui, nous sommes ennemis, nous sommes l’ennui.

Au final, on ne sait pas trop apprécier ce jeune branleur. Difficile de s’y identifier vu l’excès du propos. Si pas avec, sommes-nous néanmoins contre ? Critique un peu facile : à nous la honte d’être si conformistes et cannibalisés par le système, dévorés par la seule réalité, celle télévisuelle ? Ce serait réfuter d’autres alternatives à ce système décrié, penser le monde incapable de recul et d’esprit critique. Complètement prétentieux.

Si l’étape de travail est assez aboutie du point de vue dynamique, que l’interprétation sonne juste, c’est finalement le texte qui ennuie, par volonté de toujours chercher à dépasser les limites, dans un style qu’on devine vouloir se rapprocher d’un William S. Burroughs, mais plutôt gratuitement, au fond.

C’est de nuances dont manque ce Journal d’un jeune branleur… Ce personnage ennuie car il n’évolue pas. Et finalement, son portrait, se voulant porte-parole de sa génération, semble réducteur et passablement abrutissant. Comme les images vulgaires défilant à l’écran : à vous filer la nausée.

V.D.

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L’arrestation : critique

De procès d’intention en procès d’intention, une situation qui dégénère. Concrètement, pourtant, rien. Un type croise un flic. Ni une ni deux, c’est l’arrestation.

Une approche assez originale tant dans le texte, qui laisse la part belle au flic, que dans la scénographie qui englobe le spectateur au cœur de l’action, et contribue à renforcer la sensation de danger par l’imbrication physique dans ce jeu du chat et de la souris.

Un moment de poésie naît de cette tension, car le développement du policier est intéressant et évite (à tout prix ?) les clichés. Le texte parvient à tenir en haleine, ce qui n’était pas évident du fait de monologues assez sévères. Le policier, dans ses tirades enflammées, prend des airs prophétiques, même si dangereusement instable. Même si moins développé, le personnage du jeune est pertinent, ne serait-ce que dans la douleur. Cette douleur partagée, celle d’être cantonnés à des stéréotypes. Un combat acharné contre une forme de déterminisme social, en marchant sur des œufs ou en mettant les pieds dans le plat, évoquant des questions de drogue, d’alcoolisme ou de suicide. « Que du bonheur » pensera-t-on, mais pourtant c’est avec finesse et légèreté que les sujets arrivent sur le tapis, sans découpage sous formes de tableaux… On aurait pu craindre que l’auteur ne cherche à remplir un cahier des charges des sujets lourds à aborder, mais il n’en est rien : les personnages évitent aisément nos attentes, humanisés avec justesse.

Le temps s’arrête, notre respiration aussi, tandis que la force de l’ordre (au cerveau bien perturbé, pourtant) semble perdre pied. A sa merci, sa proie est à l’article de la mort. Dans une atmosphère irréelle accentuée par ces néons clignotants, rappelant les lampadaires déglingués d’un quartier pauvre, attente d’une détonation qui n’a pas lieu, qu’on souhaiterait presque pour abréger la souffrance du prisonnier.

Seule la fin, abrupte, surprend sans réellement convaincre. L’arrestation du temps, de ce combat, prend soudain fin, mais on ignore tout de ce qu’en retirent les deux chevilles ouvrières de ce drame humain… Difficile de songer que ce n’est pas l’important, surtout quand tous les éléments de la pièce travaillent à rendre ces deux personnages humains et dignes, ce indifféremment de leur rang social. Un climat de terreur qui aurait gagné à perdurer. Syndrome de Stockholm, quand tu nous tiens…

V.D.

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ETB : critique

Regard sur l’adolescence, ETB propose une immersion dans cet état transitoire…

Au cœur des préoccupations adolescentes sont passés au crible le souci de se construire, le poids du regard de l’autre, la difficulté à accepter ses propres sentiments, les premières amours et les premières grosses gamelles, aussi… Si ces angles d’attaque, articulés autour d’un triangle amoureux pour permettre une narration dynamique, ne sont pas des plus originaux, ils font bien écho aux questions que se posent les jeunes à un âge charnière.

