The Revenger’s Tragedy : Flash flow III

The Revenger’s Tragedy : Flash flow

Mis en ligne le 15/05/2013

 

The revenger's tragedy : Flash Flow

La pureté des mœurs est-elle tyrannie ? La vengeance est-elle justice ? Dans la pièce fleuve vieille de quatre siècles – attribuée à Cyril Tourneur ou Thomas Middleton, contemporains de Shakespeare -, on suit un homme en deuil de sa fiancée, devenu fanatique de pureté, poursuivant sa quête vengeresse avec un entêtement qui conduira à des situations aussi mortelles qu’absurdes.

Anne Thuot a conçu et met en scène cette adaptation libre (écriture et traduction de Caroline Lamarche et Alice Hubball) présentée ici sous forme de flash flow, « focus sur un temps de création » : une première attaque scénique possible de ce texte oscillant entre farce de mœurs et conte moral. Une exploration de notions toujours actuelles : corruption des sentiments, justice, vengeance Un travail entre distance cynique et engagement romantique, le tout mû par une volonté de jouer avec une esthétique du décalage. Avec Marie Bos, Alice Hubball, Francesco Italiano, Natacha Nicora, Hervé Piron, Gilles Pollet et Anne Thuot.

 

Marie Adam

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The great disaster

    de Patrick Kermann

par  Christophe Lambert
et  Virginie Strub

 jeudi 2 et vendredi 3 mai – 20h30 
au Théâtre de L’Ancre
GRATUIT 

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Remarquée à L’Ancre la saison dernière lors des Lectures Polonaises, Virginie Strub (artiste en compagnie à L’Ancre) est une metteuse en scène à l’humour grinçant… Fondatrice de la Kirsch Compagnie, elle se consacre essentiellement à ses recherches sur l’oralité et sur les techniques de l’acteur.

Après deux semaines de résidence, Virginie Strub  et Christophe Lambert présentent une « plus-que-lecture » du texte  The great disaster de Patrick Kermann.

Gratuit  > > >  Réservation obligatoire (jauge restreinte) !

 

 

c’est l’histoire de l’homme qui lavait les petites cuillères sur le Titanic
mais en fait non

 

c’est l’histoire d’un homme comme les autres
un peu poète un peu lourd
un peu amoureux un peu salopard
un peu brave un peu lâche
un peu philosophe un peu raciste
un peu sage un peu gossesauf que lui il est mort et qu’il regarde les vivants
et le temps qui passe
sauf que lui il est mort et qu’il parle des vivants
du fond de la mer
lucide
mais en fait non

 

c’est l’histoire des hommes comme les autres
qui croient au fins et aux commencements
et qui se croient modernes forcément
et plus sages et plus forts
et que plus rien ne sera comme avant
que ce sera bien mieux forcément
alors que alors que
ils n’étaient ne sont ne seront
que pareils à eux-même en fait
mais en fait non

 

c’est l’histoire de l’Homme et du temps
qui passe et ne passe pas
et recommence encore et encore
mais en fait non

 

c’est l’Histoire de l’Homme
mais en fait non

et tout finirait ainsi

c’est l’histoire d’un trajet à deux
un comédien une metteur en scène
qui commence par une rencontre forcément
il y a près de dix ans
qui commence par un « je te connais pas mais ce texte me parle et je sais que je dois le faire avec toi »
et un « je te connais pas mais oui moi aussi ce texte me parle et on le fera quand ce sera le moment »
il y a près de dix ans
et après près de dix ans c’est le moment
alors on le fait
on se met à la table et on le fait

 

c’est l’histoire d’un trajet à deux
autour de la langue
de l’amour de la langue
pendant près de dix ans
qui commence par une rencontre forcément
autour de la langue
de cette langue-ci
et qui aujourd’hui encore
continue et recommence
autour de la langue et de cette langue-ci
en fait
entre autres

 

c’est l’histoire de cette langue
de ces mots qui ne se disent que la nuit
- c’est le personnage qui l’a dit -
et qui pourraient juste se dire dans le noir
en fait
et puis c’est tout
et qu’aujourd’hui on commence par juste dire
juste lire
en fait
et puis c’est tout
et après on verra

et tout finirait ainsi

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Histoires pour faire des cauchemars à la Balsamine

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Le spectacle jeune public accueilli en décembre dernier passe en pré-sélection du Festival de Huy à la Balsamine le jeudi 2 mai à 10h et le samedi 4 mai à 16h !

Invitations pour les professionnels : vincent@ancre.be / 0487 87 93 01

Plus d’infos sur le spectacle ici.

Dossier de présentation, photographies, fiche technique et conditions de tournée disponibles sur demande.

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J’ai enduré vos discours… au Rond-Point

Anne Thuot et sa Cie ont été sélectionnés par le Comité de lecture du Théâtre du Rond-Point (Paris).

Avec J’ai enduré vos discours et j’ai l’oreille en feu, Anne Thuot, artiste en Cie à L’Ancre, y présentera mardi 2 avril à 12h30 sous forme de lecture le résultat de deux premiers temps de création, les Flash Flow I et II (forme qui a également été présentée dans le cadre des Midis du théâtre au BOZAR, Bruxelles). Une traduction de Caroline Lamarche autour d’une pièce élisabéthaine cristallisant des enjeux dramatiques à priori classiques. La lecture de cet univers qui se traverse de toutes parts amène quant à elle une modernité et un décalage à la forme. Autour d’un texte et de sa lecture, différentes interprétations et incarnations voient ici le jour…

Un processus de travail qui se poursuivra à L’Ancre en mai avec un troisième temps de création plateau et des représentations du 16 au 18 mai, ainsi qu’à La Balsamine avec représentation le 28 juin.

« Mise en jeu, mots, images et multiples lectures, pour public averti ou non, d’une pièce élisabéthaine, The Revenger’s tragedy. Viol, meurtre, inceste, mort et mélancolie : un noeud d’intrigues qui naissent et se décomposent en un fabuleux kaléidoscope. La pièce se traverse de biais, de côté, par dessous, par dessus. Sa complexité est un luxe : celui de notre liberté. J’ai enduré vos discours et j’ai l’oreille en feu, ou Flash Flow I/II, met en scène les principaux personnages, dont Vendice déterminé à venger le viol et la mort de sa fiancée Gloriana, et sa soeur Castiza qui, neuf années durant, a absorbé la mélancolie de son frère et s’en libère au moment de l’action. »

Plus d’infos sur la lecture au Rond-Point :

http://www.theatredurondpoint.fr/saison/fiche_evenement.cfm/146573-la-tragedie-de-la-vengeance.html

Contact :

vincent@ancre.be – 071/314.079

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Une autobiographie dansée

La chorégraphe argentine fait appel à ses souvenirs dans le spectacle 25.06.76 (version 2013)

DANSE CHARLEROI Lors de chaque saison théâtrale, l’Ancre laisse la place au moins une fois à la danse. C’est ainsi que le théâtre carolo accueille en ce moment la chorégraphe Ayelen Parolin. Elle présente le spectacle 25.06.76 (version 2013) qui n’est autre que sa date de naissance.

Comme son nom l’indique, ce solo de danse ne cesse d’évoluer puisqu’il est basé sur les expériences vécues par la chorégraphe. “La première version date de 2003. Je continue à jouer cette pièce mais je la recrée à chaque fois”, explique Ayelen Parolin. “Une partie est écrite définitivement et le reste se compose sur le moment même en fonction de ce que je vis.”

25.06.76 est un spectacle autobiographique dans lequel la chorégraphe présente ses souvenirs, ses habitudes, des images du passé. “Je reprends des morceaux de pièces que j’ai jouées et qui font partie de moi. Il y a des extraits de spectacles interprétés à l’école quand j’avais sept ans, les créations présentées lors de mes premiers festivals de danse, le travail réalisé dans certaines compagnies et mes propres pièces.”

Le public en apprend ainsi davantage sur Ayelen Parolin. L’idée de mettre sur pied cette création très personnelle lui est venue à son arrivée en Belgique. “Je viens d’Argentine et je voulais montrer aux gens ce que je savais faire, que j’étais là. Ce spectacle me définit complètement mais j’y apporte également des choses nouvelles.”

La mise en scène est très sobre puisqu’il n’y a ni décor ni musique, seulement Ayelen Parolin et ses souvenirs. Si la base du spectacle reste la même, elle n’est jamais rodée à l’exercice. “Je ne présente pas les choses de la même manière à chaque fois. C’est donc toujours une première. Il faut trouver les nouveaux timings lors de chaque représentation. Je ne suis donc pas aussi confortable que si la pièce était parfaitement rodée.”

La chorégraphe se dévoile ce soir et demain à 20 h 30 sur la scène de l’Ancre, situé à la rue de Montigny, 122, à Charleroi.

M. Ad.

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Pour une justice pédagogique

DUNSKI, CAROLINE

Page 28

Lundi 18 mars 2013

Charleroi « Un homme debout » sur la scène de l’Ancre

Elle devait être jouée une douzaine de fois. En définitive, depuis sa création au théâtre de l’Ancre il y a trois ans, Jean-Marc Mahy, son interprète qui y raconte sa propre histoire, et Jean-Michel Van den Eeyden, le metteur en scène, comptabilisent 150 représentations de « Un homme debout ».

La pièce retrace le parcours carcéral d’un ado délinquant juvénile devenu meurtrier à deux reprises, par un dramatique enchaînement du sort. Pour autant, Jean-Marc ne renie pas sa responsabilité et ne considère pas la création théâtrale comme un plaidoyer contre la prison où il est resté 19 années, depuis l’âge de 17 ans. Dix-neuf années qui l’ont vu passer du désespoir le plus profond à l’envie de rester debout.

Chaque représentation est suivie d’une rencontre avec le public. Fin février, début mars, pendant trois semaines, des séances scolaires et associatives se sont tenues au théâtre de l’Ancre. En trois ans, Jean-Marc Mahy a reçu quelque 6.000 lettres de jeunes rencontrés dans les écoles, les associations, les IPPJ… Samedi, à l’occasion d’une séance tout-public, le débat se faisait en présence d’Annick Hovine, journaliste à La Libre Belgique, et de Dan Kaminski, professeur en criminologie à l’UCL. La journaliste souligne combien le récit de Jean-Marc, un an après sa sortie de prison en 2003, l’a touchée. Elle regrette les rendez-vous manqués entre l’ado et les adultes qu’il a nécessairement croisés avant de sombrer dans la violence. « Si le juge de la jeunesse ne s’était pas dessaisi, il n’y aurait sans doute pas eu de deuxième mort. »

Dans le public, quelqu’un souhaite savoir quel a été le processus de création qui a donné lieu à Un homme debout. Jean-Michel Van den Eeyden explique que le travail s’est fait sur le plateau, à partir d’improvisations autour du récit de Jean-Marc. « Au début, il n’était pas prévu qu’il joue son propre rôle, puis j’ai eu l’intuition qu’il en était capable. Nous avons ensuite travaillé avec un psychologue pour qu’il y ait un filet, que cela ne détruise pas Jean-Marc. » «Pour moi, jouer, c’est salvateur, confie l’intéressé. Ça m’a appris à canaliser ma violence. Si j’avais rencontré quelqu’un qui m’avait parlé de la réalité de la prison, je me serais donné les moyens de l’éviter. » L’ancien détenu, devenu éducateur et formateur d’agents pénitentiaires, prône une justice réparatrice, soulignant combien les familles et les proches, des coupables comme des victimes, ont à souffrir des conséquences des actes commis. Il insiste aussi sur la nécessité de laisser de l’espoir aux condamnés et plaide contre l’incompressibilité des peines, pour que celles-ci aient un sens pédagogique et permettent une réinsertion dans la société.

Le 16 septembre 2013, la liberté conditionnelle de Jean-Marc Mahy prendra fin, il aura payé le solde de sa dette à la Justice. En attendant, l’homme, debout, entend convaincre les jeunes déboussolés que la prison ne fait pas l’homme et que chacun porte en soi les trésors qui permettent de grandir pour devenir adulte.

 

 

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Il s’est relevé plus de 150 fois

Jean-Marc Mahy livre une dernière fois son témoignage à l’Ancre ce week-end

 

Un homme debout © Luciana Poletto (5)

THÉÂTRE CHARLEROI Jean-Marc Mahy est passé par une période très noire dans sa jeunesse. Il a plongé dans la délinquance à 17 ans. Sa vie a basculé le jour où un de ses actes a entraîné la mort de quelqu’un sans intention de la donner. La sentence est lourde : Jean-Marc Mahy passera 20 ans en prison.

 

À sa sortie, il est détruit mais il cherche vite à se reconstruire. “J’ai commencé à témoigner de ma vie d’ex-détenu trois mois plus tard”, explique-t-il. “Un jour, j’ai rencontré Jean-Michel Van den Eeynden de l’Ancre et il a voulu monter un spectacle autour de mon histoire.”

 

C’est comme ça que la création Un homme debout est née il y a trois ans. “Sa parole m’a troublé”, enchaîne le directeur de l’Ancre. “Il avait besoin de s’exprimer. Je lui ai demandé de me raconter son parcours. Au final, je me suis rendu compte qu’il était capable de porter le spectacle seul sur scène”.

 

Régulièrement Jean-Marc Mahy raconte donc son récit avec des mots trash. “Je m’adresse surtout aux jeunes car ils ont une méconnaissance de la prison. Ils pensent que ça se passe comme dans Prison break, qu’il y a des gros caïds, des évasions. Mais ce n’est pas ça. Mon but est de leur transmettre quelque chose. La prison détruit l’individu. Je ne demande pas qu’elle soit supprimée mais le système carcéral tel qu’il est actuellement est inutile”.

 

Il pense , par exemple, au peu de chances qu’a un ancien détenu de se réinsérer dans la société. “Il y a 9 ans et demi que je suis sorti, je n’ai toujours pas de statut. On me refuse des emplois. La réinsertion prend du temps. Il faut faire de bonnes rencontres. Moi, ça m’a amené au théâtre qui a été salvateur. Quelqu’un qui sort de prison n’a pas confiance en lui, personne n’a confiance”. Jean-Marc Mahy veut faire passer tous ces messages à travers sa pièce et, surtout, lors des rencontres avec le public prévues après chaque spectacle. Après plus de 150 représentations, il a reçu 6.000 lettres de jeunes. “Cela signifie qu’ils y réfléchissent par la suite. C’est le but.” Le comédien sera une dernière fois à l’Ancre ce week-end avant de poursuivre son combat pour une justice “restauratrice” telle qu’il la prône à travers son asbl Re-vivre.

