Critique : we can be heroes

Un carré au sol. Des pieds de micro épars. Des passants intrigués par cette installation nue.

Des personnes de tout âge s’avancent sous les feux des projecteurs et prennent place dans l’espace étriqué. Sans un mot, armés de leurs seules bouteilles d’eau, des héros d’un jour sont nés, même si tout le monde n’a pas encore eu le temps de l’assimiler. La composition du groupe surprend d’abord tant il semble hétéroclite, dépareillé. Et pourtant, la cohésion apparaît quasi instantanément.

Sur les premières notes d’Architecture in Helsinki, une énergie bon enfant s’empare des corps, et les citoyens jusqu’alors anonymes se transforment littéralement en interprètes survoltés ! Ici, l’enjeu n’est pas d’être réaliste (le décalage entre voix et physique est assumé et parfois assez savoureux) mais bien d’être crédible ! L’énergie communicative se propage à la foule encerclant les héros d’un jour, et c’est bientôt toute la place qui bouge sa tête en rythme.

La configuration, astucieuse, ne laisse aucune direction négligée, permettant à l’ensemble du public de goûter au regard de l’un ou l’autre des héros. L’absence d’estrade et la proximité induite par l’espace de jeu devient presque intimidante, au contact de chanteurs aussi bien dans leurs rôles. Il ne tient qu’au public de changer de point de vue et de créer un mouvement tournant ; pourtant peu osent s’y aventurer ; des spectateurs sans doute trop bien éduqués ? Circulez, il y a tant à voir…

La posture, assurément, est singulière. Le choix d’une intervention dans l’espace public est porteur de sens, irruption insolite, franchement culotée, ce qui décuple tout autant la joie de découvrir l’interprétation des personnes en jeu.

Le traitement l’est tout autant. Ici, pas question d’uniformisation et de synchronisation comme on pourrait en voir en flash-mob… Le groupe est ici un véritable révélateur d’individualités, et non un espace qui permet de se faire oublier. Il n’y a qu’à voir les regards complices échangés entre ces chanteurs d’un jour pour s’en assurer. C’est de la différence de tons, des moments de fragilité, et des petites imperfections que la performance tire sa force et touche vraiment droit au cœur, car rappelant que le « We » reste à la portée de tous.

Le choix des titres, bien pensé, est également garant d’un bel équilibre pour la performance. On s’amuse du sens et du décalage que peuvent prendre certaines des chansons. Du « Control yourself » de MGMT, comme mise en abîme de la performance, au « This is my life » qui hurle « Je suis ici et j’existe, merde » !

Alternant avec fougue entre énergie contagieuse, humanité sublimée des interprètes, ou scansion assassine, le set est riche en couleurs et surtout riche des émotions qu’il suscite, tant chez les héros que chez le public, touché par redoutable effet de miroir.

Et lorsque retentissent les dernières notes de « Rebellion (Lies) », hymne vibrant dont Arcade Fire se retrouve dépossédé pour notre plus grande joie, on s’en retourne ailleurs, un peu étourdis, des étoiles plein les yeux… Jusqu’à se surprendre à fredonner. David Bowie n’aurait pas rêvé mieux…

Vincent Desoutter
(critique basée sur la représentation jouée à l’ouverture du festival Les expressifs à Poitiers, 06/10/11, Fr)

¤ Bonus track !

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Critique : Wow

Tout faire exploser. C’est ainsi qu’ils entrent en scène. Pourtant, en apparence, les adolescents de Wow sont plutôt peu soucieux de chercher à changer le monde qui les entoure. L’envie de révolte qu’on aurait volontiers senti bouillir en eux est assez vacillante. Des jeunes comme déconnectés de leur époque, alors qu’en 1968, l’essor du mouvement hippie constitue pourtant la principale toile de fond.

L’argument du documentaire, et ce qui fait toute son originalité, tient dans la phrase d’amorce : « les événements les plus importants dans la vie des gens sont ceux qui ne se produisent jamais ». C’est pourquoi des séquences fantasmées, à la limite de l’égotrip, scénarisées par les ados eux-mêmes, entrecoupent leurs discussions abordant, entre autres, sexualité, drogue, vision de la famille, appréhension du monde des adultes…

Ce qui prédomine dans ce groupe de 9 jeunes, c’est le malaise latent qui se traduit par un fort besoin d’évasion, de se construire des repères, de revenir à la nature. L’envie de retrouver des plaisirs simples, comme apprécier des moments de sérénité, passés autour d’une mélodie planante à la guitare. Jusqu’à l’angoisse d’une renaissance, à l’écoute de premiers cris dont on ignore la provenance…

Conscience de leurs limites ou confort de l’inertie ? La question peut se poser à l’examen de ces jeunes parfois assez étonnants d’oisiveté. C’est néanmoins sans jugement que Claude Jutra pose un regard tendre sur cette jeunesse flottante, entre deux eaux… Comme à l’aube de quelque chose, preuve s’il en fallait encore que l’impression d’appartenir à une génération sacrifiée n’est en rien symptomatique d’une seule époque.