Le bémol, c’est peut-être la mise en perspective de ce point de vue… Si les dialogues sont intelligemment écrits au service de la narration et les thématiques abordées au travers d’un parler sincère et audible pour les jeunes, les adultes, eux, risquent parfois de se sentir vieux cons.

L’interprétation, en particulier du personnage d’Elisa, est assez criarde : l’envie prend parfois de secouer ce personnage pour qu’il arrête de bramer contre le reste du monde : se construire avec ses propres convictions, après tout, hypothétiquement, Elisa le pourrait. Ce qui la retient, c’est seulement le crédit qu’elle accorde à ceux qui l’insupportent. Cet exemple peut s’étendre à ETB, dans le sens où le « transitoire » du titre reste flou. En quoi les ados ont-ils avancé à la fin de la pièce ? Sont-ils plus adultes ? Révoltés, ils l’étaient au début, ils le sont restés, mais n’ont pas changé les fondements de leur malaise. Acceptation ? Non plus. Dès lors, le doute est permis…

L’effet de catharsis ne semble donc efficace que pour ceux qui traverseraient un cap difficile… Pourquoi l’adolescence serait synonyme de crise, aussi ? Le postulat est tendancieux. Alors, « vivre », fort bien, mais fallait-il que ce mot apparaisse comme une chute ? La pièce n’aurait-elle pu commencer ici pour nous emmener ailleurs, sur une planète où les adolescents essaient de changer le monde autrement qu’en geignant ?

C’est l’énergie des trois interprètes et l’écriture des dialogues d’ETB, véhicule d’une sensibilité écorchée, qui sauvent le navire. La mise en scène, épurée, permet de se focaliser sur le propos, pour se concentrer sur l’impact des prises de gueule, des coups de bec. La vidéo, malgré son peu de lisibilité, permet à la pièce de reprendre un peu d’oxygène et de développer le propos à renforts de notions-clés manipulées avec poésie. Derrière, l’intérêt deviné à poser des questions pertinentes sur le sujet, et permettre une prise de recul sur l’adolescence « littérale » jouée sur le plateau.

ETB, au final, reste audacieux et plein de vie, mais l’énergie semble déployée au détriment de la distance sur le propos. Un pari risqué pour ceux qui n’arrivent pas à rentrer dedans où à s’identifier aux protagonistes, pour une pièce qui apparaît encore un peu verte… Du potentiel à mûrir, à surveiller de près.

V.D.

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In vitrine : l’avis des jeunes

Au Théâtre de l’Ancre, se jouait, ce jeudi 3 et vendredi 4 mars “In Vitrine”.

Avec “In Vitrine”, le Collectif Rien de Spécial interroge de manière inédite et insolite le quotidien et la banalité de ces moments de fête que nous connaissons tous. Ceux qui en disent tellement sur ce que nous sommes et sur ce que nous montrons aux autres. En chahutant les codes du théâtre, il se saisissent de la scène comme d’un miroir déformant. Attention les yeux !

Les jeunes du Conseil Consultatif des jeunes de Charleroi (CCJC) nous livrent leurs avis : ” Nous avons assisté à une pièce qui nous a, à peu près, tous marqué. Dans un premier temps, il s’agit d’une petite partie de plaisir. Dans un second temps, c’est une vraie pièce de théâtre qui mène à la réflexion. Les auteurs ne nous donnent aucun indice, chacun est libre de penser ce qu’il veut. Un jeune a même cité : “C’est une pièce inhabituelle, nous ne pensions pas assister à cela”. Nous en faisions partie. En effet, nous sommes tous invités à la fête d’Alice, nous avons tous chanté un bon anniversaire, nous avons fait des photos, nous avons chanté un karaoké et nous avons eu des interactions avec les acteurs. Tout était écrit sur un écran, il fallait suivre au pied de la lettre le programme donné. Nous avions vraiment l’impression d’y être. C’était une chouette expérience. La pièce décrit la vie actuelle. L’exagération des acteurs a parfois lassé certains d’entre nous, qui sur le coup, à chaud, n’ont pas vraiment compris le rapprochement avec les effets créés. »

http://kulturopointmagcharleroi.wordpress.com/2012/03/12/in-vitrine/

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In vitrine : critique

A l’entrée, un drink, pour une soirée placée sous le signe des mondanités.