 

M.Ad.

 

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Portrait : JMVDE, Prix des Arts de la Scène

On vous l’annonçait la semaine passée, la Province de Hainaut vient de décerner ses Prix pour l’année 2012. L’occasion de mettre en lumière un éventail de disciplines et de pratiques, en l’occurrence la littérature, les langues régionales endogènes, l’éducation permanente et les arts de la scène, puisque quatre récompenses ont été attribuées.

Dans les prochaines semaines, nous vous proposons de partir à la découverte des lauréats. Premier focus : Jean-Michel Van den Eeynde, directeur du Théâtre de l’Ancre à Charleroi, Prix des Arts de la Scène.

Metteur en scène, acteur et pédagogue, Jean-Michel Van den Eeynde est directeur artistique de l’Ancre depuis 2008. « Cela fait tout juste cinq ans. Recevoir un prix après cinq années de travail acharné, c’est symboliquement important ». Metteur en scène au regard aiguisé, son objectif principal est de sensibiliser les publics aux problématiques de la société contemporaine. Et pour cela, il reconnaît la nécessité de « sortir des murs ». « Un lieu culturel ne doit pas tourner en vase clos, avec seulement son public, ses habitués. Nous avons choisi de mener certains projets en dehors de chez nous, avec des collaborations extérieures. La culture prend alors tout son sens : interpeller, surprendre, être là où on ne nous attend pas, donner la vision d’un monde qui se construit ». 

Considéré à son arrivée à Charleroi comme « ambitieux, voire un peu fou », il est, toutefois, parvenu à mener à terme tous ses projets. Il est, à présent, temps de renégocier le contrat-programme de l’Ancre et, à ce sujet, il est tout à fait clair : « j’ai la réputation de frapper à beaucoup de portes mais nous n’avons pas les moyens de nos ambitions, nous avons besoin d’aide pour défendre notre espace de liberté, un espace de rencontre qui ne doit pas être uniquement déterminé par la programmation ou la fréquentation ». Il déplore, également, le lien de plus en plus étroit entre la culture et le divertissement : « ce n’est pas le même travail. » Selon lui, il est temps de trouver un juste équilibre des politiques culturelles, pour que le travail puisse se poursuivre sans que les équipes (« trop réduites ! ») s’épuisent et que le bâtiment (« jamais rénové depuis 40 ans ») ne devienne vétuste. « On me demande souvent d’en faire moins mais cela, je m’y refuse. Je ne veux pas rogner sur l’envie, l’ambition, la création. Pour moi, c’est une nécessité et je ne veux pas me trahir sur ce point ». La messe est donc dite : sans amélioration des conditions de travail, Jean-Michel Van den Eeynde ne s’engagera pas pour cinq années supplémentaires. « Ce n’est pas du chantage, c’est une réalité. Pour se développer, un projet a besoin de soutien sur le long terme ».

Il n’est jamais inutile de le rappeler : les besoins, en matière de culture, sont criants. A travers ses Prix, la volonté de la Province de Hainaut est de révéler la vitalité culturelle de sa région, attirer l’attention sur un artiste en devenir, consacrer un créateur confirmé, susciter la naissance de nouveaux talents. « C’est important de savoir que notre travail est valorisé, pris en compte. Le Hainaut a besoin d’initiatives fortes, de montrer ce dont il est capable. Mons 2015 devra, à mon sens, rayonner dans toute la province ».

En ce qui concerne l’avenir, Jean-Michel Van den Eeynde se concentre, entre autres, sur une nouvelle création, avec le rappeur carolo Mochelan – gagnant de l’édition 2010 de l’Envol des Cités, également un projet provincial d’aide aux artistes locaux – pour « Nés poumons noirs », un spectacle déjà présenté dans le cadre du Festival de Liège et qui sera programmé en juillet prochain à Avignon.

©Luciana Poletto

Infos : www.ancre.be
Facebook : L’Ancre Charleroi 

Quelques dates :
En 2005, il crée « Stone », avec le Théâtre de la Guimbarde. Inspiré d’un fait divers, il interroge la place de la justice dans les délits des mineurs et leur responsabilité dans la portée de leurs actes.
En 2006, il cofonde le Kollectif Barakha. Premier projet de la compagnie, « Push-up » a pour thématiques le monde du travail et les relations entre des jeunes cadres « dynamiques », prêts à tout pour sauver leurs places et monter activement dans l’échelle sociale.
En 2009, il crée « Mère sauvage », d’après la nouvelle éponyme de Guy de Maupassant, dans une adaptation de Paul Pourveur.
En 2010, « Un homme debout », créé avec Jean-Marc Mahy, poursuit la réflexion déjà abordée dans « Stone » : sensibiliser la jeunesse, sans adopter une posture moralisatrice mais plutôt un éventail de pistes sur les alternatives possibles, les issues à la violence et à la justice restauratrice.
En 2012, issu d’une collaboration entre le Kollectif Compagnie Barakha, la compagnie marocaine Daha Wassa et l’Amin Cie Théâtrale, « Garuma ! » explore les réalités et les contrastes de notre monde contemporain à travers la jeunesse belge, française et marocaine. Il s’agit d’un projet d’envergure internationale qui s’interroge sur notre inexpugnable besoin de héros, sur la nécessité d’espérer.

 

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Une date supplémentaire !

Suite au succès rencontré par Un homme debout sur la série destinée aux scolaires et au monde associatif (c’est au total plus de 1000 élèves qui vont découvrir la pièce) et aux demandes qui continuent d’affluer pour une unique séance tout-public bien rapidement complète, nous avons décidé d’ouvrir une nouvelle séance au public le dimanche 17 mars à 16h.

Attention, notre salle est à jauge limitée, ça va partir très vite !

Réservations : 071/314.079 ou info@ancre.be

Ecoutez ici l’interview d’un professeur venu avec des jeunes placés en IPPJ.

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JMVDE : Prix du Hainaut 2012

 JEAN-MICHEL VAN DEN EEYDEN  récompensé pour  LA PROGRAMMATION DE L’ANCRE  au Prix du Hainaut 2012 

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Jean-Michel Van den Eeyden, notre directeur, a reçu hier soir le Prix du Hainaut pour la meilleure programmation théâtre ! Et nous ne sommes pas peu fiers!

C’est aussi la reconnaissance de son travail obstiné depuis 2008. Son envie ? Défendre la création contemporaine à Charleroi et rendre la culture de qualité accessible à toutes et à tous. Pour vous proposer un théâtre qui cherche chaque jour à ouvrir, défricher, explorer, dénoncer, créer, rencontrer, intensifier, imaginer… aiguiser votre curiosité et partager avec vous ce qui fait la richesse du monde et d’une certaine humanité.

N’attendez plus!
Visitez notre site internet,
inscrivez-vous sur notre newsletter pour être au courant de nos activités,
enfin… poussez la porte du théâtre et vivez l’aventure avec nous!

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Un homme debout sur les routes

Le seul en scène porté par Jean-Marc Mahy, mis en scène par Jean-Michel Van den Eeyden, reprend sa tournée pour l’année 2013.

La pièce sera présentée à l’Espace Germinal (Fosses, France) ce 22 février à 21h.

Invitations possibles pour les programmateurs au +32 (0)71 314 079 / vincent@ancre.be

Suite du programme ? Une série de dates en reprise à L’Ancre, à destination des scolaires et du monde associatif (du 26 février au 15 mars), presque toutes complètes ! Ainsi qu’une représentation tout-public (complète) le 16 mars.

L’équipe reprend la route fin mars et une bonne partie du mois d’avril pour sillonner la France ! Toutes les dates de tournée ici.

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Nés Poumon Noir / Festival de Liège

Charlyking s’exporte à Liège !

J-3 pour la présentation au Festival de Liège de la nouvelle étape de travail de Nés Poumon Noir ! Ça se passe mercredi 20h15 au Manège (Liège), côté jardin.

Infos sur le site du Festival de Liège 2013.

Réservations ouvertes aux professionnels – Contact / diffusion : vincent@ancre.be / 0487/87.93.01

Lundi 04 mars, en primeur à L’Ancre, répétition générale ouverte au public à 19h. Attention, places limitées aux 20 premières personnes qui se manifestent à l’adresse info@ancre.be !

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Les utopies sont mortes, vive les utopies!

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Avec ses élans chevaleresques, sa vocation à sauver le monde de l’obscurantisme, ses airs de pourfendeur de l’injustice et de l’ignorance, le théâtre ne fait pas toujours dans la modestie. Il aurait même plutôt les chevilles qui enflent quand il s’agit d’éclairer l’humanité ! Ce théâtre qui prétend changer la société, la compagnie chilienne Re-Sentida s’en moque avec humour et intelligence dans « Tratando de hacer una obra que cambie el mundo » (De l’essai de faire une pièce qui changerait le monde).

Comme si ça ne suffisait pas, la bande de comédiens trentenaires en profite pour balancer une fine critique de sa génération, étouffée par le confort, anesthésiée par la vacuité idéologique de son époque. Un théâtre empêtré dans ses propres considérations bourgeoises, fabriqué par des jeunes sans cause, pieds nickelés d’une révolution impossible : voilà l’un de nos gros coups de coeur.

Tout commence dans une cave encombrée de livres et de papiers éparpillés. Au fond, un mur géant tapissé de feuilles volantes et de coupures diverses, annonce l’intense remue-ménage cérébral qui chauffe cette planque souterraine depuis quatre ans. Ils sont cinq – quatre garçons et une fille – à s’être retirés du monde, sans aucun contact avec ce système qu’ils réprouvent, pour écrire une pièce, oeuvre qui devrait sauver le monde. On les découvre donc occupés à imaginer le scénario qui ouvrira enfin les yeux du public : des enfants africains sur lesquels on collera quelques mouches pour faire plus réaliste, des images de famine sur la musique d’Amélie Poulain, un comédien qui s’immole avec, en toile de fond, la Moneda plus en flammes que jamais, un petit caniche comme symbole bourgeois pour souligner la lutte des classes : les idées fusent, absurdes et enflammées. On convoque le poète national Pablo Neruda, on embrasse goulûment les filles du public, on se pavane en string, on mêle dialectique brechtienne et actor’s studio… L’équipe doute, s’engueule, se bat, s’enlace et s’interroge sur l’art. Le social a-t-il supplanté l’art ? Le théâtre politique doit-il être artistiquement pauvre ? Leur propre régime autarcique vacille. Faut-il un chef ? Une femme peut-elle diriger ?

Le projet pourrait paraître prétentieux mais l’incroyable énergie des comédiens et les dialogues à mourir de rire tirent l’oeuvre vers une parodie réjouissante, un maelström de pistes étourdissantes qui aboutit à la plus cocasse des situations. Au bout de ces années d’enfermement, ils apprennent que le monde qu’ils ont quitté s’est débrouillé sans eux pour s’améliorer… On vous laisse découvrir la suite de cette comédie tumultueuse, brillante mise en abyme du rôle de l’art dans nos sociétés.

CATHERINE MAKEREEL, Le Soir 31/01/13

 

Retrouvez l’article de presse ici

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Les bonnes intentions / ProPulse

Le seul en scène Les bonnes intentions, récemment récompensé aux Prix de la Critique (Meilleur auteur : Cathy Min Jung / Meilleure scénographie : Ronald Beurms), est sélectionné dans le cadre de ProPulse 2013, le rendez-vous des Arts de la Scène !

La pièce jouera le jeudi 7 février 2013 à 14h45 aux Halles de Schaerbeek.

Séance réservée aux professionnels.

Visitez le site de Propulse 2013.

Informations et réservations : Vincent Desoutter - 071/314.079 – vincent@ancre.be

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Le conteur du politique

Mis en ligne le 11/01/2013 – Metro

Ascanio Celestini, le conteur du politique   

Liège / Résolument politique, le Festival de Liège, biennale internationale de théâtre contemporain, ouvre sa programmation avec un texte inédit de l’auteur italien Ascanio Celestini. Pour la première fois, il écrit pour un autre mais ce «Discours à la Nation» transpire de la poésie et de la verve de l’artiste.     

Il nous avait habitués à des tranches de vie italiennes succulentes avec «Pecora Nera» ou encore «Fabbrica» créées sur nos scènes ces dernières années. Mais ici, c’est Jean-Louis Colinet, directeur du Festival de Liège, qui est allé chercher personnellement à Rome Ascanio Celestini pour un spectacle inédit. N’ayant pas l’habitude d’écrire pour les autres, l’artiste italien ne souhaitait pas écrire un spectacle en tant que tel. Il a donc confié quelques récits, dont il a le secret, au jeune comédien David Murgia, lui laissant une grande liberté. «Je ne crois pas qu’un metteur en scène puisse expliquer à un acteur comment il doit être sur scène», nous confie Ascanio Celestini. «C’est un peu comme expliquer à une personne comment il doit marcher. Le metteur en scène doit mettre à disposition des instruments, et puis l’acteur les utilise comme il l’entend. À moi, tout me va bien! Je crois que la valeur du travail de l’artiste s’apprécie dans sa dimension humaine.» Une méthodologie qui convient parfaitement à David Murgia. «J’avais jamais fait de seul en scène donc je découvre aussi. J’avais vu beaucoup Ascanio sur scène.» Quant au texte, Celestini nous livre une succession de récits poétiques et métaphoriques, mais éminemment politiques. Un thème en ressort: la distanciation du monde politique des citoyens qu’il est censé représenter. Et ce, aussi bien Italie qu’en Belgique avec la brève allusion à un certain Bart De Wever. Dans ce «Discours à la Nation», cette dernière se fait métaphorique. «Elle est pourtant proche de celle que nous connaissons aujourd’hui. C’est une nation où la classe dominante vit dans une autre réalité de celle des autres habitants de la nation. Ce sont des aspirants dictateurs qui comprennent cet écart. De plus, ils savent qu’il faut diriger en fasciste.» L’auteur ne mâche pas ses mots en décrivant une nouvelle lutte des classes entre ceux qui savent utiliser le système et ceux qui ne le savent pas. Tout en dénonçant cette réalité mais en évitant toute violence dans ses écrits, Celestini ne souhaite pas inciter à l’action ou au changement. «J’espère que le théâtre n’est pas aussi important», reconnaît celui qui dit ne faire partie d’aucun groupe organisé. L’auteur voit cependant une issue. «La solution ne viendra pas du monde politique», souligne-til, tout en disant s’intéresser aux communautés autogérées qui pullulent dans son entourage. Au combat politicien, Ascanio privilégie l’action citoyenne sans pour autant inciter à l’anarchie. Le discours est complexe, la poésie est subtile et le seul en scène prometteur. Créé en ouverture du Festival de Liège, le spectacle reviendra en avril au Théâtre National.