S’il y a une perle à retenir du documentaire, c’est sans conteste la séquence graphique, limite expérimentale, du rêve de Monique, qui passe du carrousel à une sensation de flottement et de liberté, nous portant au rythme halluciné des rebonds de sa silhouette…

En conclusion, focus sur le jeune Pierre lors d’une séquence assez émouvante, rappelant que devenir adulte, c’est devoir à un moment faire le deuil de son enfance, et accepter que les moments d’insouciance à s’amuser de petits riens n’appartiennent plus qu’aux souvenirs. Comme une manifestation de l’empathie de Claude Jutra, revivant ce propre deuil de ses jeunes années. Et sous forme d’hommage, la plus belle preuve qu’il n’a, au fond de lui, pas pris la moindre ride …

Vincent Desoutter

NB : Pour ceux qui l’auraient manqué, il est possible de voir le documentaire de Claude Jutra en ligne sur le site de l’Office National du Film du Canada : http://www.onf.ca/film/wow

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Critique: les bonnes intentions

*** (Avis de la rédaction)
Date : Jusqu’au 17/2 (de 20h30 à 22h; Me. 15/2 de 19 à 20h30).
Lieu : L’Ancre (Charleroi)

« Votre amour a fait de moi un soldat. » Cette citation extraite des « Bonnes intentions » de et par Cathy Min Jung résume à elle seule la tragédie de cette histoire autobiographique, celle d’une enfant adoptée à l’âge de trois ans et demi, incapable de s’ouvrir à l’amour de ses parents adoptifs, un amour qui se transforme vite en déclaration de guerre. On sort forcément touché de ce seul en scène, inspiré de son expérience et de celle d’autres enfants adoptés, car la fable est incommensurablement cruelle, les mots terriblement durs, les aveux insoutenables.

Si Cathy Min Jung n’y va pas de main morte sur le parcours très noir de cette petite fille, d’origine coréenne, adoptée par un couple d’agriculteurs wallons, c’est pour mieux ouvrir le débat sur le thème de l’adoption, mieux s’éloigner des discours souvent angéliques sur le geste des parents adoptants, forcément perçu comme courageux et généreux, pour lever un coin du voile sur le traumatisme que cette aventure représente pour un enfant. Certes, l’auteure et comédienne force le trait sur sa descente aux enfers, poussant sa propre histoire au paroxysme de la fiction, mais sans aucun pathos, de sorte que l’on ressort de cette pièce d’une heure avec une foule d’interrogations.

Mis en scène par Rosario Marmol Perez, le seul en scène propulse la comédienne dans une bétaillère, comme si elle revenait sur les lieux de son enfance. Là, épaulée d’un formidable emballage vidéo (Allan Beurms) et musical (Garett List), elle déverse ses souvenirs : l’arrivée déboussolée à l’aéroport, la recherche désespérée d’odeurs et de goûts familiers, la rencontre manquée avec des parents incapables de comprendre les blessures de cet enfant, les petites mesquineries ordinaires entre ces trois êtres abîmés, et puis les gestes plus graves, irréparables.

Le jeu de Cathy Min Jung met un peu de temps à trouver son relief mais se pare ensuite de vibrations bouleversantes. Sa voix est douce, mais son récit implacable. « Vous exigez mon affection, mon amour. Vous avez payé pour ça, de la monnaie sonnante et trébuchante, alors vous voulez au moins de la reconnaissance. »

Sans détour, son texte aborde les infinies contradictions de l’adoption. Dans cette famille, tous rêvent de bonheur mais leur histoire sera sombre et douloureuse. Au commencement pourtant, il y avait juste un immense besoin d’amour.

CATHERINE MAKEREEL

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Critique : les bonnes intentions

Lumière sur la bétaillère, puis sur l’actrice.

Invitation à pénétrer l’intimité d’une enfant adoptée, au cœur d’un décor dépouillé. Habité par sa seule colère. En ouverture, ce conseil, qui glisse peu à peu, tel une mise en garde, celui de ne jamais habituer les chiens au goût du sang, pour ne pas qu’ils finissent par manger les hommes.

Ce même sang, devenu doucereux, apaisant la brûlure du mercure. La brûlure qui ronge de l’intérieur l’enfance arrachée, portée par l’interprétation saisissante de Cathy Min Jung. Ce même sang auquel une fois goûté, elle renouera avec une certaine animalité. Sans langage, sans repère, derrière les sourires désabusés grandit une jeunesse sauvage.

En toile de fond, le récit d’une opposition farouche : la résistance, perçue comme défiance, face à l’identité soudainement ôtée, kidnappée. La lutte d’une enfance qu’on tenterait de reformater.

Le texte de Cathy Min Jung, lapidaire et sans appel, réussit à éviter le piège facile de la violence gratuite. Suggérant plus qu’elle n’étale, elle passe à la moulinette les accusations maternelles d’ingratitude, montrant ainsi la douleur de ne devoir plus être que redevable. Emerge alors, petit à petit, la véritable oppression des « bonnes intentions » dont se gaussent les parents, cachant des réalités bien moins glorieuses…

Victime puis bourreau, froide puis sanguine, l’interprète, seule en scène, réussit le pari de rendre son personnage convaincant, malgré la dureté du propos pour la bouche d’une enfant. L’intégration de la vidéo, bien loin du gadget, permet de créer une distance au plateau tout en appuyant le propos de la pièce, comme une imagerie mentale retransmise en direct live. Un habile jeu de lumières, sobre et efficace, réussit à saisir le personnage pour accentuer les émotions qui le traversent. Vertigineux.

Prenant à contrepied la question de l’adoption, l’auteure-interprète, en s’inspirant en partie de son vécu, envoie valser la mièvrerie et la complaisance de la société occidentale, pour nous poser habilement la question de la construction identitaire chez l’enfant adopté.

Avec Les bonnes intentions, le festival Kicks ! démarre fort, très fort.

Une seule envie, celle de tendre l’autre joue.