Avec In vitrine, le public est convié à la fête d’anniversaire surprise d’Alice organisée par ses compères Marie et Hervé. Un jeu de complicité entre les acteurs et les personnes bien installées dans les fauteuils de L’Ancre gomme petit à petit le rapport classique à la scène, tant cette situation, dans un théâtre, apparaît décalée et loufoque.

Loufoque, et pourtant basée sur un certain nombre de conventions sociales, ici détournées et transformées en saynètes et arguments théâtraux. Conditionnée par l’obéissance au planning chronométré, la soirée déploie tout son potentiel critique. C’est avec la mécanisation du jeu et des séquences, et surtout de l’interprétation, forte des regards échangés et des silences gênés, que le propos du collectif Rien de Spécial fait mouche.

Le dispositif scénique n’est pas en reste. Les quelques éléments de décor très aseptisés à la sauce Ik*a et les bonnes trouvailles bricolées créent la surprise et apportent beaucoup de fraîcheur à la pièce. Au niveau des choix esthétiques, un certain amour du kitch et de l’artificiel transparaît en fil rouge, que ce soit dans les costumes ou les procédés narratifs décalés : diaporama et karaoké pour ne citer que ceux-ci…

Si au départ, la salle rit à gorge déployée devant l’idiotie apparente des situations, c’est peu à peu plus timidement, et pour finir carrément jaune, par refus de se retrouver dans les situations dépeintes, que l’on entend quelques éclats dans la salle… Finalement, le comique de répétition finit par provoquer un certain malaise, signe sans doute que le propos atteint le public. Cependant, l’écriture aurait pu se resserrer autour de séquences plus diversifiées pour éviter une répétition trop lourdement appuyée… Car l’intention est relativement claire et l’exagération peut finir par lasser.

La critique portée par In vitrine trouve ses limites dans le sens où le théâtre est aussi un lieu de codes… Après tout, il reste de bon genre de rire d’une pièce intelligente en prétendant voir plus loin que les rites sociaux moqués. Comme divisés par zéro, on en ressort vaguement troublés, ne sachant trop s’il faut se montrer en train d’en rire. Redoutable !

V.D.

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Innocence : critique

Arrivée en cercueil. Au fin fond d’une forêt, une espèce de pensionnat pour le moins spécial où de jeunes filles font leur éducation. Comme une mort scellée, car le sentier bordé de lampadaires semble sans issue. Dictature d’une éducation imposée, sans grand sens, mais pour aller où ?

C’est en embrassant le point de vue de jeunes filles qu’on plonge dans cet univers pour le moins inquiétant. Les plus désobéissantes semblent condamnées à vivre là, à gérer la vie des plus jeunes. Les meilleures n’ont pas nécessairement de meilleures perspectives d’avenir. Ici, on ne sort pas. Et la soif d’excellence n’est pas récompensée comme d’accoutumée… C’est la naïveté des répliques des enfants qui rend ce vase clos à la logique kafkaïenne plus sinistre encore. La cruauté comme seule loi ? L’ennemi est partout, et la menace se cache dans les plus innocents sourires.

L’ambiance sonore, telle une chape de plomb, accentue ce persistant malaise qui finit par dégoûter. A l’image de ces séquences sous-marines anxiogènes, le film prend le parti de nous noyer sous une avalanche de séquences sombres, souvent plus implicites que démonstratives. Pesant, angoissant, le film de Lucile Hadzihalilovic ne connaît pas vraiment d’éclaircies, et son dénouement peut laisser assez circonspect.

Ce qui passe comme évidence dans la fin du film ennuie, comme si quitter un enfer ne pouvait que mener à un nouveau, cette fois-ci plus minéral, moderne, mixte. Questionnant l’innocence du spectateur en attente d’une fin forcément tranchée, dans le bon ou le mauvais sens pour ses protagonistes, la réalisatrice pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Un parti-pris assez facile pour laisser soin au spectateur de reconstruire l’histoire lui-même, mais qui peine à convaincre. Bijou sombre, mais bijou en toc, Innocence séduit par sa noirceur, mais son éclat reste toutefois bien limité…

V.D.