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Hilarant et salutaire

Jean-Marie Wynants

Mis en ligne le 23/01/2013 – Le Soir (Le Mad)

Epoustouflant ! Hilarant ! Féroce ! Trois des qualificatifs qui revenaient sur bien des lèvres à l’issue de cette création.

« Epoustouflant » pour la performance de David Murgia qui porte avec une aisance incroyable les textes de son comparse Ascanio Celestini. Campant une succession de personnages avec un aplomb extraordinaire, il donne constamment l’impression de parler comme il respire, créant diverses personnalités à partir d’infimes détails.

« Hilarant » pour cette succession de discours où le comédien, retrouvant le débit ultrarapide de son auteur et metteur en scène, fait vivre des personnages d’un cynisme achevé.

« Féroce » pour la manière dont Celestini donne pour la première fois la parole aux puissants de ce monde pour mieux montrer à quel point nous avons toutes les raisons de les faire tomber de leur piédestal.

Chemise bariolée, pantalon moulant et santiags aux pieds, David Murgia entre en scène avec un petit côté macho décontracté. Ses premiers mots de bienvenue semblent improvisés mais on comprend vite qu’ils font partie de la succession de textes concoctée par Celestini.

Tous sont des discours ou des adresses directes au public. Devant un tas de caissettes en bois et une mappemonde illuminée, le jeune comédien entreprend de nous livrer un petit cours de géopolitique et d’économie. Et c’est aussi percutant que décapant. Le marché globalisé, les révoltes étouffées, la loi de la sélection naturelle, la démission des syndicats, la toute-puissance de l’économie… tout y passe avec une férocité d’autant plus grande que les différents personnages campés par David Murgia n’affichent pas une once de doute ou de remords. Tous sont sûrs d’eux, hilares devant notre soumission. « Camarades ! », lance ce grand patron s’adressant aux ouvriers en se marrant comme une baleine.

Avec trois fois rien, l’acteur se construit un podium, une table… A ses côtés, le guitariste Carmelo Prestigiacomo crée des ambiances discrètes et sert de partenaire muet. Un véritable régal où, à travers le rire, les métaphores et les petites fables, on met en lumière les aberrations les plus criantes de nos sociétés modernes. A voir sans hésitation.

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Politique et poétique

Marie Dosquet

Mis en ligne le 11/01/2013 – L’Echo

Ascanio Celestini, auteur, acteur et metteur en scène italien, ouvre le Festival de Liège. Il fait jouer son double, l’acteur belge David Murgia.

A L’AFFICHE DU FESTIVAL DE LIEGE
La biennale de théâtre de la Cité ardente se déroule du 18 janvier au 9 février. Lors de ce Festival de Liège, on évoquera notre époque. Le fil rouge théâtral est la rencontre entre les dimensions politique et poétique. Sont présents des artistes fidèles au festival, comme Asciano Celestini, qui en fait l’ouverture. Falk Richter présente « Rausch », un spectacle sur la crise et l’après-crise mêlant danse et théâtre. Joël Pommerat, avec « La grande et fabuleuse histoire du commerce », raconte la vie de cinq représentants de commerce qui doivent vendre, coûte que coûte. Des spectacles belges (Vincent Hennebicq avec « Heroes just for one day », ou Fabrice Murgia avec « Les enfants de Jehovah »), mais aussi venus d’Allemagne, de France, d’Italie, du Chili ou encore d’Irak, traitent de sujets très divers, mais aussi très actuels comme la crise financière, l’histoire chilienne et le devoir de mémoire (« Ville + Discurso » de Guillermo Calderon), la guerre et l’après-guerre (« Irakese Geesten » de Mokhallad Rassem) ou encore la place des migrants dans la société (« Zeus Xenios »). Le festival est liégeois, mais avec des décentralisations à Bruxelles, Tournai, Mons, Charleroi et Herve. Il y a aussi de la musique, des projections de films et des soirées « théma », sous le signe de la folie. À côté des quatre scènes habituelles (le Théâtre de la Place, le Manège, les Écuries, le B9), cette édition instaure le B16 qui est dédié aux artistes émergents et aux formes singulières de création. Pour Jean-Louis Colinet, le directeur du Festival de Liège, la convivialité est la marque de fabrique de la biennale. Il nous promet des moments d’émotion, mais aussi des rencontres et des après-spectacles « endiablés ».

Ascanio Celestini a un air de lutin avec sa barbichette et ses yeux clairs. Pourtant, c’est bien le monde réel qu’il raconte à travers ses histoires. Auteur, metteur en scène et acteur, il est une des figures de proue du « théâtre récit », un genre créé à la fin des années 1980 en Italie: seul en scène, l’acteur devient narrateur. Ascanio Celestini fait l’ouverture du Festival de Liège, le 18 janvier prochain. Il y apporte un spectacle créé pour l’occasion. Pour la première fois, il fait jouer quelqu’un d’autre. C’est au Belge David Murgia qu’il a confié la responsabilité de tenir ce « Discours à la nation ». La pièce sera présentée à Liège du 18 au 20 janvier, puis à Charleroi (L’Ancre), à Herve et à Bruxelles (Théâtre National). Rencontre avec deux complices: le metteur en scène et l’acteur.

C’est la première fois que vous écrivez un texte pour un acteur, dans une autre langue et destiné à un public belge…  

Ascanio Celestini : Disons que j’ai mis des récits à disposition. J’ai pensé que ça pouvait être plus intéressant de travailler sur des fragments d’histoires. Le metteur en scène travaille comme dans un atelier, je n’ai donc pas donné à David un texte tout fait. On a travaillé sur certains récits et, petit à petit, on est arrivés à un texte qui, plus qu’une vraie histoire, est un ensemble de regards sur une société. Je ne sais pas jusqu’à quel point ces histoires sont proches de la Belgique. Je les ai écrites en pensant à la société en général. Comment avez-vous construit ces histoires ?     Ce sont de petits jeux. Ils fonctionnent comme des blagues. Ils ont même des mécanismes plus simples que la blague, comme une fable. Ce sont des mécanismes qui calent, qui bloquent. Dans le spectacle, il y a l’histoire de l’homme avec un parapluie qui voit l’homme sans parapluie. Son attitude va se transformer parce que quelque chose arrive. Je suis assez fasciné par la petite histoire, la blague, parce que c’est un petit regard sur quelque chose. Ca ne raconte pas une attitude complexe, élevée, mais un petit geste. Et puis c’est une manière intéressante pour réussir à travailler avec David. Je ne ferais jamais la mise en scène des « Possédés » de Dostoïevski!

Dans le spectacle, les personnages présentent des discours politiques assez cyniques ! 

Je ne crois pas que nos gouvernants pensent vraiment ce qu’ils disent. Ils le disent parce que ça marche. Une publicité pour Coca, par exemple: je ne crois pas que celui qui a fait la pub croie vraiment ce qu’il dit. Peut-être qu’il boit du Coca, mais peut-être que non. Le discours politique officiel, il fonctionne, mais il ne doit pas nécessairement être vrai. Ce qu’ils pensent vraiment, c’est autre chose. Nos gouvernants participent aux guerres, ils tuent. Ils font des choses monstrueuses. Donc j’ai imaginé des gouvernants très sincères, qui disent ce qu’ils pensent vraiment.

Dans quelle mesure la situation socio-économique vous a-t-elle inspiré ? 

Deux ou trois des récits du spectacle ont été écrits l’année dernière. En Italie, tout le monde était préoccupé parce que Berlusconi n’était plus là. Même la satire était un peu en crise. Dans cette situation, nos politiciens sont devenus beaucoup plus intéressants… Berlusconi, lui, il dit ce qu’il pense. Notre premier ministre Monti, non. Mais il est plus fascinant parce qu’il est plus mystérieux. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir dit des bêtises aussi! Il a dit, par exemple, qu’il est ennuyeux d’avoir un contrat d’emploi à durée indéterminée !

Les récits, dans le spectacle, sont un mélange entre des situations réelles d’aujourd’hui et des fables. Qu’est-ce que vous voulez montrer ? 

C’est le jeu. Un mécanisme qui bloque, qui cale. La violence de l’homme ordinaire naît de ce mécanisme. Et avec lui l’idée que ce n’est pas de sa faute. Comme si sa condition était déterminée par un motif plus haut, plus grand, plus lointain. Quand je vais à la poste pour payer mes factures, si ma mère est dans la file et qu’elle est dans les premiers, je lui donne mes factures. Mais, en Italie, il y a une règle qui veut qu’on ne peut pas effectuer plus de cinq virements à la fois. Oui, parce que sinon j’irais avec les factures de tout l’immeuble! Donc, si j’en ai six, je dois refaire la file une deuxième fois. La force du nazisme, pour prendre un autre exemple, était de savoir construire un mécanisme bureaucratique qui déresponsabilisait tout le monde. Ce qui m’intéresse, c’est ce mécanisme et la personne à l’intérieur de ce mécanisme.

Comment avez-vous travaillé, tous les deux ?   

David Murgia : Ascanio m’a raconté ses histoires et j’ai pris un grand plaisir à me mettre dedans. J’ai une grande liberté. J’écoute ce qu’il dit et, avec ça, j’emprunte mon propre chemin. Ascanio m’a expliqué que ce qui compte, ce n’est pas le texte que j’écris, mais l’histoire que je veux raconter. Moi, j’y apporte aussi tout ce que je connais de lui. J’ai vu beaucoup de ses créations, étant plus jeune. J’ajoute une théâtralité qui m’appartient à moi. Il ne faut pas que je m’écarte trop, mais je m’en empare quand même. C’est quelque chose que je ne connaissais pas du tout : cette grande part d’autonomie, mais aussi de responsabilité. Ascanio utilisait beaucoup d’images. Il comparait les composantes du spectacle aux rouages d’une horloge, où l’on peut en remplacer un par un autre. Il me disait que le spectacle est comme un orchestre. Si je dois jouer un morceau de flûte, il me faut jouer, jouer, jouer, même tout seul, dans ma chambre, pour que le jour « J », je puisse bien jouer le morceau.
Ascanio Celestini : C’est intéressant de voir comment une autre personne réalise, à sa manière, ce que toi tu as fait un jour, un mois, un an auparavant. Quand je parle d’atelier, je pense vraiment à ceux qui travaillent avec leurs mains. Certaines compétences ne s’acquièrent qu’avec les mains. Un acteur, un scénographe, un musicien ne peuvent pas être instruits par la seule théorie. J’ai beau raconter des choses à mon acteur, je ne fais que lui donner la possibilité d’arriver au texte. Et le plus intéressant, pour moi, est de voir comment il y arrive.

Il y a quelques allusions à la Belgique, notamment Bart De Wever, la pluie, un village gaumais… Comment avez-vous adapté le texte ?

David Murgia : On a dû modifier certaines choses pour rapprocher le propos de la Belgique. Dans le texte original d’Ascanio, il y a des exemples italiens. S’ils sont traduits littéralement, ils sont incompréhensibles pour le spectateur belge. Dans un passage, on parlait d’un mois entier sans pluie… En Belgique, c’est impossible, donc on a remplacé par une semaine. Il y a donc toute une série d’adaptations, un ancrage pour le spectateur.
Ascanio Celestini : C’est aussi ce qui se passe dans une fable, qui voyage et s’adapte, en fonction : de la région où on la raconte.

Qu’en est-il du visuel du spectacle ? 

David Murgia : Il y a un travail visuel très simple: on est comme dans un hangar, un garage avec deux personnes – quelques caisses et une lumière douce. Le visuel sert à poser les conditions de départ de la narration, pour laisser porter l’histoire.
Ascanio Celestini : J’avais besoin d’un objet qui puisse servir à s’asseoir, mais aussi s’élever. La scénographe a fait plusieurs propositions et on a retenu l’idée des caisses.

Il y a également un guitariste sur scène. Quel est son rôle ? 

Ascanio Celestini : La musique soutient l’histoire. Elle permet à David d’articuler son récit. C’est un coup de main.
David Murgia : Il y a deux types de récits : les discours politiques et des histoires plus intimes. Pour les récits plus simples, je peux me permettre de dialoguer avec la musique, mais aussi avec le musicien, Carmelo. On crée un petit voyage avant qu’un nouveau discours politique arrive. Ça aide à construire le récit.

Quelle réaction attendez-vous de la part du spectateur ?

Ascanio Celestini : Je crois que l’écriture doit pousser à penser qu’il y a un autre point de vue, un peu comme un massage : ça réveille des sensations. Je crois que les histoires que je raconte doivent être principalement une manière de vivre une expérience. Un peu comme les lieux qu’on visite.

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Ascanio Celestini / Discours à la Nation

Marie Baudet
Mis en ligne le 09/01/2013 – La Libre Belgique
Anthropologue, auteur, acteur, réalisateur italien. Né à Rome en 1972. Fait l’ouverture du Festival de Liège, ce vendredi, avec son “Discours à la nation”, où il met en scène David Murgia.

En 2003, Jean-Louis Colinet présentait au public belge ce jeune Italien, son théâtre narratif, ses yeux pétillants, sa barbiche. Dix ans plus tard, hôte à nouveau du Festival de Liège, Ascanio Celestini aura vu entre-temps plusieurs de ses pièces montées ici, notamment « Fabbrica », par le Rideau de Bruxelles, succès, large tournée, prix du meilleur seul en scène Angelo Bison, quelque temps plus tard, interprétera aussi « Pecora nera » (le mouton noir, ou la brebis galeuse), le parcours d’un homme longtemps interné. Dont Celestini a aussi fait un film, en 2010, projeté samedi (dans le thema « Place à la folie).