Vincent Desoutter

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Kicks !, deuxième coup de pied dans la fourmilière

Laurence Bertels

Mis en ligne le 11/02/2012

Un festival du Théâtre de l’Ancre qui mêle les arts, les habitants, les habitudes, le cinéma et Charleroi/Danses. Avec, toujours, la jeunesse en point de mire. Jean-Michel Van den Eeyden, jeune directeur du Théâtre de l’Ancre, à deux pas du « Lidl » de Charleroi et de la sortie 29 est du Ring, ne se laisse pas facilement influencer par un certain courant distancié. Il aime que le théâtre remue, confronte et touche directement le public, en tout cas le sien.

Pari réussi en 2010 avec la première édition de « Kicks ! », un festival qui porte un regard sur la jeunesse. Ce qu’elle fut, ce qu’elle est, ce qu’elle peut devenir. A l’instar de cet « Homme debout », en quelque sorte, ou la biographie théâtrale d’un ancien détenu, Jean-Marc Mahy, qui après avoir passé près de vingt ans derrière les barreaux pour meurtre, s’est réinséré dans la société au point de devenir lui-même éducateur et surtout de transmettre son expérience. Depuis 2010, « Un homme debout » est passé par Avignon, par le Centre Pompidou de Metz et vient d’être joué devant six cents agents pénitenciers à Agen. Sans oublier de marquer Villeneuve, la cité de Le Corbusier, à Grenoble, de son empreinte. L’aventure n’est donc pas finie

« Kicks ! », quant à lui, après une escale en banlieue parisienne, est de retour, avec cette volonté toujours, non de s’adresser spécifiquement aux jeunes mais bien de porter un regard sur la jeunesse de notre temps. Du théâtre au cinéma en passant par la danse et les beaux-arts, « Kicks ! » se déploie dans toute la ville et signe, par là, des partenariats aussi précieux qu’intéressants avec l’Eden, Charleroi/Danses et le Ciné Le Parc. Comme cela avait été le cas pour la première édition. De précieuses « Résonances » qui permettent de décloisonner les arts et d’ouvrir le festival au Vecteur par une soirée aux sons des arts numériques et digitaux. « La culture doit être synonyme de lien social, de questionnement, explique Jean-Michel Van den Eeyden. Kicks ! veut poser un regard sur la jeunesse, se demander à quoi elle rêve, quels sont ses coups de gueule et en quoi elle peut réactiver certaines valeurs essentielles, celles que le quotidien peut nous faire oublier. On ne peut plus attendre pour se poser ces questions puisqu’on voit qu’on est capable de faire une révolution dans le monde arabe. « Poumon noir », par exemple, un collectif fondé en 2001 par trois jeunes artistes made in Charlyking, Mochélan, Juien et Nisdo, fortement attachés à leur ville, pose aussi ces questions : c’est quoi être jeune dans cette ville ? Leur envie, leur nécessité de créer était telle qu’elle a suscité le désir chez moi. J’ai donc accepté de les mettre en scène. »

« Nés poumon noir » mêle vidéo, chanson et poésie urbaine, tout en portant un regard sur leur parcours de vie, leurs errances, leurs rêves et révoltes dans le pays noir. La première édition du festival a montré un réel intérêt de la population. Le succès remporté par « Un homme debout », un spectacle qui pose la question de la justice, et le parcours effectué, a dépassé toutes les espérances de l’Ancre qui, pour cette édition, programme, par exemple, le Raoul collectif accueilli lors des pépites, il y a trois ans d’ici. Il ne s’agissait alors que d’une étape de travail. Créé au National en janvier (cf. La Libre du 7/01/12), « Le signal du promeneur » par le Raoul collectif, réunissant cinq jeunes à peine sortis du Conservatoire, mêle, avec un humour savamment dérangeant, choralité et individualités. Tous, acteurs créateurs, veulent apporter une réponse radicale à la quête d’être en vie, qu’il s’agisse de brûler son passeport pour rejoindre la nature et y mourir, de se créer une fausse vie de médecin avant d’assassiner toute sa famille ou de vivre l’annonce d’un cancer comme une ultime libération, la fin d’une vaste comédie. « Une toile d’araignée de cinq histoires réelles, tissées entre elles par l’écho qu’elles provoquent en nous », disent-ils à propos de leur création. De quoi, mine de rien, questionner aussi la société.

Inattendue sera aussi l’approche de l’adoption choisie dans « Les bonnes intentions » par Cathy Min Jung et Rosario Marmol Perez. Même si, au début, il y avait surtout un immense besoin d’amour. Pas si facile pourtant d’adopter une petite fille de trois ans et demi née à l’autre bout du monde. Dès que les premiers regards se croisent, les rêves de bonheur s’effondrent. Parce que l’adoption n’est pas toujours un acte de bravoure, et qu’il est temps de le dire, selon la jeune metteuse en scène et auteur qui a quitté sa Corée natale après son adoption par une famille belge (dès ce 14 février).

Pointons encore l’excellent « Cendrillon » de Joël Pommerat, (Cf. La Libre du 14 octobre), à ne manquer sous aucun prétexte ainsi que, dans un tout autre genre, « We can be heroes », déclinaison, en quelque sorte, du quart d’heure de célébrité de Warhol. « Happening » ou spectacle créé par les habitants de Charleroi ou d’ailleurs, « We can be heroes » clôture trois jours de stage avec sept chansons en play-back, deux performances en pleine rue et une vingtaine d’acteurs amateurs qui se seront d’abord demandé quelles émotions les traversent lorsqu’ils écoutent une chanson puis comment les transmettre. Une initiative du Groupenfonction qui à l’heure d’Internet s’interroge sur la notion de communauté.