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17 filles : critique

Une invasion de coccinelles : c’est l’événement pour le moins incongru qui ouvre 17 filles, comme un signe avant-coureur que tout est possible.

Inspiré de faits réels, l’argument du film est à la fois simple et lourd de conséquences : à la suite de Camille, une poignée de lycéennes décide de tomber enceinte au même moment, avec l’envie de refaire le monde ensemble, et d’élever une progéniture tout aussi utopiste. C’est la facilité avec laquelle toutes les jeunes se laissent embarquer dans ce délire qui pose question.

D’une part, la future responsabilité de parent ne semble pas vraiment considérée avec sérieux par les protagonistes : elles ne se focalisent que sur leur envie d’enfanter, leur (besoin d’)amour, reporté sur leur enfant. L’argument matériel et concret (parce qu’un enfant ne vit pas d’amour et d’eau fraîche, quoi qu’on en dise) est nié en bloc, sur fond de crise adolescente et de rébellion contre les figures parentales. Du point de vue des adolescentes, leurs parents qui se mettent en quatre pour qu’elles ne manquent de rien passent à côté de l’essentiel. « On va pas devenir comme nos parents », sorte de leitmotiv, semble hanter ces filles au ventre rond, capables de ne se construire que par opposition au modèle parental. Comme quoi, l’esprit de contradiction peut aller loin…

D’autre part, les parents complètement dépassés par les événements font réellement peine à voir, englués dans leur immobilisme. A part rejeter la faute au corps enseignant, ils apparaissent en général bien ridicules, et on ne peut dès lors reprocher aux filles de rejeter les repères qu’ils leur imposent. Il est regrettable, en revanche de ne jamais vraiment accorder de crédit aux pères des 17 futurs nouveau-nés, qui rivalisent par leur absence de substance ou leur ridicule (50 balles et c’est réglé, merci, au revoir).  Pas le sujet, probablement.

Julia, forte tête du groupe, et instigatrice du délire de fertilité, cristallise peu à peu tous les espoirs et les craintes des 17 filles. Derrière l’assurance apparente, la fragilité du personnage est remarquablement portée à l’écran par Louise Grinberg, faussement féministe, vraiment paumée. Véritable chef de meute, c’est dans la dynamique de groupe plus que dans la question de la maternité qu’elle surprend, car c’est là que le film réussit à toucher au plus juste.

Il est assez triste, mais pourtant sans grande surprise, de voir les protagonistes échafauder des plans dont on sait qu’ils ne tiendront jamais la distance. L’idée folle de mutualiser leurs allocations et prendre leur autonomie se heurte à un magistral retour de bâton avec la malheureuse Clémentine, chassée du domicile familial. C’est là que le film bascule, en ramenant au principe de réalité, et scelle la fin du rêve.

Somme toute, une narration assez classique pour un phénomène pour le moins surprenant… Un film qu’une séquence de jeu avec un ballon de feu, à l’image du ventre des protagonistes, pourrait simplement résumer. Sans morale réellement arrêtée, ces 17 filles troublent, mais on ne sait trop qu’en retirer, sinon une boîte de préservatifs au distributeur…

V.D.

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Cendrillon : l’avis des jeunes

Ce samedi 17 et dimanche 18 mars se jouait, au PBA, Cendrillon de Joël Pommerat.

Joël Pommerat aime confronter les gens ordinaires à des situations extraordinaires, comme dans les contes pour enfants. Il était évident qu’un jour, outre les pièces qui ont fait son succès, il allait réécrire, dénuder et actualiser des histoires qui ont forgé notre imaginaire depuis l’enfance.

Après Le Petit chaperon rouge, Pinocchio, c’est un autre de ces contes de la tradition populaire dont il s’empare pour mieux le sublimer : Cendrillon. Le carrosse est avancé, ne reste plus qu’à prendre place.