L’histoire contemporaine nourrit l’œuvre de cet artiste dont la plume ne s’abstrait jamais de l’oralité, de sa musicalité. Et dont on ne s’étonne guère qu’il ait étudié l’anthropologie. Enquête et collection, mémoire des humbles, archive sociale et affabulation populaire peuplent le théâtre-récit dont il est une des figures de proue. Rien dans les mains, tout dans les mots.

Ce sont les mots encore, et toujours les relations entre dominants et dominés qu’il explore dans « Discours à la nation », mais en changeant d’angle. La politique est un terrain fertile et la harangue électorale une matière colossale pour l’observateur empathique mais sans concession. L’orateur se vend, s’expose, frise le grotesque. Celestini le débusque, l’écrit, le met en relief dans son théâtre du sens.

 

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Mochélan : Double date le 06/02

Actualité faste pour Mochélan, artiste en Cie à L’Ancre !

Outre la sortie de son dernier clip, on a récemment pu le voir invité dans l’émission 50 degrés Nord.

 

Le 6 février, Mochélan sera présent dans le cadre de ProPulse à 10h au Botanique.

Plus d’infos sur le site de ProPulse.

 

 

Et ce même jour, venez découvrir à 20h15 une nouvelle étape de travail de Nés Poumon noir au Festival de Liège (Jardin du Paradoxe).

Infos et réservations sur le site du Festival de Liège.

 

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STAGE PRO à l’ancre!

Claude Brozzoni

Un stage professionnel donné par le metteur en scène français Claude Brozzoni, à destination des comédiens professionnels, mais aussi des amateurs de théâtre qui ont une bonne pratique, sera articulé autour des poèmes de Mahmoud Darwich. Le travail sera axé sur la précision de la lecture, la création d’images à partir du verbe, l’apprentissage du texte, avec travail sur le rythme et la profération de cette parole. L’objectif : prendre le temps de ce travail pour rendre possible l’incarnation, et donc le jeu.

¤ à L’Ancre

¤ Tarif 50€ / 25€ abonnés

¤ Réservation obligatoire 071/314.079

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Celestini s’attaque aux discours politiques

Guy Duplat

Mis en ligne le 09/01/2013

Le Festival de Liège s’ouvre avec Ascanio Celestini et sa charge virulente et farce.
théâtre RencontreAscanio Celestini (né en 1972 à Rome) a une langue inimitable. C’est un conteur à la manière de Dario Fo, un tenant du « théâtre-récit », qui raconte l’histoire des gens, surtout des petits et des pauvres, avec une truculence qui ne cache rien de la tragédie de la vie.

Venu déjà plusieurs fois en Belgique, il nous revient en ouverture du Festival de Liège avec une création, « Discours à la Nation », à partir du 18 janvier. C’est une des premières fois où un de ses textes, si fort, est interprété par un autre acteur que lui-même : le jeune et brillant David Murgia, qui étrenne ce monologue fulgurant d’1h20 accompagné de la seule guitare de Carmelo Prestigiacomo.

C’est Jean-Louis Colinet qui les a réunis, et le grand écrivain, acteur, cinéaste italien a aussitôt « flashé » pour l’acteur du « Signal du promeneur ». Ils se sont longtemps vus lors de deux séances de travail à Rome pour arriver à ce que ce spectacle soit le leur, à tous deux.

Un texte qui, si on le prend à la lettre, est d’une violence inouïe. Ce sont des « discours politiques » et des intermèdes qui rappellent souvent des discours qu’on entend autour de nous. Des discours de politiciens, de classes dominantes, de « nantis », mais portés ici à un extrême où on peut proposer de manger les pauvres (comme chez Swift) ou de tirer sur eux. Car chez Celestini, sorte d’anarchiste écologiste, représentant des luttes nouvelles, la violence est toujours mêlée à la farce et à l’humour. L’écrivain croit avant tout à la création, à l’imagination, à l’art, au plaisir de nous enchanter, tout en nous déplaçant ailleurs que dans des discours convenus. On pourra voir aussi à Liège le film « La Pecora nera » qu’il a tiré de son spectacle du même nom qui raconte la vie dans un hôpital psychiatrique.

De quelle nation parlez- vous ?

C’est une nation métaphorique, proche cependant de la nation contemporaine, qui est celle où les classes dominantes vivent une tout autre réalité que les autres classes. Les personnes qui parlent dans ce spectacle sont tous des apprentis dictateurs. Ils ont intégré la lutte des classes marxiste mieux que les dominés.

A la fin du spectacle, vous dites que la démocratie et la dictature, c’est finalement la même chose ?

C’est un spectacle, une histoire, qui raconte de manière imagée un regard sur notre réalité. Mais c’est vrai que les frontières entre les deux sont parfois étroites. Il y a des multinationales qui peuvent à la fois vendre de l’essence à côté de chez vous et entretenir une armée en Somalie !

Deux métaphores reviennent tout le temps dans ce texte : la pluie, avec ceux qui peuvent ouvrir un parapluie et s’abriter, et, d’autre part, le fusil, quand chacun peut devenir une cible.

J’écris mes textes par associations et mécanismes successifs. Et je vois alors où cela m’amène. La pluie est comme la guerre, quelque chose qui est vécu par les gens comme une fatalité contre laquelle on ne peut pas lutter. Ma mère me racontait que lors des premiers bombardements sur Rome, elle continuait à préparer une fricassée. Pour parler de cette violence autour de nous, il est plus intéressant de partir du côté de ceux qui l’expriment plutôt que de ceux qui la subissent. Je raconte la violence vue du côté du manche. Mon premier souci est de donner du plaisir au spectateur, de le divertir. Et il est vrai que les situations violentes sont, pour le spectateur, les plus intéressantes. L’Eglise l’a bien compris, qui parle bien plus souvent de la mort et du supplice de Jésus, avec le sang et la crucifixion, qu’elle ne parle de sa naissance paisible dans une crèche.

On croit reconnaître parfois des politiciens comme Berlusconi dans le voleur de pain. On évoque même Bart De Wever !

Tous ces politiciens qu’on voit à la télé résument l’idée qu’on se fait des tyrans qui sont très loin de notre vie quotidienne, incapables de lui donner un sens. On ne sait même pas s’ils existent vraiment. Je n’ai jamais vu Berlusconi. Je me souviens que je roulais en Vespa le jour de la mort de Jean-Paul II et je me suis arrêté devant le Vatican. Toutes les télés du monde étaient là, mais personne ne se trouvait dans la chambre du Pape. Un porte-parole venait raconter aux journalistes des histoires dans une scénographie très étudiée. Il interprétait. La politique est devenue comme ça, hyper-romancée. Même Obama, qui reçoit le Nobel de la paix mais doit décider régulièrement qui on peut tuer dans le monde. Je connais des Bart De Wever en Italie. Dans mes spectacles, j’ai déjà placé des vrais enregistrements, terribles, comme cet ex-maire de Trevise qui parlait de « nettoyage ethnique des gays » ou un autre qui évoquait des « Arabes de merde ».

De quel parti politique êtes-vous proche ? Anarchiste ?

Je ne suis proche d’aucun parti. Pour évoquer l’anarchie, je peux parler de mon fils qui a six ans maintenant. Quand il était petit, il portait un lange et était content quand on le changeait. Mais un jour, on l’a libéré de ses couches-culottes. C’était bien mais, en même temps, il a vu que c’était une lourde responsabilité. C’est cela l’anarchie : la liberté qui va de pair avec la responsabilité. Je me sens proche de ces groupes de base qui luttent par exemple contre le TGV Lyon-Turin au nord de l’Italie, de gens qui s’autogèrent.

Qu’avez-vous ressenti avec les mouvements des indignés ?

J’en suis resté éloigné. Comme le dit un sociologue espagnol, il s’agissait souvent de « ne rien dire mais de le dire avec colère ». Je trouve plus intéressants les gens qui se coalisent sur le terrain et mènent des actions concrètes. Rien qu’autour de moi, à Rome, je connais cinq groupes autogérés, l’un contre un projet d’extension de l’aéroport, un autre contre une autoroute, etc.

Votre texte n’est-il pas très pessimiste ?

Ce ne sont que des histoires, c’est de la littérature que je veux soigner et, je le répète, la violence est plus intéressante en art que le calme. Mais quand je raconte ces histoires en Italie, cela n’a jamais incité quelqu’un à poser des bombes. Les seuls qui s’insurgent parfois, ce sont les plus religieux. On n’est plus à l’époque de Dario Fo quand, au Festival de Spoletto, une comtesse s’est levée en écoutant des chansons populaires et a dit : « Je ne suis pas venue pour écouter les chansons de mes servantes. »

Vous n’avez pas de problèmes avec les coupes culturelles en Italie ?

Il n’y a pas de vrais problèmes de production culturelle en Italie car la majorité des compagnies travaillent hors du système théâtral. Moi-même, je n’ai pas peur qu’on me coupe mes subsides puisque je n’en ai pas ! Bien sûr, il y a des problèmes quand la télé pré-censure de peur d’effaroucher les annonceurs. Mes spectacles ne coûtent quasi rien et peuvent tourner partout. Mes films aussi ne coûtent pas cher.

« Discours à la Nation » (traduit par Patrick Bebi), Festival de Liège, du 18 au 20 janvier au Manège de Liège et du 23-4 au 4-5 au Théâtre National à Bruxelles.

Le film « La Pecora nera » d’Ascanio Celestini sera projeté à la salle B16, St-Luc à Liège, les 19 et 20 -1

Rens. : Festival de Liège du 18-1 au 9-2, www.festivaldeliege.be et 04/2211000

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RAVISSEMENT : La paraphrase faite spectacle

Marie Baudet

Mis en ligne le 19/10/2012

“Ravissement” explore jusqu’à l’épuisement la relation mère-enfant.

Mélanie Rullier est metteur en scène, Estelle Rullier metteur en scène et scénographe. Ensemble, dans un projet qu’elles disent autobiographique, les sœurs ont entrepris d’évoquer scéniquement les conséquences de l’éclatement familial. Quand la cellule s’est réduite à sa plus simple expression – un parent et un enfant, singulièrement une mère et une fille -, comment recoller les morceaux ? comment se reconstruire ?

Ces questions vont se poser, implicitement, diversement mais toujours semblables, au fil de « Ravissement », création de la Cie Ravage. Qui commence par la description, frontale, féminine, d’une série de symptômes. Liste dont la longueur et la variété la rendent saugrenue, cocasse. Mais « au bout de la route il n’y a rien. C’est là que commence la forêt » - lieu métaphorique par excellence. Ça tombe bien : la métaphore gouverne le conte annoncé. La forêt regorge aussi de qualités plastiques, ici largement exploitées, avec un plateau planté de troncs et parsemé d’aiguilles : un univers visuellement fort et chargé.

C’est par la cuisine cependant qu’on y pénètre, à la table du petit déjeuner d’une mère désemparée (Marie Bos) et sa fille enjouée (Flore Diesbecq). Duo de solitude et d’inquiétude d’où jaillissent moult tentatives de briser ce cercle. Terrible et juste et tendre (et magnifiquement interprétée, par une actrice confirmée et une très jeune fille talentueuse), cette scène sera suivie de nombre de déclinaisons sylvestres, de variations sur ce tandem souvent douloureux, aux prises avec le manque. Avec toujours, en filigrane, la rupture passée, ses dommages collatéraux, la mécanique de la reconstruction. Quatre schémas, autant de paraphrases qui, pour joliment insérées qu’elles soient dans le paysage, n’offrent que des nuances – plus ou moins cataclysmiques, mystérieuses, difractées dans le temps – à la redite.

Vanessa Compagnucci, Eric Breton le Veel, Marie-Pierre Meinzel, Guylène Olivares et Regina Röhrer complètent la distribution de ce qui, certes, se donne des allures de conte, de récit initiatique, mais confine au ressassement.

Estelle et Mélanie Rullier y ajoutent, en guise d’épilogue, les préparatifs d’une fête où les bavardages de mères séparées, parfois seules, et d’une future maman, à la fois réactualisent et relativisent l’ensemble. Aussi vrai et touchant qu’un peu vain.

Bruxelles, Balsamine, jusqu’au 20 et du 24 au 27 octobre, à 20h30. Durée : 2h env. De 6 à 14 €. Infos & rés. : 02.735.64.68, www.balsamine.be

Charleroi, les Ecuries, les 15 et 16 novembre à 20h30. De 5 à 14 €. Infos & rés. : 071.31.12.12, www.ancre.be

 

source : La Libre

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AND THE WINNERS ARE…

Vu avez pu les découvrir la saison dernière à L’Ancre et ils ont été récompensés hier soir au Prix de la Critique 2012:

 

- Meilleure scénographie : Ronald Beurms pour Les bonnes intentions
- Meilleur auteur : Cathy Min Jung pour Les bonnes intentions
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-Prix découverte : Le Raoul Collectif pour Le signal du promeneur
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- Meilleur spectacle : Cendrillon de Joël Pommerat.
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Rendez-vous cette saison à L’Ancre pour d’autres découvertes… ;o)
Pour découvrir les autres lauréats, visitez le site du Prix de la Critique
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Prix de la Critique 2012

Le 15 octobre prochain aux Ecuries (Charleroi Danses), la cérémonie des Prix de la Critique récompensera les meilleurs artistes de la saison 2011-2012.
Vous retrouverez parmi les nominés au Prix de la Critique 2012 des projets que vous avez pu découvrir à L’Ancre la saison dernière :

Les bonnes intentionsLes bonnes intentions – une co-production de L’Ancre et Théâtre de Poche présentée dans le cadre de KICKS! Festival/Regard(s) sur la jeunesse 2012

Une société de servicesUne société de services – une co-production de L’Ancre et Les Tanneurs. Spectacle présenté également au Festival d’Avignon 2012

Le signal du promeneurLe signal du promeneur – projet découvert dans le cadre de Tremplin, pépites & co., présenté dans le cadre de KICKS! Festival/Regard(s) sur la jeunesse 2012. Spectacle présenté également au Festival d’Avignon 2012

In VitrineIn Vitrine - présentée dans le cadre de KICKS! Festival/Regard(s) sur la jeunesse 2012

jpommerat_cendrillon_47ciciolssonCendrillon – présenté dans le cadre de KICKS! Festival/Regard(s) sur la jeunesse 2012

………………………………………………………….