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LE SOIR : Les jeunes héros de Charleroi

Le Soir, jeudi 9 février 2012, Page 30

PAR WYNANTS,JEAN-MARIE; MAKEREEL,CATHERINE

Scènes Festival « Kicks ! » dans tous les coins de Charleroi

Adolescent, graine de délinquant ! », grognent les vieux grincheux. « Il n’y a plus de jeunesse », ajoutent les vieilles biques. Violents, désabusés, matérialistes, on les taxe de tous les maux, ces jeunes. Mais n’est-ce pas le principal défaut de l’âge mûr de trouver des défauts à la jeunesse ? Source d’inspiration ou d’inquiétude, âge de tous les possibles, de tous les extrêmes aussi, la jeunesse est à l’honneur du festival Kicks. Durant cinq semaines, dans toute la ville de Charleroi, une sève bouillonnante va irriguer la ville, pour dessiner un Charleroi 3.0, enfin délesté de ses crasseux clichés. Que ce soit par le théâtre, la danse, la musique ou le cinéma, le festival nous plonge au cœur des rêves, des doutes, et surtout de l’énergie des jeunes.

A l’image de la création du spectacle Nés poumon noir par trois jeunes artistes « made in Charlyking ». Trois jeunes, entre 23 et 28 ans, nés en terre carolo, qui n’hésitent pas à porter un regard corrosif sur leur ville, quitte à devenir persona non grata dans leur propre région. Fasciné par leur révolte, Jean-Michel Van den Eeyden, metteur en scène et directeur artistique du festival Kicks, a voulu mettre la puissance de leur propos en forme dans un spectacle entre concert, poésie urbaine et vidéo. « On pourrait dire que c’est un mélange entre le rappeur Akhenaton et du Johnny Cash à la guitare et à l’harmonica », précise le metteur en scène. Au rayon des créations, on attend aussi Les bonnes intentions de et par Cathy Min Jung qui ouvrira le débat de l’adoption pour mettre en lumière les tabous et zones d’ombres d’une telle aventure. Attention : texte fort ! Ce sera la spécialité du festival : lancer un bon coup de pied dans la fourmilière. A l’image de « Pour rire pour passer le temps » de la Cie Artifice, abordant une séance de torture « pour passer le temps » dont la mise en scène rend le public complice malgré lui de plaisirs troubles et témoin des lâchetés ordinaires.

L’arrestation interrogera le préjugé tenace de l’adolescent violent face au policier qui se lâche dans une logorrhée hallucinée sur le pognon, la taule ou la discipline.

Au fil des semaines, le festival emmènera un jury de jeunes à tous les spectacles pour prouver que les adolescents aussi ont l’esprit critique et acéré. « L’idée est de confronter le ressenti et les idées des jeunes à ceux du monde adulte, de rompre la relation d’autorité systématique liant l’adulte à l’adolescent, ouvrir le monde à la jeunesse mais aussi ouvrir la jeunesse au monde. »

Du 14 février au 23 mars à Charleroi.

Tél. 071 314 079. www.ancre.be

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In Vitrine ***

Pour ne pas prendre de risque, certains balisent le moindre événement de leur existence. Le collectif Rien de spécial en fait un spectacle à la forme originale et déroutante. On rit beaucoup de se reconnaître dans de nombreuses situations. Mais on est aussi fortement troublé par l’apparente impossibilité à sortir de ces vies préformatées qui nous sont promises, vendues ou imposées.

8 et 9/3 à l’Ancre.

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Cendrillon

En adaptant Cendrillon à la scène, Joël Pommerat crée un spectacle superbe et bouleversant. Bien loin des clichés du film de prince charmant, il explore les blessures de l’enfance et donne une réelle épaisseur à tous les personnages. On rit énormément mais on se retrouve aussi au bord des larmes dans les moments les plus émouvants. Une réussite totale, pour petits et grands.

17 et 18/3 à l’Ancre.

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You can be heroes ! A Charleroi, c’est à vous de passer sous les feux de la rampe. Avec Le sacre du

You can be heroes !

A Charleroi, c’est à vous de passer sous les feux de la rampe. Avec Le sacre du printemps (20 et 21/3) notamment. Dans ce spectacle de Roger Bernat, inspiré d’une chorégraphie de Pina Bausch, le spectateur devient, sans s’en rendre compte, acteur de la représentation. Vous rêvez d’incarner Pina Bausch un jour dans votre vie ? Pas besoin de savoir danser ! Roger Bernat a créé un dispositif qui vous met au cœur d’un théâtre non pas de la fiction mais de l’action. Avant cela, le formidable We can be heroes (25/2), déjà testé avec bonheur dans les Marolles à Bruxelles la saison dernière, transformera une vingtaine d’amateurs en héros d’un jour. Suite à un stage de trois jours encadré par une joyeuse bande d’artistes français, les participants laisseront exploser leur personnalité, devenant des stars du rock, le temps d’une chanson, en play-back et en public.

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Le Signal du Promeneur

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Une formidable claque, pleine de vigueur, d’humour et d’énergie pour ne pas se résoudre à la triste constatation que notre monde va droit dans le mur. A partir d’histoires vraies réinterprétées à leur façon, les cinq du Raoul collectif livrent un spectacle constamment surprenant, secouant, drôle, émouvant et suscitant une intense activité de nos neurones.

28 et 29/2 aux Ecuries de Charleroi/danses

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L’enfer pavé de « Bonnes intentions » de Cathy Min Jung

Vous exigez mon affection, mon amour. Vous avez payé pour ça, de l’espèce sonnante et trébuchante, alors vous voulez au moins de la reconnaissance. » Dans Les bonnes intentions, Cathy Min Jung n’y va pas par quatre chemins pour raconter cette rencontre manquée avec ses parents adoptifs, agriculteurs wallons, quand elle débarqua de Corée à trois ans et demi.