Les jeunes du Conseil Consultatif des jeunes de Charleroi y ont assisté et nous délivrent leur avis :

« Très belle mise en scène,beaux effets spéciaux notamment avec la maison en verre,très beau décor sauf un peu lourd au niveau du changement de décor. Beau scénario et belle modernisation Référence à la jeunesse,on y voit des sujets d’actualité comme par exemple la corruption,la méchanceté,le désespoir. Seul inconvénient, c’est beaucoup trop chargé, ils veulent beaucoup époustoufler la salle. A part ce détail, le jury du festival était comblé. »

http://kulturopointmagcharleroi.wordpress.com/2012/03/20/cendrillon/

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Les géants : critique

Les géants, ou l’histoire d’adolescents livrés à eux-mêmes, en roue libre au fin fond de la campagne.

Plus d’adultes responsables, et bientôt plus de ressources… c’est le point de départ de ce film au croisement du road-movie et de la chronique d’une jeunesse désœuvrée. Au fil des tribulations de ces trois jeunes, de galère en galère, Bouli Lanners prend plaisir à nous perdre dans les méandres de la forêt où ses jeunes antihéros vont croiser une belle galerie de seconds rôles, aussi décalés les uns que les autres, dont la plupart sont assez inquiétants. Un environnement hostile avec lequel les gamins doivent composer pour subsister : même si souvent comiques, les situations cruelles, parfois un brin surréalistes, dépeignent un univers impitoyable où les faux pas sont lourds de conséquences.

Et puis ? Bientôt dépossédés, les jeunes traversent différentes états, de l’ennui à la jubilation, du désespoir à la colère, sans retenue… La recherche de satisfaction immédiate, les bêtises aux effets inconsidérés, les lendemains péroxydés composent une belle ode au seul instant présent, l’unique réalité de ces gamins désaxés.

Néanmoins, si l’issue n’est pas des plus tragiques pour ces adolescents en totale errance, c’est sans savoir vers quoi ils vont qu’ils sont abandonnés par nous, spectateurs. Portés par leur énergie de continuer d’aller de l’avant sans se soucier du reste, un peu endurcis par leurs désillusions, ils continuent leur route, en ramant, image loin d’être innocente.

C’est le renoncement à faire confiance au monde des adultes, l’image du téléphone qui coule dans la rivière, et les regards lourds de sens, qui resteront imprimés dans les rétines. Et la mélancolie à se laisser porter à la surface de l’eau, sur la musique aérienne du Bony King of nowhere, aux ballades à la saveur douce-amère…

Une soirée pour rappeler chacun à ses souvenirs de feu de camp, et le sentiment que le monde est là, devant nous, que tout est encore possible…

V.D.

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Kynodontas : critique

Jamais la cellule familiale n’aura autant évoqué la séquestration. Immersion au cœur d’une villa où on aboie, ou les chats sont une menace à prendre au sérieux. Une famille où l’on cueille des zombies et on se lèche pour arriver à ses fins.

Revisite de l’allégorie de la caverne de Platon, Canine (ou Dogtooth ou Kynodontas) est un film réellement étrange tant par sa forme que par le traitement de son sujet. Ses héros, des jeunes qui ne le sont plus vraiment, sont maintenus dans une espèce de dépendance oppressante par leur géniteur, tyran aux traits durcis, impassible et impitoyable.

Un film de contrastes. Contraste entre le jardin propret, les décors immaculés, la lumière crue du ciel, et la noirceur du propos, la violence des faits. Sans réelle pudeur, dans un silence pesant et une perpétuelle sensation d’étrangeté, les protagonistes dévoilent leur fragilité, leurs rêves déchus, et leur peur fabriquée par la figure paternelle, nous posant la question du formatage.

Pourtant, dans le traitement, Canine peut tendre à exaspérer par son côté intello et auteurisant, et par son écriture plutôt conventionnelle… Un gros problème de rythme, surtout, et la conduite uniforme de ses acteurs, pour la plupart assez mono-expressifs, ne permet pas de maintenir l’intérêt sur le long terme : quand les rouages de la tragédie sont mis en place, les dés sont déjà jetés, et le reste n’est plus qu’attente…

Au final, un film qui se casse les dents sur une question de forme alors qu’il aurait pu continuer de surprendre en s’éloignant de cette démarche jusqu’au-boutiste mais sans surprise. Un potentiel barricadé derrière l’envie devinée de se concentrer sur de brèves scènes choquantes, coups d’éclats aboyés par Yorgos Lanthimos, mais trop vite oubliés. Le coffre de la voiture qu’on aurait aimé infiltrer auparavant, pour suivre de doux dingues arrachés à leur microcosme, vers d’autres horizons. Ce que développait par exemple un certain Rolf de Heer dans le plus abouti Bad Boy Bubby

V.D.