 

ET LES NOMMES SONT…

Spectacle. Au sanglier des Flandres de et par Bernard Van Eeghem ; Cendrillon de Joël Pommerat ; La Estupidez de Rafael Spregelburd, par Transquinquennal.

Mise en scène. La nostalgie de l’avenir (Myriam Saduis) ; Le songe d’une nuit d’été (Isabelle Pousseur) ; Mamma Medea (Christophe Sermet).

Comédienne. Claire Bodson (Mamma Medea) ; Déborah Rouach (Cendrillon) ; Mélanie Zucconi (La Estupidez).

Comédien. Patrick Descamps (Red) ; Yannick Regnier (Mamma Medea) ; Pierre Sartenaer (La Estupidez).

Seul en scène. Fall into the Show par Gwen Berrou ; La nuit juste avant les forêts par Azzedine Benamara ; Le carnaval des ombres par Serge Demoulin.

Espoir féminin. Aline Mahaux (La nostalgie de l’avenir) ; Wendy Piette (La fille dans le bocal à poisson rouge) ; Mathilde Rault (Je me tiens devant toi nue, Mamma Medea).

Espoir masculin. Pierrick De Luca (Une société de services, Nothing Hurts) ; Vincent Hennebicq (Baal) ; Pierre Verplancken (Parasites, La nostalgie de l’avenir).

Scénographie.Ronald Beurms (Les bonnes intentionsLe tour du monde en 80 jours) ; Hélène Kufferath (Pika Dôn) ; Zouzou Leyens (Le songe d’une nuit d’été).

Création artistique et technique. Exils ; La Estupidez ; Une société de services.

Auteur belge. Serge Demoulin (Le carnaval des ombres) ; Cathy Min Jung (Les bonnes intentions) ; Virginie Thirion (L’iceberg qui cache la forêt).

Découverte. Des gouttes sur une pierre brûlante (Caspar Langhoff) ; Le signal du promeneur (Raoul Collectif), In Vitrine (Collectif Rien de Spécial);

Spectacle de danse. Lamento (Michèle Anne De Mey) ; Migrations (Mossoux-Bonté) ; Personne(s) (Thierry

Théâtre Jeune Public. Carmen (Karyatides) ; Piccoli Sentimenti (Tof Théâtre) ; Un petit soldat de plomb (Arts et Couleurs).

Prix Bernadette Abraté. Josse De Pauw

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DJ Set Politix

Samedi 15 septembre, lors de son week-end d’ouverture, L’Ancre s’est installé sous le Ring pour un premier DJ-Set Politix : les candidats aux communales se sont prêtés au jeu pour mixer et enflammer Charleroi !

Retour sur cette folle soirée en vidéo… en attendant la prochaine !

Aux platines :
Paul Magnette (PS) Vs Cyprien Devilers (MR) Vs Antoine Tanzilli (CDH) Vs Luc Parmentier (Ecolo) Vs Germain Mugemangango (PTB).

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Grandeur et déchéance d’un footballeur

Publié le 26 septembre 2012

 

Repéré parmi les jeunes paupérisés d’une grande ville d’Amérique du Sud, Garuma devient footballeur idolâtré dans le monde entier. Célébrissime, richissime, il finira victime de son égocentrisme et d’un système socio-économique faisandé.Sur des rythmes sud-américains, une troupe cosmopolite et polyglotte s’est emparée de l’histoire imaginée par Ad De Bont et la représente dans des endroits qui ressemblent de près ou de loin à des terrains de foot. On y entend du français émaillé de belgicismes, de l’espagnol, ce dialecte marocain qu’on appelle darija ; les mots sont souvent de tous les jours sauf lorsqu’ils prennent par moment un envol épique teinté de parodie.Même si l’équipe ne comporte que dix joueurs, ils s’engagent dans le jeu comme dans un match. À part une brève pause entre les deux mi-temps pour faire mine de vendre des produits dérivés liés au champion, nul moment creux durant cette espèce d’épopée échevelée, picaresque. De la naissance à la déchéance, les péripéties se succèdent.

Tout tourne autour du héros. Mais des personnages typiques trament alentour un portrait de société. Amarante del Pilar, sorte de sorcière chiromancienne, jeteuse de sorts et de présages. Rosa, gamine violée devenue mère célibataire sans abri, chineuse pour survivre. Baraca, manager italien intéressé uniquement par l’argent que rapportent ses joueurs. Eletrik, sorte de narrateur arbitre n’hésitant pas à donner un carton rouge aux spectateurs qui ont oublié d’éteindre leur téléphone portable.

Et quelques autres qui passent, esquissant une faune pittoresque. Car défilent, en sprints permanents, la mère du demi-dieu, des prostituées, des sportifs, un travesti, des employés de pompes funèbres, un archevêque, un ange blanc et un ange noir, une reine de la samba épouse people… sans oublier un journaliste et un supporter. Une tribu qui ne la joue pas perso mais collectif.

À travers ce baroque exubérant, le spectateur lira la misère des pays émergents, l’exploitation esclavagiste des athlètes et publicitaire des publics, la fascination pour l’argent facile, le poids manipulateur des médias, la fragilité de la réussite, l’importance de la solidarité. Ce que racontent le texte de l’auteur et la mise en scène sans cesse inventive de Jean-Michel Van den Eynde.

Michel VOITURIER, Bruxelles

 

Soirce: Rue du Théâtre

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Mochélan sacré à la Biennale de la chanson française !

Ce jeudi 20 septembre, Mochélan a remporté (entre autres) le premier prix  la Biennale de la Chanson Française ! Outre ce grand prix, Mochélan a aussi remporté

* le prix Smart (500 €)

* le prix « Le Bijou » : promesse de programmation dans la salle du même nom à Toulouse

* le prix de « La Manufacture » qui lui permet d’être programmé dans ce lieu culturel parisien

Il sera en outre programmé aux Francofolies de Spa en 2013 ainsi qu’au Centre culturel de Woluwé Saint-Pierre et à Namur en 2013.

Une consécration méritée que l’équipe de L’Ancre a pu célébrer avec l’intéressé !

 

Les échos dans la presse

RTBF

7sur7.be

Focus / Le Vif

Vidéo du set de Mochélan lors de la demi-finale :

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Garuma !, droit au but

Laurence Bertels

Mis en ligne le 15/09/2012

Théâtre à ciel ouvert, cette ballade change les terrains vagues en terrains de jeu. Et conte le tragique destin d’un gamin sud-américain , un futur dieu du stade.

Pas de théâtre ni de centre culturel en vue, non. Juste les abords d’un terrain de foot, derrière le château Bivort à Fonteyne Lévêque – à moins que ce soit à Marchienne-au-Pont ou sur le parking du Palais des Beaux-Arts de Charleroi, selon la séance choisie. Une scène en forme de terrain vague, quelques gradins improvisés, des familles éparses et des couvertures louées quelques cents pour parer à l’humidité. Côté cour, un souk improvisé, côté jardin, une banderole de marques détournées, du « Caca Colle » au « Bad Year » en passant par « Like », cherchez l’erreur…Des bruits de foule émanent du haut-parleur. La joyeuse tribu, après une parade très remarquée dans le village, déboule sur l’herbe fraîche. Ambiance stade surchauffé garantie. On en oublierait presque le peu de spectateurs présents en cette douce soirée d’été indien. Parade, match de foot ou fête populaire ? Un peu les trois sans doute, mais surtout une pièce de théâtre qui renverse les codes habituels et se veut véritablement accessible, festive et bien vivante, malgré quelques scènes d’enterrement ! Car La Tribu, comme cette joyeuse bande de comédiens belges, français et marocains, est un collectif qui transforme l’espace en terrain de jeu (x), joue au foot, de la musique, avec les mots, avec la danse pour se jeter dans l’arène et y dénoncer tous les sacrifiés d’aujourd’hui.

 

Début de partie. Les joueurs, dans tous les sens du terme, entonnent les hymnes nationaux remixés, entre Brabançonne et Nachid al-watanî. Le match va bientôt commencer. Et avec lui, la trop banale histoire de « Garuma !  » (Lire aussi la Libre Culture du 5 septembre). Ou comment un gamin des rues sud-américain, futur dieu du stade, Maradona des temps modernes, se laisse envoûter par le mythe européen, le règne de l’argent, la gloire à n’importe quel prix, fût-ce au mépris de sa propre mère. Qui lorsqu’elle lui dit regretter de l’avoir mis au monde s’entend répondre, du tac au tac, qu’elle n’aurait, dans ce cas, jamais dû se coucher sur le dos. Pour ne citer qu’un exemple parmi d’autres du texte truculent et nourri du dramaturge hollandais Ad de Bont, trop peu connu sous nos latitudes bruxello-wallonnes.

Entre humour et narration serrée, « La Ballade de Garuma », écrite en 1990, ouvre en effet, second degré et didascalies à l’appui, de nombreuses portes à l’interprétation. Celle-ci brille et fuse de toutes parts grâce à une galerie de portraits tous plus typés les uns que les autres, du surdoué Garuma, le Marocain Mouhcine Malzi, l’entraîneur mafioso Daniel Schmitz, caricatural à souhait, en passant par la mère de toutes les mères, une Mamita campée avec une énergie contagieuse par la Française Camille Husson, ou par la sulfureuse Evangelina Chorizo, Zeneb Ennajem, bimbo latino de service, ancienne sœur de la rue devenue Reine de la Samba. Il se dégage dès lors de cette joyeuse bande comme un parfum d’Ensor, d’Almodovar ou de Garcia Marquez. La pièce, haute en couleur, part en tous sens et nous recentre, en réalité, toujours autour d’une balle imaginaire, un but à atteindre, un destin à suivre, celui d’un enfant doué, Fernandez Maria Olivares, appelé, grâce à une ascension fulgurante, à fuir la misère et la colle sniffée pour oublier la faim qui le tenaille.

 

Théâtre à ciel ouvert, « Garuma !  » est une ballade, en réalité, qui nous emmène de part et d’autre de l’océan, guidé par Amaranta del Pilar, alias Line Guellati, fille de la rue, comme Garuma, femme « aussi laide que sa voix est belle », pythie des temps modernes aux yeux de braise qui convoque les personnages de cette histoire, avec verve et gouaille. Véritable conteuse, elle plante le décor et incarne le récit qui va se jouer sous nos yeux, de manière grimaçante, carnavalesque et terriblement vivante, sans oublier une colère sous-jacente et souvent présente dans les mises en scène de Jean-Michel Van den Eynde, le directeur artistique de l’Ancre. Chargé par le CGRI de collaborer au développement du théâtre jeune public au Maroc, il a monté ce projet né d’une collaboration entre le Kollectif Compagnie Barakha, la compagnie marocaine Daha Wassa et l’Amin Cie Théâtrale. Il est bien question ici de dénoncer, à coups de gueulophone et de piques bien balancées, le cynisme du capitalisme omniprésent et surtout omnipotent. Et ce ne sont pas l’arrivée, sur le terrain de jeu, dans tous les sens du terme, d’une cadillac décapotable emmenant les mariés factices à bord ou d’un camion plantant le décor du château désormais habité par Garuma qui vont nous faire oublier le véritable enjeu de la pièce. Inscrit dans Daba Maroc et fruit d’un échange entre comédiens belges, français et marocains né voici cinq ans déjà, « Garuma!  » a déjà conquis les plages de Rabat, entre autres. Présenté au Festival au Carré à Mons, en juillet dernier, il entame maintenant une mini-tournée de Charleroi à La Louvière, Bruxelles et Tournai avant Grigny, à Paris. Un projet charnel et citoyen qui, par le théâtre, démontre une fois de plus et de manière implacable, la richesse de l’échange culturel, de l’autre parole.

 

Charleroi, du 18 au 21 septembre à 19h00 ; La Louvière, le 27 septembre ; Tournai, du 1 au 4 octobre ; Bruxelles, du 6 au 8 octobre ; Grigny, les 19 et 20 octobre. Infos : 071/314. 079 ou info@ancre.be

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« Garuma », entre lyrisme et cruauté

CAROLINE DUNSKI

mardi 11 septembre 2012, 08:59

Garuma, un spectacle en plein air qui questionne des thématiques sociales. Une parade musicale et colorée de groupes locaux le précède. A voir bientôt à Charleroi, La Louvière et Tournai.

 

Garuma est un spectacle de théâtre à ciel ouvert précédé d’une parade © avpress

 

Le week-end dernier, les dix comédiens marocains, français et belges de la tribu « Garuma » s’installaient dans la périphérie de Charleroi pour y présenter le spectacle éponyme.

De plein air, festif, convivial et populaire, il questionne les grandes thématiques sociales de notre monde contemporain en mêlant humour, dérision, lyrisme et cruauté et en confrontant moments tragiques et instants d’euphorie.

À travers le football, « Garuma » parle du besoin de créer et chérir des héros, mais aussi de pauvreté, des rapports hommes-femmes, de mortalité infantile et de la misère qui frappe partout.

Produit par le théâtre de l’Ancre de Charleroi, le spectacle a été créé au Maroc, puis joué début juillet devant le public du Festival au Carré, à Mons. Chaque représentation est précédée d’une parade endiablée qui associe comédiens et groupes locaux formés de percussionnistes, de jeunes footballeurs ou encore de danseurs. Il s’agit d’exhorter les habitants du quartier à les suivre jusqu’au terrain où sont montés les gradins d’un théâtre rudimentaire.

Ce samedi au Roctiau à Montignies-sur-Sambre, il n’y avait pas la grande foule, malgré le fait que le spectacle était programmé dans le cadre de la fête de quartier annuelle.