Son texte fort, douloureux, brise bien des tabous sur l’adoption. Un seul-en-scène qui devrait faire des vagues.

Pourquoi écrire et jouer ce texte aujourd’hui ?

J’ai d’abord réalisé un documentaire autour d’un voyage en Corée. On était alors dans le témoignage. Maintenant, j’ai envie de raconter une histoire. Ce texte n’a rien d’une catharsis. J’ai envie d’apporter le point de vue de l’enfant sur l’adoption. On parle souvent des difficultés des adoptants, mais trop rarement des enfants. Même quand ça se passe dans les meilleures conditions, ça reste quelque chose de très violent. En ce qui me concerne, je pense que je n’étais pas adoptable. J’avais déjà été abandonnée deux fois, et avec les moyens de défense d’un enfant, je m’étais fermée à tout. La rencontre ne s’est pas faite avec mes parents adoptifs, qui n’étaient pas prêts à ce qu’un enfant ne soit pas capable de recevoir et de donner de l’amour.

C’est ce traumatisme que vous racontez ?

Dans le texte, je le décris comme un rapt. Dans les années 70, les enfants qui arrivaient en Belgique n’avaient jamais rencontré ni vu en photo leurs parents adoptifs. Ils arrivaient avec un maigre dossier médical et un tout aussi maigre dossier de l’organisme d’adoption. Un enfant de trois ans et demi perd soudain tous ses repères, plongé dans un pays et une langue qu’il ne connaît pas. A mon histoire, je mêle d’autres faits réels, d’enfants qui ont connu des calvaires. Une par exemple à qui on donnait la bouffe du chien. Mais ça reste une fiction, un conte cruel pour ouvrir le débat.

C’est un sujet empli de contradictions.

J’ai entendu des gens me dire : « Tu as de la chance, tu pourras remercier tes parents. » Des phrases dites sans arrière-pensée mais qui imprègnent en vous un sentiment d’être éternellement redevable. Je me débats encore avec ça aujourd’hui, quand je fais face à des situations de racisme par exemple.

Du 14 au 17 février à l’Ancre, Charleroi. Du 20 mars au 7 avril au Poche, Bruxelles.

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Jean-Marc Mahy, l’homme debout du festival d’Avignon

Un homme debout

Avignon, théâtre de la Manufacture, 20 h 45. Hormis un tabouret, il n’y a rien sur scène. Jean-Marc Mahy entre : «Bonsoir, je m’appelle Jean-Marc Mahy. Je ne suis pas acteur, mais je vous invite à revisiter mon passé.»

Par des gestes précis, il déroule du scotch blanc sur le sol, afin de délimiter la taille de la cellule, celle dans laquelle il va passer plusieurs années. Jean-Marc Mahy a passé près de 20 ans derrière les barreaux et il va, pendant une heure trente, revenir sur ce qui l’a mené jusque-là, du vacarme de son adolescence délinquante au silence assoourdissant de l’isolement total, au fond du cachot.

Un homme debout est un cri, mais un cri positif, celui d’un homme auquel la vie a beaucoup appris, et qui a besoin de lui rendre quelque chose.

A l’isolement, il a fêté ses 20 ans seul, imaginant que les 20 frites qu’on venait de lui apporter signifiait les 20 bougies qu’il ne soufflerait jamais.

Il a passe 6 diplômes en prison, y a lu Baudelaire, Zola, Albert Londres, a fait le tour des religions, s’est aménagé une vie intérieure, elle l’a sauvé. Ce ne fut pas de cas de certains de ses co-détenus, qui sont morts de ne pas savoir lire, de ne pouvoir trouver les ressources à la survie au cachot, car c’est bien de cela qu’il s’agit.

Il a aussi été sauvé par la radio et sa programmation, attendant chaque émission comme autant de cours qu’il n’avait pas eus : la science, l’histoire, le théâtre… Autant de moments que le prisonnier attendait comme une bouffée d’air et le tissage de liens avec l’extérieur, avec la vie. Et il y avait aussi Macha Béranger, qui rythmait ses nuits, et a laquelle il aurait voulu se confier. Il le fait désormais dans son spectacle.

Que l’on ne se méprenne pas : Jean-Marc Mahy ne cherche pas d’excuses à ses actes et la pièce témoigne du respect de ses victimes, jusque dans les applaudissements de fin, qu’il ne peut accepter. Nous sommes ici dans autre chose : certes, il s’agit de theâtre (la qualité du jeu et de la mise en scène en témoignent), mais il est question de réalité, ou du moins du récit d’une réalité qu’il a entrepris de changer. Il est désormais écouté par les politiques de son pays, la Belgique, et les choses bougent.

Jean-Marc Mahy parle avec le public à la suite de sa pièce, lorsque celui-ci a envie de prendre le temps de mieux comprendre sa démarche. Il  est disponible à ceux qui veulent l’entendre, et il poursuit sa mission à travers l’Europe, présentant sa pièce dans de nombreux lieux, au-delà des théâtres.

Au début de cette performance, Jean-Marc Mahy dit ne pas être un acteur, il est en vérité plus que cela : auteur, interprète et acteur réaliste d’une pièce que sa vie lui a imposée, Mahy montre que le theâtre est capable d’aller au-delà du discours, au-delà de la dénonciation, et d’infléchir le monde.