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Submarine : critique

Oliver Tate, adolescent à l’âme littéraire, un rien introverti, s’éprend de la fatale Jordana et sa redoutable coupe au carré. Si le pitch n’a rien de bien original, Submarine n’en est pas moins agréable à découvrir.

Car au delà d’une amourette classique, il y a de la matière.

Dans l’intrigue, car en parallèle, l’enjeu pour Oliver est de rabibocher ses parents, menacés d’adultère par une sorte de gourou-ninja qui rivalise de manipulation et de ringardise, mais fait la convoitise de la mère du protagoniste.

Dans le propos, car sans passer du côté de la vulgarité gratuite, Richard Ayoade aborde des thèmes adultes sans langue de bois. Une démarche simple mais un véritable souffle de fraîcheur pour un film qui aborde la sexualité sans grand renfort d’humour potache ou vision extrême et/ou trash… ce qui a le mérite d’être assez rare pour être souligné. Au milieu du marché des teen movies, il est particulièrement agréable de pouvoir découvrir un film faisant appel à un semblant d’intelligence, loin des traditionnelles répliques scato et des excès motivés par le désir de monter la  bande-annonce la plus aguicheuse possible.

Dans la forme, celle d’un journal intime, suivi avec la voix-off d’Oliver, au fil d’un monologue plein de malices. D’habiles références au cinéma comme autant de clins d’œil appuyant des effets de style pour appuyer un regard ou transmettre une émotion. Sans sensiblerie, une pudeur dans l’écriture qui permet un réel attachement au personnage principal, porté à l’écran avec brio par le jeune Craig Roberts, qui pour son premier grand rôle, n’a assurément pas à rougir.

Malgré l’évolution de l’intrigue amoureuse, qui perd un peu de son élan dans une seconde partie moins rythmée, reste le plaisir de suivre le parcours de cet adolescent à l’imaginaire débordant et à la sensibilité bien réelle, malgré son élocution mesurée. Un portrait touchant d’une jeunesse les pieds dans l’eau, pas sûre de ses sentiments, porté par une bande son au charme « so british », à l’image du film lui-même… Submarine fait l’effet d’une bonbonne d’oxygène dans un océan de productions filmiques surfant sur la vague du jeunisme. La faute à la patte bien marquée d’un réalisateur particulièrement inspiré. Puisse Richard Ayoade pouvoir porter d’autres projets avec ce même talent, car Submarine compte nombre de qualités, et ce sentiment de cohésion… Du bel ouvrage, capable de torpiller le premier croiseur hostile.

V.D.

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Cendrillon : critique

Avec la revisite de Cendrillon, Joël Pommerat savait pertinemment où il laissait traîner ses chaussures. Le pari est d’autant plus risqué que l’histoire a déjà été usée jusqu’à la toile. La réussite de la pièce n’en est que plus honorable.

Sandra est ici petite fille qui doit apprendre à gérer l’absence de sa mère, avec son père, largué sur de nombreux plans, fantoche qui sombre également dans l’oubli, bien qu’encore vivant. Ne parvenant à accepter les faits, Sandra vit dans le déni, et s’impose un rythme infernal, à l’image de la sonnerie de sa montre, enfantine et distordue, tout bonnement imbuvable… Pour entretenir le mensonge, elle veut croire, sans en démordre, que sa mère ne mourra vraiment que si elle cesse de penser à elle plus de 5 minutes d’affilée. Comme les enfants, elle espère, avec l’énergie du désespoir, que sa volonté a des vertus magiques.

Entre sa marâtre colérique et ses sœurs qui se disputent la palme de la bêtise, Sandra, surnommée « cendrier », qui par effet de téléphone arabe, deviendra Cendrillon, ne se soucie guère des corvées, puisqu’elle se les impose, comme pour se punir d’avoir manqué à son devoir. Pour gérer l’absence, elle reporte la faute sur elle-même et demande, en plus d’accepter, toujours plus de punitions. Sur une série de malentendus et de maladresses, elle ruine les espoirs de belle-mère, femme tumultueuse en sérieux déclin… qui au fond, ne rêvait que de rester désirable aux yeux d’un homme.