« Vendredi, nous avons réuni 150 personnes à Fontaine-l’Evêque, confie Diego Guerreiro Viegas, le régisseur qui ferme la parade au volant d’une camionnette. Au Maroc, des nuées d’enfants nous suivaient, mais le spectacle s’adresse surtout à un public d’adultes. Nous avons joué dans des quartiers extrêmement populaires, juste à côté de bidonvilles. C’était très impressionnant. »

Au Roctiau, quartier moins miséreux, mais néanmoins populaire, on se réjouit de voir la culture venir à la rencontre du public. Isabelle Van den Brande, présidente du comité de quartier, souligne que le but de telles initiatives est de « créer de la convivialité entre les citoyens du quartier. Pour amener les gens à la culture dans un quartier très populaire, la meilleure manière est de faire venir la culture dans le quartier. C’est le comité qui était demandeur. Cela ne fait pas venir des gens, mais cela les fidélise et ça diversifie les publics. Les nouveaux habitants du Roctiau sont très contents de découvrir de telles initiatives. Ça donne une image positive de la ville et de tout le quartier. » Une initiative originale qui se répétera un peu partout dans le Hainaut durant les prochaines semaines pour le plus grand bonheur des acteurs et des spectateurs…

 

source : Le Soir

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Les politiques aux platines à l’ancre

L’ancre vous invite à son week-end d’ouverture. Entre autres surprises: les politiques version DJ

 

C’est devenu un rituel: le week-end d’ouverture à l’ancre donnera cette année encore un avant-goût de la saison entre théâtre, musique, interventions plastiques et même… politiques. Les partis seront représentés derrière les platines. Tous ont leur candidat. Sauf le PS: alors le grand Paul viendra ou viendra pas?

 

Imaginez un peu Luc Parmentier (Ecolo), Cyprien Devilers (MR), Antoine Tanzilli (CdH), Germain Mugemangango (PTB) en mode DJ. Tous ont accepté de jouer un set le 15 septembre à l’Ancre lors du week-end d’ouverture de la nouvelle saison. Décidément, on leur demande quasiment tout ou presque et ce qui est formidable, c’est qu’en ce moment, ils acceptent… Alors on pourra bien les encourager. Et s’ils sont trop mauvais, partir à la découverte des mises en bouche concoctées par les artistes de théâtre, musique, et d’art plastiques qui rythmeront la saison 2012-2013. Cette saison s’inscrira dans la droite ligne du travail entrepris depuis quatre ans à l’Ancre. Un théâtre qui parle désormais non plus à un mais à des publics. Un théâtre qui explore différentes formes artistiques, qui consolide son partenariat avec l’Eden et le PBA, et qui se lance aussi dans de nouveaux défis. “On a décidé d’accompagner des artistes en compagnie via une aide à la diffusion,une mise à disposition d’espaces de travail,des propositions de formation… ”, explique le directeur général de l’Ancre, Jean-Michel Van den Eeyden. Le théâtre veut ainsi soutenir la création à tous les niveaux. La preuve avec son appui à Simon Delecosse. Son nom ne vous dit rien? Et si on vous dit Mochélan ou Poumon noir… “Cette année servira d’amorce à un projet que je voudrais créer en cinq ans. Mon objectif, c’est d’emmener Simon pendant un mois au Festival d’Avignon en 2014 ”, poursuit le directeur de l’Ancre. Le théâtre accompagnera également d’autres artistes comme Virginie Strub, Anne Thuot et Etienne Lepage et poursuivra sa collaboration avec Françoise Bloch. Au niveau de la programmation, la saison commence en force avec la participation de l’Ancre au Focus Daba Maroc. Jusqu’en janvier 2013, plusieurs villes du pays (dont Charleroi) se mettront à l’heure marocaine, à travers la création artistique. L’Ancre proposera “Garuma! ”, du 18 au 21 septembre, “une création théâtrale à ciel ouvert,à la poursuite de l’ascension fulgurante de Fernandez Maria Olivares, enfant des rues devenu star planétaire sous le nom de Garuma. ” Autre rendez-vous de Daba Maroc: l’accueil du Debateatr citoyen, fer de lance de la création au Maroc, pour une résidence d’écriture au résultat garanti 100 % marocarolo. Enfin, il organise un moment cinéma avec la projection de Fissures de Hicham Ayouch, le 16 octobre à 20h30. Pour vous dévoiler le reste de la saison, l’Ancre vous attend les 15 et 16 septembre dans sa Maison d’Assaut et ses jardins surprenants. «

 

Lina Fiandaca

Nouvelle Gazette

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Première belge : Garuma!

Aujourd’hui, première belge de Garuma!, la nouvelle création de Jean-Michel Van den Eeyden, dans le cadre du Festival au Carré à Mons.

Parade à 18h, suivie de la représentation à 19h.

Armez-vous de vos lunettes de soleil pour profiter pleinement de ce grand match théâtral !

 

Tout le programme du Festival au Carré ici :

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La Saison 12-13 !

Téléchargez la brochure de la saison 12-13 ICI

Pour en profiter pleinement, abonnez-vous ! Vous trouverez le formulaire ICI

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Une société de services à Avignon !

Françoise Bloch, artiste en Cie à L’Ancre, présentera cet été avec Zoo Théâtre sa dernière création Une société de services au Théâtre des Doms.

Une société de services

Françoise Bloch / Zoo Théâtre

Du 8 au 28 juillet 2012 (relâche le 16) à 20H

Au Théâtre des Doms – La vitrine sud de la création en Belgique francophone (Avignon / France)

 

Pauses chronométrées, appels enregistrés, chiffres de vente imposés, sourires dans la voix… bienvenue dans les coulisses d’un centre d’appels.

Nourris de documentaires et d’investigations sur le terrain, Françoise Bloch et son équipe posent sur scène la question des nouvelles organisations du travail. Ils plongent le théâtre au cœur battant du télémarketing.

Extraits de presse

«L’art de Françoise Bloch est fait d’humilité, d’intelligence et de pas mal d’humour. Elle a l’art de guider quatre jeunes acteurs vers leur meilleure expressivité, un pied dedans (l’entreprise, le théâtre), un pied dehors, mi-observateurs, mi-victimes. […]

Sous ses allures brechtiennes d’analyse critique de la société, ce théâtre joue sur le rire et le décalage, mêle habilement textes chantés, dialogues, monologues, et vidéo avec un rythme juste qui permet à la mise en scène de déployer son charme.»

Christian Jade – RTBF.be/Culture

«De ce milieu du télémarketing, avec ses jeunes opérateurs robotisés, fliqués, usés jusqu’à la moelle et interchangeables, l’artiste réussit à extraire une théâtralité fascinante et décale la réalité avec un humour très fin : parfois la parole elle-même connaît des bugs, les comédiens se mettent à chantonner les slogans en canon, et surtout les mouvements presque chorégraphiques des quatre comédiens racontent à eux seuls la tyrannie, le clonage, le mal-être.

On est secoué de rire, et en même temps glacés par cet employé neurasthénique qui fait le bilan de son travail tout en servant mollement le café. […] Les discours bien rodés sur les stratégies de relation au client s’effritent imperceptiblement dans les silences et les grimaces. […]

Ce qui est sûr, c’est que vous n’écouterez plus jamais de la même manière les appels intempestifs de ces vendeurs à la jovialité si creuse.»

Catherine Makereel – Le soir

 

Une création de Zoo Théâtre (Belgique)

 

En coproduction avec le Théâtre les Tanneurs (Bruxelles / Belgique)

Et L’ANCRE (Charleroi / Belgique)

 

 

PLUS DE RENSEIGNEMENTS

www.zootheatre.be

 prtscrn-sds

INFO ET RÉSERVATIONS

+33 (0)4 90 14 07 99

www.lesdoms.be

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Garuma !

L’Ancre est actuellement sur le pont pour la production du spectacle Garuma ! Une mise en scène de Jean-Michel Van den Eeyden, projet de K.C. Barakha (Belgique) en étroite collaboration avec Daha Wassa Cie (Maroc) et en partenariat avec l’Amin Cie Théâtrale (France).

Première du spectacle au Maroc hier !

premiere-au-maroc

Dates de tournée au Maroc :

15 juin -  Maison de jeunes de Salé Tabreket – à 18h
17 juin – Maison de jeunes Al Kods – Fès – à 18h
19 juin – Fondation Orient-Occident – Rabat – à 18H
21 juin – Maison de jeunes Onque – Casablanca – à 18h

Première en Belgique au Festival au Carré à Mons le 7 juillet ! Représentations également le 8 et le 9 juillet.

Plus de dates à suivre à Charleroi, La Louvière, Tournai, Bruxelles et Grigny (région parisienne) !

Toutes les infos sur le blog de la création http://tribugaruma.wordpress.com

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Un jour sur Terre

Samedi 23 juin à 20h30 et dimanche 24 juin à 16h, présentation d’Un jour sur Terre, résultat d’un atelier de création théâtrale à L’Ancre, en collaboration avec le CEC Couleur Quartier :

Un texte noir, osé, drôle, d’une vérité criante.
Une journée sur la planète terre où des bribes de vies et d’histoires se jouent.
L’équipe du Zanzibar revient…

Textes Etienne Lepage | Mise en scène Christiane Girten | Interprétation Dany Declercq, Cyrielle De Meyer, Angelina Dituri, Jean-Claude Haelterman, Ludivine Joinnot, Isabelle Martin, Annie Pierange, Sylvie Rey, Franka & Baptiste.

Tarif unique 5€ – Réservations au 071/314.079

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Prix impatience décerné au Raoul Collectif !

Un projet professionnel directement issu des solos/carte blanche de l’ESACT reçoit le Prix du Jury et Le Prix du public !

Le Raoul Collectif, repéré dans le cadre de Tremplin, Pépites & co et remarqué lors du Festival Kicks 3.0, connaît un succès grandissant ! Leur dernière création, Le signal du promeneur est un projet directement issu des solos/carte blanche de l’ESACT et de la formation à la production théâtrale de Théâtre & Publics.

Le Raoul, véritable collectif d’artistes producteurs, vient de rafler le prix Impatience avec Le signal du promeneur : le Prix du Jury et le Prix du public du festival ont été décernés aux artistes.

Une proposition scénique qui a le vent en poupe, situation dont se réjouit Nathanaël Harcq, secrétaire général de Théâtre & Publics et directeur adjoint du Conservatoire de Liège, (responsable de la formation d’acteurs: ESACT).

« Le Conservatoire de Liège est décidément une très féconde pépinière de talents. Après Fabrice Murgia et Le chagrin des Ogres, voici donc, issu de la même école, Raoul Collectif et Le Signal du promeneur – une création à cinq où tous interprètent, mettent en scène et en musique leurs propres textes, traitant d’un art introuvable et nécessaire : celui de s’orienter, quand on a vingt ans, dans la jungle du monde. Leur humour situationniste, leurs gags verbaux et visuels à rebondissements leur ont valu d’être comparés à des Monty Python à la belge… mais ces humoristes-là ont aussi lu Raoul Vaneigem ou Fritz Zorn. Entre autres ovnis qui parsèment le spectacle, une reconstitution du procès du fameux faux docteur Romand, mais aussi le passage d’un homme chassant le ptérodactyle dans les déserts du Mexique… Surprises garanties !« 

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Retour en images sur le Festival des Palabres !

Le week-end dernier, le Festival des Palabres, porté par l’asbl On prend l’air, s’installait à L’Ancre pour deux jours de concerts, contes, spectacles, ateliers…

Une belle dynamique, une ambiance festive et chaleureuse, et des bénéfices qui seront intégralement reversé à l’ONG des Îles de paix !

Retour en images sur ces deux journées avec les photos de TIM :

 

 

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Pépites, l’Art et les Tout-Petits, c’est bientôt à L’Ancre !

Dans le cadre de Pépites, l’Art et les Tout-Petits, initié par la Guimbarde, ce n’est pas moins de quatre propositions qui seront accueillies au sein de L’Ancre pour cette 11ème édition du Festival International de spectacles et de rencontres !

Embrasser la lune

Mercredi 23 mai à 16h et jeudi 24 mai, à 9h15 et 10h45

> 2 ans

embrasserlalune

Deux bras, deux jambes et moi

Vendredi 25 mai à 10h

> 3 ans

deuxbras

Kubik

Mardi 29 mai à 10h

> 18 mois

kubik

Desayuno Fragil

Mercredi 30 mai à 10h

> 1 an

desayuno

Pour plus d’informations et découvrir la programmation intégrale des Pépites, consultez ici la brochure complète du Festival.

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Bilan KICKS! 3.0

Bilan Kicks! 3.0

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Un homme debout : après la pièce, un livre

Sorti en février dernier, le livre Après le meutre, revivre vous invite à découvrir les témoignages croisés de Jean-Marc Mahy (vu à l’occasion de la pièce Un homme debout, mise en scène de Jean-Michel Van den Eeyden) et de Jean-Pierre Malmendier, fers de lance de la justice restauratrice (témoignages recueillis par Anne-Marie Pirard).

Une habile façon de mettre en parallèle les étapes de reconstruction pour deux hommes que pourtant tout semblait opposer. Et de voir le combat partagé pour se relever et retrouver sa place dans la société qui pèche souvent par manque de compréhension. Sans avoir la prétention de donner toutes les clefs pour comprendre auteur et victime, le livre délivre, au travers de ces témoignages, une vision neuve et sans complaisance du deuil partagé par ces deux hommes. Et des pistes pour rester, malgré la perte ou malgré la prison, des hommes debout, des hommes dignes.

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Jean-Pierre Malmendier dont la fille Corine a été assassinée et Jean-Marc Mahy, auteur de meurtre et ex-détenu, n’avaient a priori pas grand-chose à partager. Contre toute attente, ils deviennent amis.

Ce livre témoigne du parcours des deux hommes, de leur rencontre, du long dialogue qui les mène à un projet commun. Il raconte leur découverte du surprenant parallélisme des cheminements qu’une victime et un auteur doivent parcourir quand, après le meurtre, ils veulent “restaurer leur âme”. Ils se rendent compte qu’une telle tragédie les isole, différemment bien sûr mais avec une même radicalité, et qu’il n’est simple ni pour l’un, ni pour l’autre de retrouver une place dans la société.

Un livre étonnant qu’ils ont demandé simple, sobre, intense pourtant à la mesure de leurs chagrins, à la démesure de leur espoir. En souhaitant que ces pages tombent entre les mains de quelqu’un à qui elles donnent l’élan nécessaire pour se remettre debout à son tour.

Sous la plume d’Anne-Marie Pirard, Jean-Pierre Malmendier, père désenfanté, fondateur de l’ASBL “Marc et Corine” et sénateur MR et Jean-Marc Mahy qui, “pour s’acquitter du solde de sa dette”, veut témoigner pour prévenir la délinquance et la violence. Leur projet naît en juillet 2010. Il tient bon malgré le décès inopiné de Jean-Pierre Malmendier, le 28 février 2011.