Virginie Spies

Source: Semioblog

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AVIGNON OFF 2011 : Dernière sélection

A deux jours de la clôture du Off d’Avignon, voici la liste définitive de ce que nous avons retenu du Off 2011, actualisée au 29 juillet :

Au Théâtre des Halles (Attention ! terminent ce 29) : Rhinocéros (Alain Timar) un excellent Ionesco en Coréen surtitré : surprenant !, La Mastication des morts (La Vaste entreprise) sur un texte puissant, un travail intéressant, Pansori Brecht (Pansori project) fort et déroutant, Discours de la servitude volontaire (Cie avec vue sur la mer), avec l’excellent François Clavier, Que d’espoir ! (Du jour au lendemain), Vernissage (Le Tamanoir)…

A La Manufacture : Alaska Forever (Cie artefact) très bon, La Fête (collectif De Quark), forme courte réjouissante, Grammaire des mammifères (Locus Solus) excellent, Un homme debout (Jean-Marc Mahy), autobiographique et émouvant, La dernière berceuse (Louis Arene), plutôt enlevé…

Au Théâtre du Chêne Noir (Attention ! clôturent aujourd’hui 29) : Si Siang Ki (Gérard Gelas) un beau Gelas très visuel, très Opéra, Hand Stories (Théâtre Vidy-Lausanne) remarquable, Eclats de vie (Jacques Weber) du bon Weber, Pagagnini (Yllana/Ara Malikian), théâtre musical d’excellente facture…

A La Condition des Soies : The Keyman (Scarecrow Dance Cie) superbe…

A la Caserne des Pompiers : Valses en trois temps (C. & F. Ben Aïm), élégant…

A La Luna : Les Lois de la gravité (Jean Teulé), classique mais efficace, Nosferatu(Musicarteatro), ciné-concert déjanté et esthétique, La Fille du Général (La Troupe du Levant) …

Au Théâtre des Carmes/André Benedetto : Urgent Crier (Philippe Caubère) du bon Caubère, Sarvil (Les Carboni) comédie foraine à la Marseillaise , et Lear et son fou (J.C. Drouot), belle prestation…

Au Grenier à SelOn ne paie pas ! On ne paie pas ! (Icare), un Dario Fo enlevé et réjouissant…

Aux Hivernales : Keep in-out (Gaetano Battezzato), Cyclus (Cie Elyamni)…

Au Théâtre de l’Oulle : la Pitié dangereuse (Cie carinae) belle restitution du texte de Zweig, Flamenco y puro (Luis de la Carrasca) le nouveau spectacle de la Cie, très Flamenco…

Au Théâtre du Bourg-neuf : Horowitz (mis) en pièces (les Aléas)…

Villeneuve en Scène : La seconde surprise de l’amour (Cie Tandaim), un Marivaux réactualisé de belle manière, en clin d’oeil à Sophie Calle, Les demeurées (Begat Theater) fort et intimiste…

On n’aura pas raté : Forever young (Jean François Matignon / La Manutention), couillu et engagé, Songe d’une nuit d’été (Kronope / Fabrik Théâtre) très Commedia, une belle performance d’acteurs, Premier Amour (Alain Macé / 3 soleils) excellent, A tout va(Choses dites / 23 Place des Carmes) Un cycle de lectures autour des textes de Gabily…

Et aussi : Faust (Cartoon Sardines / Collège de la Salle) Quand Cartoon sardines s’y met, ça cartonne !, Médée (Diana Dobreva / Petit Louvre) bel objet esthétique, Antonio Negro, pour les amateurs de Flamenco, de vrai, un superbe guitariste de la grande tradition, dont on vous avez déjà parlé l’an passé (La Parenthèse) Sortir de sa mère(Pierre Notte – Les Déchargeurs / Les 3 Soleils), Belle du Seigneur (Présence Pasteur),Electre (Présence Pasteur) Eloge de l’oisiveté (Doms), Métallos (l’Entrepôt)…

Plus que deux jours… Bonne et festive fin de festival !

Sophie Héliot

Source: Le Bruit du off

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Un homme debout, L’OVNI du festival

Cet homme debout, c’est peut-être l’OVNI du festival.

En prison, il est abandonné de tous, famille, avocat, aumônier, il résiste aux humiliations, aux mauvais traitements, la radio lui ouvre des portes, il y glane une éducation, y perçoit des perspectives, elle l’aide à se relever.
Finalement il sort de prison, plusieurs diplômes en poche, fait une formation d’éducateur pour jeunes délinquants et désormais se consacre à tenter de faire que ceux qui sont un peu ses petits frères évitent le pire.

Jean-Michel van den Eeyden du théâtre de l’Ancre a aidé Jean-Marc Mahy à porter son témoignage en assurant la mise en scène, soignée. C’est un témoignage choc. Est-ce un spectacle ? L’auteur interprète ne revient pas saluer le public saisi d’émotion qui applaudit la scène désertée.

Alain Pécoult

Source: LaProvence.com

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Biennale de Charleroi/Danses

Charleroi bouillonne de nouveautés… En matière de danse, on se régale avec le retour de la Biennale de Charleroi/Danses, un festival qui portera son regard vers les sources, mais reste résolument ancrée dans le présent! Outre leurs artistes résidents et chorégraphes de notre Communauté, les habitants de Charleroi auront aussi leur rôle à jouer avec un projet participatif. Et c’est pas fini! Le Brésil sera également à l’honneur: Charleroi/Danses s’associe cette année au festival europalia.brasil, pour faire voler en éclats les idées reçues sur ce pays-continent.

Dans le cadre de la Biennale de Charleroi/Danses 2011, L’Ancre accueille Still Alive – Vanitas de Barbara Mavros Thalasitis,  artiste en résidence à Charleroi/Danses depuis 2008.

N’attendez plus, faites donc vos choix! Pour découvrir l’ensemble de la programmation de ce festival consultez la brochure de la Biennale ou le site de Charleroi/Danses.