La recherche du prince charmant et la rivalité, thèmes phares du conte original, sont ici accessoires. La trame du matériau premier sert de prétexte pour une pièce traitant plus particulièrement du deuil, et du désir, sous plusieurs déclinaisons, son absence comme son regain…

L’éclairage, savamment dosé, laisse une part d’ombre à l’ensemble du casting, dont on devine plus qu’on ne voit les expressions. La voix, au micro, renforce une sensation de distance au plateau qui apparaît de plus en plus comme écran au fil des effets visuels qui filent à bon train. C’est un travail fin (même si occasionnellement tonitruant) sur les décors, les ambiances et les effets visuels, faisant irruption du palais cristallin à la chambre dénudée de Cendrillon, qui laisse une forte impression.

Les dialogues débités à la mitraillette, assumant leur ressort comique, désarçonnent régulièrement par leur côté rentre-dedans qui joue double-jeu avec la naïveté toute enfantine de la protagoniste, et sa façon de râler toute belge jusque dans ses intonations… La galerie de personnages secondaires, tout aussi savoureuse, accentue par sa superficialité la dramaturgie, par effet de contraste. Quel calvaire pour la jeune fille, corvéable à souhait, que de ne jamais côtoyer de personnages moins sots !

Une grande réussite formelle et des dialogues aussi jouissifs que drôles. Seul bémol, la distance au plateau, renforcée par le son, artificialisé par les micros, et l’excès de passage littéralement obscurs… Une pièce que les effets visuels, bien que bluffants, déréalisent peu à peu. Un sentiment de manque de chair induit par la mise en scène, ceci renforcé par une narration chorégraphiée, qui si elle est diablement stylisée, confine à l’abstraction, et nous éloigne encore de la vie sur le plateau. Attendre minuit pour pouvoir apprécier le propos sans sa beauté illusoire ? You wish…

V.D.

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Le sacre du printemps : l’avis des jeunes

Mardi 20 et mercredi 21 mars, aux Écuries, se jouait « Le sacre du printemps ».

Une occasion unique de vivre un moment de création pure dont le spectateur fait partie intégrante. Un hommage singulier, aussi, à la chorégraphe Pina Bausch…

Comment le groupe réagit-il quand il doit suivre des instructions? Que se passe-t-il quand le spectateur est invité à devenir acteur? Tout le travail de l’artiste catalan Roger Bernat est imprégné de ces questions. Ce sont elles qui l’amènent à redéfinir, dans son œuvre, les limites du théâtre et de la danse en invitant les spectateurs à réaliser eux-mêmes la performance à laquelle ils sont venus assister.

Avec Le Sacre du Printemps, la compagnie propose au public de parcourir de manière ludique la chorégraphie éponyme de Pina Bausch, créée en 1975 sur la musique d’Igor Stravinsky.

Les jeunes du Conseil Consultatif des jeunes de Charleroi nous livrent leurs avis :

“Spectacle surprenant et particulier par rapport aux autres pièces …  très CLASSE.
Nous avons adoré le concept, à savoir que le spectateur est aussi (surtout) acteur.
Chacun de nous à reçu un casque audio et il nous a suffit de suivre les instructions de “la voix”.
Il y avait 3 audiophones différents, donc 3 consignes différentes.
Ces consignes qui étaient relativement stressantes par moment car pas suffisamment claires, ce qui nous a mené à une certaine confusion, hésitation.
En revanche, très belle visualisation et situation dans l’espace alors que peu suggéré.
Spectacle bizarre et hyper moderne à la fois.
Nous regrettons la présence de comédiens dans le public…  Ils auraient pu certainement amener une dynamique autre,
et une participation moins hésitante du “public roi”.
Bien que ce concept casse un peu l’histoire (on perd le fil), de part l’ambiguité des consignes reçues, nous nous sommes terriblement amusés.

Source : http://kulturopointmagcharleroi.wordpress.com/2012/03/26/le-sacre-du-printemps/

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