Source : Site de l’éditeur Couleur Livres

 

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Over the edge : critique

Un film pour questionner les limites posées à la jeunesse. Ici, des jeunes (pour ne pas dire des gamins) plongent dans les extrêmes, face à une répression qui l’est tout autant. Over the edge décrit cet effet d’escalade au travers d’affrontements directs et de défiance entre jeunes et vieux…

Un traitement qui laisse perplexe, car le film est vraiment difficile à croire dans sa démesure. La volonté de contrôle est incarnée par des policiers bourrus bien trop caricaturaux pour espérer sortir des sentiers battus, la détresse par des parents plutôt laxistes, et la révolte par des jeunes fatigués de se laisser dicter leur comportement. Au fond, rien de bien novateur, pour une surenchère de situations grossies et peu crédibles, dans un film qui a vraiment assez mal vieilli !

Néanmoins, une énergie de groupe, du côté des jeunes, qui réussit toutefois le pari de les rendre attachants, même si écervelés, pour leur fougue et leur naïveté au moins. Une violence mêlée au kitch qui rappelle par certains côté Les guerriers de la nuit de Walter Hill, le fun en moins. Un dénouement plutôt déplorable, puisqu’en guise d’accomplissement, la société n’offre que prison aux jeunes, qui ne reluisent pas franchement d’intelligence en semblant fiers d’y être emmenés… Consécration d’une mise au ban de la morale des adultes ? Super, et après ?!

Brûlot un peu vain, puisque le message se réduit à « ne les enchaînez pas où ils vont vous exploser à la figure »… Un brin réducteur, non ? Il y a tant de choses à construire ensemble, et non dans une guerre de générations, qu’Over the edge réussit presque à révolter grâce à ce parti-pris dépassé, et non par empathie d’une jeunesse muselée…

V.D.

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Le sacre du printemps : l’avis des jeunes

Mardi 20 et mercredi 21 mars, aux Écuries, se jouait « Le sacre du printemps ».

Une occasion unique de vivre un moment de création pure dont le spectateur fait partie intégrante. Un hommage singulier, aussi, à la chorégraphe Pina Bausch…

Comment le groupe réagit-il quand il doit suivre des instructions? Que se passe-t-il quand le spectateur est invité à devenir acteur? Tout le travail de l’artiste catalan Roger Bernat est imprégné de ces questions. Ce sont elles qui l’amènent à redéfinir, dans son œuvre, les limites du théâtre et de la danse en invitant les spectateurs à réaliser eux-mêmes la performance à laquelle ils sont venus assister.

Avec Le Sacre du Printemps, la compagnie propose au public de parcourir de manière ludique la chorégraphie éponyme de Pina Bausch, créée en 1975 sur la musique d’Igor Stravinsky.

Les jeunes du Conseil Consultatif des jeunes de Charleroi nous livrent leurs avis :

“Spectacle surprenant et particulier par rapport aux autres pièces …  très CLASSE.
Nous avons adoré le concept, à savoir que le spectateur est aussi (surtout) acteur.
Chacun de nous à reçu un casque audio et il nous a suffit de suivre les instructions de “la voix”.
Il y avait 3 audiophones différents, donc 3 consignes différentes.
Ces consignes qui étaient relativement stressantes par moment car pas suffisamment claires, ce qui nous a mené à une certaine confusion, hésitation.
En revanche, très belle visualisation et situation dans l’espace alors que peu suggéré.
Spectacle bizarre et hyper moderne à la fois.
Nous regrettons la présence de comédiens dans le public…  Ils auraient pu certainement amener une dynamique autre,
et une participation moins hésitante du “public roi”.
Bien que ce concept casse un peu l’histoire (on perd le fil), de part l’ambiguité des consignes reçues, nous nous sommes terriblement amusés.

Source : http://kulturopointmagcharleroi.wordpress.com/2012/03/26/le-sacre-du-printemps/

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Cendrillon : critique

Avec la revisite de Cendrillon, Joël Pommerat savait pertinemment où il laissait traîner ses chaussures. Le pari est d’autant plus risqué que l’histoire a déjà été usée jusqu’à la toile. La réussite de la pièce n’en est que plus honorable.

Sandra est ici petite fille qui doit apprendre à gérer l’absence de sa mère, avec son père, largué sur de nombreux plans, fantoche qui sombre également dans l’oubli, bien qu’encore vivant. Ne parvenant à accepter les faits, Sandra vit dans le déni, et s’impose un rythme infernal, à l’image de la sonnerie de sa montre, enfantine et distordue, tout bonnement imbuvable… Pour entretenir le mensonge, elle veut croire, sans en démordre, que sa mère ne mourra vraiment que si elle cesse de penser à elle plus de 5 minutes d’affilée. Comme les enfants, elle espère, avec l’énergie du désespoir, que sa volonté a des vertus magiques.

Entre sa marâtre colérique et ses sœurs qui se disputent la palme de la bêtise, Sandra, surnommée « cendrier », qui par effet de téléphone arabe, deviendra Cendrillon, ne se soucie guère des corvées, puisqu’elle se les impose, comme pour se punir d’avoir manqué à son devoir. Pour gérer l’absence, elle reporte la faute sur elle-même et demande, en plus d’accepter, toujours plus de punitions. Sur une série de malentendus et de maladresses, elle ruine les espoirs de belle-mère, femme tumultueuse en sérieux déclin… qui au fond, ne rêvait que de rester désirable aux yeux d’un homme.

La recherche du prince charmant et la rivalité, thèmes phares du conte original, sont ici accessoires. La trame du matériau premier sert de prétexte pour une pièce traitant plus particulièrement du deuil, et du désir, sous plusieurs déclinaisons, son absence comme son regain…

L’éclairage, savamment dosé, laisse une part d’ombre à l’ensemble du casting, dont on devine plus qu’on ne voit les expressions. La voix, au micro, renforce une sensation de distance au plateau qui apparaît de plus en plus comme écran au fil des effets visuels qui filent à bon train. C’est un travail fin (même si occasionnellement tonitruant) sur les décors, les ambiances et les effets visuels, faisant irruption du palais cristallin à la chambre dénudée de Cendrillon, qui laisse une forte impression.

Les dialogues débités à la mitraillette, assumant leur ressort comique, désarçonnent régulièrement par leur côté rentre-dedans qui joue double-jeu avec la naïveté toute enfantine de la protagoniste, et sa façon de râler toute belge jusque dans ses intonations… La galerie de personnages secondaires, tout aussi savoureuse, accentue par sa superficialité la dramaturgie, par effet de contraste. Quel calvaire pour la jeune fille, corvéable à souhait, que de ne jamais côtoyer de personnages moins sots !

Une grande réussite formelle et des dialogues aussi jouissifs que drôles. Seul bémol, la distance au plateau, renforcée par le son, artificialisé par les micros, et l’excès de passage littéralement obscurs… Une pièce que les effets visuels, bien que bluffants, déréalisent peu à peu. Un sentiment de manque de chair induit par la mise en scène, ceci renforcé par une narration chorégraphiée, qui si elle est diablement stylisée, confine à l’abstraction, et nous éloigne encore de la vie sur le plateau. Attendre minuit pour pouvoir apprécier le propos sans sa beauté illusoire ? You wish…

V.D.

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Submarine : critique

Oliver Tate, adolescent à l’âme littéraire, un rien introverti, s’éprend de la fatale Jordana et sa redoutable coupe au carré. Si le pitch n’a rien de bien original, Submarine n’en est pas moins agréable à découvrir.

Car au delà d’une amourette classique, il y a de la matière.

Dans l’intrigue, car en parallèle, l’enjeu pour Oliver est de rabibocher ses parents, menacés d’adultère par une sorte de gourou-ninja qui rivalise de manipulation et de ringardise, mais fait la convoitise de la mère du protagoniste.

Dans le propos, car sans passer du côté de la vulgarité gratuite, Richard Ayoade aborde des thèmes adultes sans langue de bois. Une démarche simple mais un véritable souffle de fraîcheur pour un film qui aborde la sexualité sans grand renfort d’humour potache ou vision extrême et/ou trash… ce qui a le mérite d’être assez rare pour être souligné. Au milieu du marché des teen movies, il est particulièrement agréable de pouvoir découvrir un film faisant appel à un semblant d’intelligence, loin des traditionnelles répliques scato et des excès motivés par le désir de monter la  bande-annonce la plus aguicheuse possible.

Dans la forme, celle d’un journal intime, suivi avec la voix-off d’Oliver, au fil d’un monologue plein de malices. D’habiles références au cinéma comme autant de clins d’œil appuyant des effets de style pour appuyer un regard ou transmettre une émotion. Sans sensiblerie, une pudeur dans l’écriture qui permet un réel attachement au personnage principal, porté à l’écran avec brio par le jeune Craig Roberts, qui pour son premier grand rôle, n’a assurément pas à rougir.

Malgré l’évolution de l’intrigue amoureuse, qui perd un peu de son élan dans une seconde partie moins rythmée, reste le plaisir de suivre le parcours de cet adolescent à l’imaginaire débordant et à la sensibilité bien réelle, malgré son élocution mesurée. Un portrait touchant d’une jeunesse les pieds dans l’eau, pas sûre de ses sentiments, porté par une bande son au charme « so british », à l’image du film lui-même… Submarine fait l’effet d’une bonbonne d’oxygène dans un océan de productions filmiques surfant sur la vague du jeunisme. La faute à la patte bien marquée d’un réalisateur particulièrement inspiré. Puisse Richard Ayoade pouvoir porter d’autres projets avec ce même talent, car Submarine compte nombre de qualités, et ce sentiment de cohésion… Du bel ouvrage, capable de torpiller le premier croiseur hostile.

V.D.

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Kynodontas : critique

Jamais la cellule familiale n’aura autant évoqué la séquestration. Immersion au cœur d’une villa où on aboie, ou les chats sont une menace à prendre au sérieux. Une famille où l’on cueille des zombies et on se lèche pour arriver à ses fins.

Revisite de l’allégorie de la caverne de Platon, Canine (ou Dogtooth ou Kynodontas) est un film réellement étrange tant par sa forme que par le traitement de son sujet. Ses héros, des jeunes qui ne le sont plus vraiment, sont maintenus dans une espèce de dépendance oppressante par leur géniteur, tyran aux traits durcis, impassible et impitoyable.

Un film de contrastes. Contraste entre le jardin propret, les décors immaculés, la lumière crue du ciel, et la noirceur du propos, la violence des faits. Sans réelle pudeur, dans un silence pesant et une perpétuelle sensation d’étrangeté, les protagonistes dévoilent leur fragilité, leurs rêves déchus, et leur peur fabriquée par la figure paternelle, nous posant la question du formatage.

Pourtant, dans le traitement, Canine peut tendre à exaspérer par son côté intello et auteurisant, et par son écriture plutôt conventionnelle… Un gros problème de rythme, surtout, et la conduite uniforme de ses acteurs, pour la plupart assez mono-expressifs, ne permet pas de maintenir l’intérêt sur le long terme : quand les rouages de la tragédie sont mis en place, les dés sont déjà jetés, et le reste n’est plus qu’attente…

Au final, un film qui se casse les dents sur une question de forme alors qu’il aurait pu continuer de surprendre en s’éloignant de cette démarche jusqu’au-boutiste mais sans surprise. Un potentiel barricadé derrière l’envie devinée de se concentrer sur de brèves scènes choquantes, coups d’éclats aboyés par Yorgos Lanthimos, mais trop vite oubliés. Le coffre de la voiture qu’on aurait aimé infiltrer auparavant, pour suivre de doux dingues arrachés à leur microcosme, vers d’autres horizons. Ce que développait par exemple un certain Rolf de Heer dans le plus abouti Bad Boy Bubby

V.D.

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Les géants : critique

Les géants, ou l’histoire d’adolescents livrés à eux-mêmes, en roue libre au fin fond de la campagne.

Plus d’adultes responsables, et bientôt plus de ressources… c’est le point de départ de ce film au croisement du road-movie et de la chronique d’une jeunesse désœuvrée. Au fil des tribulations de ces trois jeunes, de galère en galère, Bouli Lanners prend plaisir à nous perdre dans les méandres de la forêt où ses jeunes antihéros vont croiser une belle galerie de seconds rôles, aussi décalés les uns que les autres, dont la plupart sont assez inquiétants. Un environnement hostile avec lequel les gamins doivent composer pour subsister : même si souvent comiques, les situations cruelles, parfois un brin surréalistes, dépeignent un univers impitoyable où les faux pas sont lourds de conséquences.

Et puis ? Bientôt dépossédés, les jeunes traversent différentes états, de l’ennui à la jubilation, du désespoir à la colère, sans retenue… La recherche de satisfaction immédiate, les bêtises aux effets inconsidérés, les lendemains péroxydés composent une belle ode au seul instant présent, l’unique réalité de ces gamins désaxés.

Néanmoins, si l’issue n’est pas des plus tragiques pour ces adolescents en totale errance, c’est sans savoir vers quoi ils vont qu’ils sont abandonnés par nous, spectateurs. Portés par leur énergie de continuer d’aller de l’avant sans se soucier du reste, un peu endurcis par leurs désillusions, ils continuent leur route, en ramant, image loin d’être innocente.

C’est le renoncement à faire confiance au monde des adultes, l’image du téléphone qui coule dans la rivière, et les regards lourds de sens, qui resteront imprimés dans les rétines. Et la mélancolie à se laisser porter à la surface de l’eau, sur la musique aérienne du Bony King of nowhere, aux ballades à la saveur douce-amère…

Une soirée pour rappeler chacun à ses souvenirs de feu de camp, et le sentiment que le monde est là, devant nous, que tout est encore possible…

V.D.

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Cendrillon : l’avis des jeunes

Ce samedi 17 et dimanche 18 mars se jouait, au PBA, Cendrillon de Joël Pommerat.

Joël Pommerat aime confronter les gens ordinaires à des situations extraordinaires, comme dans les contes pour enfants. Il était évident qu’un jour, outre les pièces qui ont fait son succès, il allait réécrire, dénuder et actualiser des histoires qui ont forgé notre imaginaire depuis l’enfance.