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La Biennale, ça commence aujourd’hui!

Vous ne l’ignorez plus, La Biennale s’ouvre aujourd’hui!

Et l’on commence par un petit bijou inédit, confrontant cinéma, danse, texte, théâtre et bricolages de génie. Kiss & Cry est un objet cinéchorégraphique plus qu’étonnant, qui invite le spectateur à assister au même instant à un spectacle chorégraphique singulier, à une séance de cinéma ainsi qu’au making of du film.

L’Ancre est tout aussi ravi faire partie de l’aventure, en accueillant le dans le cadre de la Biennale de Charleroi/Danses 2011,  Still Alive – Vanitas de Barbara Mavros Thalasitis,  artiste en résidence à Charleroi/Danses depuis 2008.

Pour découvrir l’ensemble de la programmation de ce festival consultez la brochure de la Biennale ou le site de Charleroi/Danses.

Atelier Jeux Critiques

Coups de cœur, coups de gueule, interviews, voire mémoire photographique… Les participants à l’atelier critique alimenteront un blog pour une chronique critique originale de la Biennale 2011.

Fort du succès de l’atelier critique initié à l’occasion de sa précédente Biennale, Charleroi/Danses reprend l’idée et vous invite à participer à une plateforme de critiques amateurs, sous forme d’un atelier à nouveau dirigé par Olivier Hespel, critique et dramaturge. En texte avant tout (mais aussi en son et en photo), affiner son regard de spectateur, aiguiser son esprit critique et diffuser le tout sur un blog : les objectifs concrets de cet atelier. Les participants sont invités à suivre l’ensemble de la programmation de la Biennale. Le travail d’atelier se déroulant en grande partie, avant et après les représentations, une certaine disponibilité est demandée. Une capacité d’écriture minimale est également souhaitée.

Pour découvrir le travail de l’atelier version 2009, visitez :http://biennalecharleroidanses.blogspot.com

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KICKS! approche à grand pas!

KICKS! démarre dans quelques jours… voici ce qui vous attend pour cette semaine:

Overture officielle du festival à 18h30 avec le vernissage de l’exposition « Jeunesses exposées » par les élèves du cours pluridisciplinaire de Michel Mousset de l’Académie des Beaux-Arts de  Châtelet. Plus d’infos ici.

Durant tout le  festival, L’Ancre accueillera l’exposition de leurs œuvres (installations, peintures, dessins, photos, sculptures). L’expo restera accessible du mercredi 15 février au vendredi 23 mars dès 19h, les soirs de représentation à L’Ancre. En journée, sur réservation. Entrée gratuite.

Nous continuons la soirée avec la première représentation en Belgique de la dernière production de L’Ancre: Les bonnes intentions, de et par Cathy Min Jung, mis en scène par Rosario Marmol Perez. Auteure et interprète, Cathy Min Jung part de son récit de vie et vous emmène à la rencontre de ces trois êtres abîmés dont la vie quotidienne, de mensonges en petites cruautés, se transformera insidieusement mais inexorablement en un combat acharné. Histoire de vous souffler avec une poésie, sombre et pure à la fois, que l’enfer peut être pavé de bonnes intentions… Plus d’infos ici.

Dès la fin de la représentation du spectacle Les bonnes intentions, DJ Vice & DJ Eskondo vous attendent aux platines et nous vous attendons au bar pour finir la soirée en beauté!

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Clip KICKS! 3.0 by KLUH

CHARLEROI IS GONNA « KICKS! » YOUR ASS!! LE FESTIVAL KICKS! DEBARQUE A CHARLEROI POUR 40 JOURS EXPLOSIFS !! LE PAYS NOIR VIBRERA AU RYTHME DE LA JEUNESSE JUSQU’A L’AUBE DU PRINTEMPS!

Découvrez tout de suite le clip du festival, réalisé par le KLUH Team ICI

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La Culture comme un coup de pied

CHARLEROI - Le festival « Kicks ! » va vivre sa troisième édition, du 14 février au 23 mars, à l’Ancre et dans tous les lieux culturels de la ville.

Attention, le jeu de mots s’ajoute au jeu du théâtre : dans la langue de Shakespeare, « kicks » désigne aussi bien un coup de pied littéral qu’un plaisir que l’on ressent, particulièrement lié au monde de la jeunesse, comme l’atteste l’expression « teenage kicks ». En français, d’ailleurs, on peut aussi bien taper du pied que prendre son pied. Et l’Ancre entend bien réussir les deux, avec cette troisième édition de son festival « Kicks ! – Regards sur la jeunesse ».

Comme le rappelle aussitôt Jean-Michel Van Den Eeyden, directeur artistique de l’écrin de la rue de Montigny : « Kicks ! n’est pas un festival de théâtre pour la jeunesse mais bien un festival qui parle des enjeux de la jeunesse et s’adresse à toutes les générations ». Depuis 2010, le rendez-vous a trouvé ses marques et pris son ampleur, avec un programme d’une richesse et d’une consistance rares. « Et des résonances de plus en plus importantes à travers les autres acteurs culturels de la métropole », souligne Jean-Michel Van Den Eeyden (lire ci-contre).

Avec un rythme actuel de biennale en alternance, « Kicks ! » vit donc sa troisième édition mais la deuxième seulement présentée en terres carolorégiennes, après une édition 2011 délocalisée en banlieue parisienne.

Une nouvelle ASBL partenaire

En quelque quarante jours, « Kicks ! » va donc enchaîner les grands moments et les petits plaisirs, grâce notamment à un partenariat tout neuf avec une ASBL qui ne l’est pas moins : « KLUH existe depuis l’été dernier, il y a six mois à peine, révèle Julien Verbayst, de ladite ASBL « KLUH » et connu aussi pour son action au sein d « Charleroi Face B ». Notre objectif, c’est de promouvoir les acteurs culturels et la vitalité de la Ville à travers des réalisations vidéo ». L’équipe de KLUH a donc ainsi non seulement réalisé un clip d’annonce de ce « Kicks ! » 2012 mais suivra aussi l’évènement de manière quotidienne. « Chaque lundi, pendant la durée du festival, nous inviterons le public à un débriefing vidéo qui prouvera combien Charleroi se fédère et bouge », explique Julien Verbayst.

Jean-Michel Van Den Eeyden conclut :« Le festival « Kicks ! », c’est réellement un coup de pied dans la fourmilière. C’est à la fois al volonté artistique d’utiliser la Culture comme vecteur de réflexion mais aussi l’espoir que la Culture aidera au changement de la société ».

Sébastien Gilles

jeudi 26 janvier 2012, Vers L’Avenir

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40 jours pour faire les 400 coups théâtraux

CHARLEROI - Le festival « Kicks ! regards sur la jeunesse » propose un nombre impressionnant de spectacles, du 14 février au 23 mars.

Tout démarre donc le jour de la Saint-Valentin, avec« Les Bonnes Intentions », de Cathy Min Jung. Présenté jusqu’au 17 février, à l’Ancre, ce monologue « évoque mon récit de vie réel puis glisse dans une pure fiction », évoque l’auteure, qui précise : « Mon objectif de départ, c’était d’évoquer la thématique de l’adoption en changeant le point de vue habituel. J’ai voulu me concentrer sur l’expérience vécue par l’enfant plutôt que celle des parents ».

L’espace public sera ensuite envahi, le 25 février, par la dernière création du collectif « Groupenfonction », intitulée« We Can Be Heroes ». À l’instar de la chanson de David Bowie, l’installation théâtrale va permettre à une vingtaine de Carolos lambdas de jouer à la « rock star ».

L’Ancre accueillera, les 24 et 25 février, le nouveau spectacle multimédia du groupe« Poumon Noir », qui creuse son sillon depuis une décennie dans le milieu hip-hop et la culture urbaine.

Le mois s’achèvera sur« Le Signal du Promeneur », aux Écuries de Charleroi-Danses, les 28 et 29 février. Signé du « Raoul Collectif », ce spectacle jubilatoire fait se télescoper cinq trajectoires de vie plus ou moins tragiques, inspirées de faits réels.

En mars, et ça repart…

L’Ancre s’agitera à nouveau dès le premier mars (et jusqu’au trois mars inclus), avec« L’arrestation », de l’Amin Compagnie Théâtrale. Ce duel rêche et verbeux entre un présumé délinquant et un policier hargneux risque fort de marquer tous les publics mais à plus forte raison, les ados.

« Kicks ! » continue, les 5 et 6 mars, à l’Ancre, avec« ETB », soit les initiales d’Elisa, Thomas et Bilal, les trois protagonistes de cette fable douce-amère sur la violence des sentiments amoureux à l’âge ingrat. Un récit écrit et mis en scène par Christiane Girten.

Les 8 et 9 mars, le rire un rien jaune sera aussi au programme avec« In Vitrine », du collectif « Rien de spécial ». Ou comment continuer à s’amuser au-delà de l’âge de 35 ans…

Grand moment, le week-end des 17 et 18 mars, à l’Ancre, avec« Cendrillon », le conte de fées, devenu conte défait, usé jusqu’à la trame, revisité par le dramaturge Joël Pommerat.

Les 20 et 21 mars, enfin, le cœur du festival cessera de battre, aux Écuries, avec le pari de la compagnie Roger Bernat : amener des citoyens sans expérience à danser le« Sacre du Printemps »sur la chorégraphie de Pina Bausch.

Tarifs, horaires réservations et programme des résonances, sur le site.

Sébastien Gilles

vendredi 27 janvier 2012, Vers L’Avenir

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Les résonances donnent encore plus de sens

CHARLEROI - C’est évidemment l’une des forces de « Kicks ! » : s’il le festival est organisé par l’Ancre dans ses murs, il les quitte également et rassemble un nombre impressionnant de partenaires pour bâtir, pendant plus d’un mois, une tour de Babel culturelle dans laquelle, pour une fois, tout le monde se parle et se comprend.

Charleroi-Danses, le Musée des Beaux-Arts, le Vecteur, l’Eden, le PBA, l’Académie des Beaux-Arts de Châtelet, l’Université du Travail, le Ciné Le Parc, le Rockerill sont ainsi autant d’acteurs directs du festival qui apportent leur brique à cette construction qui finira par atteindre les nuages.

Le Conseil des Jeunes de la Ville de Charleroi est, de son côté, une nouvelle fois mobilisé pour constituer un jury critique qui remettra son prix « coup de cœur » en fin de festival. « L’avantage pour nous, explique la représentante du Conseil des Jeunes, c’est que le jeune public découvre des modes d’expression théâtrale qui vont au-delà du théâtre classique qu’ils découvrent avec l’école ».

Jean-Michel Van Den Eeyden avoue : « De ces quatre premières années passées à la tête de l’Ancre, je tire le plus de fierté de la création du festival « Kicks ! ». C’est vraiment l’évènement qui fait le plus sens et représente le mieux le projet fondateur de l’Ancre au sein du monde culturel carolo.

Sébastien Gilles

vendredi 27 janvier 2012, Vers L’Avenir

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