Après Le Petit chaperon rouge, Pinocchio, c’est un autre de ces contes de la tradition populaire dont il s’empare pour mieux le sublimer : Cendrillon. Le carrosse est avancé, ne reste plus qu’à prendre place.

Les jeunes du Conseil Consultatif des jeunes de Charleroi y ont assisté et nous délivrent leur avis :

« Très belle mise en scène,beaux effets spéciaux notamment avec la maison en verre,très beau décor sauf un peu lourd au niveau du changement de décor. Beau scénario et belle modernisation Référence à la jeunesse,on y voit des sujets d’actualité comme par exemple la corruption,la méchanceté,le désespoir. Seul inconvénient, c’est beaucoup trop chargé, ils veulent beaucoup époustoufler la salle. A part ce détail, le jury du festival était comblé. »

http://kulturopointmagcharleroi.wordpress.com/2012/03/20/cendrillon/

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17 filles : critique

Une invasion de coccinelles : c’est l’événement pour le moins incongru qui ouvre 17 filles, comme un signe avant-coureur que tout est possible.

Inspiré de faits réels, l’argument du film est à la fois simple et lourd de conséquences : à la suite de Camille, une poignée de lycéennes décide de tomber enceinte au même moment, avec l’envie de refaire le monde ensemble, et d’élever une progéniture tout aussi utopiste. C’est la facilité avec laquelle toutes les jeunes se laissent embarquer dans ce délire qui pose question.

D’une part, la future responsabilité de parent ne semble pas vraiment considérée avec sérieux par les protagonistes : elles ne se focalisent que sur leur envie d’enfanter, leur (besoin d’)amour, reporté sur leur enfant. L’argument matériel et concret (parce qu’un enfant ne vit pas d’amour et d’eau fraîche, quoi qu’on en dise) est nié en bloc, sur fond de crise adolescente et de rébellion contre les figures parentales. Du point de vue des adolescentes, leurs parents qui se mettent en quatre pour qu’elles ne manquent de rien passent à côté de l’essentiel. « On va pas devenir comme nos parents », sorte de leitmotiv, semble hanter ces filles au ventre rond, capables de ne se construire que par opposition au modèle parental. Comme quoi, l’esprit de contradiction peut aller loin…

D’autre part, les parents complètement dépassés par les événements font réellement peine à voir, englués dans leur immobilisme. A part rejeter la faute au corps enseignant, ils apparaissent en général bien ridicules, et on ne peut dès lors reprocher aux filles de rejeter les repères qu’ils leur imposent. Il est regrettable, en revanche de ne jamais vraiment accorder de crédit aux pères des 17 futurs nouveau-nés, qui rivalisent par leur absence de substance ou leur ridicule (50 balles et c’est réglé, merci, au revoir).  Pas le sujet, probablement.

Julia, forte tête du groupe, et instigatrice du délire de fertilité, cristallise peu à peu tous les espoirs et les craintes des 17 filles. Derrière l’assurance apparente, la fragilité du personnage est remarquablement portée à l’écran par Louise Grinberg, faussement féministe, vraiment paumée. Véritable chef de meute, c’est dans la dynamique de groupe plus que dans la question de la maternité qu’elle surprend, car c’est là que le film réussit à toucher au plus juste.

Il est assez triste, mais pourtant sans grande surprise, de voir les protagonistes échafauder des plans dont on sait qu’ils ne tiendront jamais la distance. L’idée folle de mutualiser leurs allocations et prendre leur autonomie se heurte à un magistral retour de bâton avec la malheureuse Clémentine, chassée du domicile familial. C’est là que le film bascule, en ramenant au principe de réalité, et scelle la fin du rêve.

Somme toute, une narration assez classique pour un phénomène pour le moins surprenant… Un film qu’une séquence de jeu avec un ballon de feu, à l’image du ventre des protagonistes, pourrait simplement résumer. Sans morale réellement arrêtée, ces 17 filles troublent, mais on ne sait trop qu’en retirer, sinon une boîte de préservatifs au distributeur…

V.D.

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Innocence : critique

Arrivée en cercueil. Au fin fond d’une forêt, une espèce de pensionnat pour le moins spécial où de jeunes filles font leur éducation. Comme une mort scellée, car le sentier bordé de lampadaires semble sans issue. Dictature d’une éducation imposée, sans grand sens, mais pour aller où ?

C’est en embrassant le point de vue de jeunes filles qu’on plonge dans cet univers pour le moins inquiétant. Les plus désobéissantes semblent condamnées à vivre là, à gérer la vie des plus jeunes. Les meilleures n’ont pas nécessairement de meilleures perspectives d’avenir. Ici, on ne sort pas. Et la soif d’excellence n’est pas récompensée comme d’accoutumée… C’est la naïveté des répliques des enfants qui rend ce vase clos à la logique kafkaïenne plus sinistre encore. La cruauté comme seule loi ? L’ennemi est partout, et la menace se cache dans les plus innocents sourires.

L’ambiance sonore, telle une chape de plomb, accentue ce persistant malaise qui finit par dégoûter. A l’image de ces séquences sous-marines anxiogènes, le film prend le parti de nous noyer sous une avalanche de séquences sombres, souvent plus implicites que démonstratives. Pesant, angoissant, le film de Lucile Hadzihalilovic ne connaît pas vraiment d’éclaircies, et son dénouement peut laisser assez circonspect.

Ce qui passe comme évidence dans la fin du film ennuie, comme si quitter un enfer ne pouvait que mener à un nouveau, cette fois-ci plus minéral, moderne, mixte. Questionnant l’innocence du spectateur en attente d’une fin forcément tranchée, dans le bon ou le mauvais sens pour ses protagonistes, la réalisatrice pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Un parti-pris assez facile pour laisser soin au spectateur de reconstruire l’histoire lui-même, mais qui peine à convaincre. Bijou sombre, mais bijou en toc, Innocence séduit par sa noirceur, mais son éclat reste toutefois bien limité…

V.D.

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In vitrine : l’avis des jeunes

Au Théâtre de l’Ancre, se jouait, ce jeudi 3 et vendredi 4 mars “In Vitrine”.

Avec “In Vitrine”, le Collectif Rien de Spécial interroge de manière inédite et insolite le quotidien et la banalité de ces moments de fête que nous connaissons tous. Ceux qui en disent tellement sur ce que nous sommes et sur ce que nous montrons aux autres. En chahutant les codes du théâtre, il se saisissent de la scène comme d’un miroir déformant. Attention les yeux !

Les jeunes du Conseil Consultatif des jeunes de Charleroi (CCJC) nous livrent leurs avis : ” Nous avons assisté à une pièce qui nous a, à peu près, tous marqué. Dans un premier temps, il s’agit d’une petite partie de plaisir. Dans un second temps, c’est une vraie pièce de théâtre qui mène à la réflexion. Les auteurs ne nous donnent aucun indice, chacun est libre de penser ce qu’il veut. Un jeune a même cité : “C’est une pièce inhabituelle, nous ne pensions pas assister à cela”. Nous en faisions partie. En effet, nous sommes tous invités à la fête d’Alice, nous avons tous chanté un bon anniversaire, nous avons fait des photos, nous avons chanté un karaoké et nous avons eu des interactions avec les acteurs. Tout était écrit sur un écran, il fallait suivre au pied de la lettre le programme donné. Nous avions vraiment l’impression d’y être. C’était une chouette expérience. La pièce décrit la vie actuelle. L’exagération des acteurs a parfois lassé certains d’entre nous, qui sur le coup, à chaud, n’ont pas vraiment compris le rapprochement avec les effets créés. »

http://kulturopointmagcharleroi.wordpress.com/2012/03/12/in-vitrine/

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ETB : critique

Regard sur l’adolescence, ETB propose une immersion dans cet état transitoire…

Au cœur des préoccupations adolescentes sont passés au crible le souci de se construire, le poids du regard de l’autre, la difficulté à accepter ses propres sentiments, les premières amours et les premières grosses gamelles, aussi… Si ces angles d’attaque, articulés autour d’un triangle amoureux pour permettre une narration dynamique, ne sont pas des plus originaux, ils font bien écho aux questions que se posent les jeunes à un âge charnière.

Le bémol, c’est peut-être la mise en perspective de ce point de vue… Si les dialogues sont intelligemment écrits au service de la narration et les thématiques abordées au travers d’un parler sincère et audible pour les jeunes, les adultes, eux, risquent parfois de se sentir vieux cons.

L’interprétation, en particulier du personnage d’Elisa, est assez criarde : l’envie prend parfois de secouer ce personnage pour qu’il arrête de bramer contre le reste du monde : se construire avec ses propres convictions, après tout, hypothétiquement, Elisa le pourrait. Ce qui la retient, c’est seulement le crédit qu’elle accorde à ceux qui l’insupportent. Cet exemple peut s’étendre à ETB, dans le sens où le « transitoire » du titre reste flou. En quoi les ados ont-ils avancé à la fin de la pièce ? Sont-ils plus adultes ? Révoltés, ils l’étaient au début, ils le sont restés, mais n’ont pas changé les fondements de leur malaise. Acceptation ? Non plus. Dès lors, le doute est permis…

L’effet de catharsis ne semble donc efficace que pour ceux qui traverseraient un cap difficile… Pourquoi l’adolescence serait synonyme de crise, aussi ? Le postulat est tendancieux. Alors, « vivre », fort bien, mais fallait-il que ce mot apparaisse comme une chute ? La pièce n’aurait-elle pu commencer ici pour nous emmener ailleurs, sur une planète où les adolescents essaient de changer le monde autrement qu’en geignant ?

C’est l’énergie des trois interprètes et l’écriture des dialogues d’ETB, véhicule d’une sensibilité écorchée, qui sauvent le navire. La mise en scène, épurée, permet de se focaliser sur le propos, pour se concentrer sur l’impact des prises de gueule, des coups de bec. La vidéo, malgré son peu de lisibilité, permet à la pièce de reprendre un peu d’oxygène et de développer le propos à renforts de notions-clés manipulées avec poésie. Derrière, l’intérêt deviné à poser des questions pertinentes sur le sujet, et permettre une prise de recul sur l’adolescence « littérale » jouée sur le plateau.

ETB, au final, reste audacieux et plein de vie, mais l’énergie semble déployée au détriment de la distance sur le propos. Un pari risqué pour ceux qui n’arrivent pas à rentrer dedans où à s’identifier aux protagonistes, pour une pièce qui apparaît encore un peu verte… Du potentiel à mûrir, à surveiller de près.

V.D.

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L’arrestation : critique

De procès d’intention en procès d’intention, une situation qui dégénère. Concrètement, pourtant, rien. Un type croise un flic. Ni une ni deux, c’est l’arrestation.

Une approche assez originale tant dans le texte, qui laisse la part belle au flic, que dans la scénographie qui englobe le spectateur au cœur de l’action, et contribue à renforcer la sensation de danger par l’imbrication physique dans ce jeu du chat et de la souris.

Un moment de poésie naît de cette tension, car le développement du policier est intéressant et évite (à tout prix ?) les clichés. Le texte parvient à tenir en haleine, ce qui n’était pas évident du fait de monologues assez sévères. Le policier, dans ses tirades enflammées, prend des airs prophétiques, même si dangereusement instable. Même si moins développé, le personnage du jeune est pertinent, ne serait-ce que dans la douleur. Cette douleur partagée, celle d’être cantonnés à des stéréotypes. Un combat acharné contre une forme de déterminisme social, en marchant sur des œufs ou en mettant les pieds dans le plat, évoquant des questions de drogue, d’alcoolisme ou de suicide. « Que du bonheur » pensera-t-on, mais pourtant c’est avec finesse et légèreté que les sujets arrivent sur le tapis, sans découpage sous formes de tableaux… On aurait pu craindre que l’auteur ne cherche à remplir un cahier des charges des sujets lourds à aborder, mais il n’en est rien : les personnages évitent aisément nos attentes, humanisés avec justesse.

Le temps s’arrête, notre respiration aussi, tandis que la force de l’ordre (au cerveau bien perturbé, pourtant) semble perdre pied. A sa merci, sa proie est à l’article de la mort. Dans une atmosphère irréelle accentuée par ces néons clignotants, rappelant les lampadaires déglingués d’un quartier pauvre, attente d’une détonation qui n’a pas lieu, qu’on souhaiterait presque pour abréger la souffrance du prisonnier.

Seule la fin, abrupte, surprend sans réellement convaincre. L’arrestation du temps, de ce combat, prend soudain fin, mais on ignore tout de ce qu’en retirent les deux chevilles ouvrières de ce drame humain… Difficile de songer que ce n’est pas l’important, surtout quand tous les éléments de la pièce travaillent à rendre ces deux personnages humains et dignes, ce indifféremment de leur rang social. Un climat de terreur qui aurait gagné à perdurer. Syndrome de Stockholm, quand tu nous tiens…

V.D.

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Journal d’un jeune branleur : critique

Un texte, deux voix. Celle du protagoniste, et celle du musicien, en écho.

Un texte pour dépeindre l’ennui, pour dégueuler une vie dénuée de sens, dégueuler l’envie de violence, juste pour se sentir physiquement présent. Un texte à l’écriture truffée de références, plus ou moins digérées, des fois resservies à peine remâchées. Vaguement écœurant.

Une mise en scène relativement dynamique, personnage catapulté d’un bout à l’autre de son espace clos. Lumières éclairant un rictus, ou l’engloutissant dans un fondu au noir très cinématique.

Une ambiance sonore délibérément pesante. Des interludes musicaux fluides, une énergie punk pour appuyer le propos. Une danse où comme possédé, le jeune branleur brille par son interprétation, tout en rage plus vraiment contenue.

Mais un journal sans objectif apparent. A part dépeindre un état de fait où l’excès devient seul refuge. L’excès de néant. Abusif ? Abusif. Comme lui, nous sommes ennemis, nous sommes l’ennui.

Au final, on ne sait pas trop apprécier ce jeune branleur. Difficile de s’y identifier vu l’excès du propos. Si pas avec, sommes-nous néanmoins contre ? Critique un peu facile : à nous la honte d’être si conformistes et cannibalisés par le système, dévorés par la seule réalité, celle télévisuelle ? Ce serait réfuter d’autres alternatives à ce système décrié, penser le monde incapable de recul et d’esprit critique. Complètement prétentieux.

Si l’étape de travail est assez aboutie du point de vue dynamique, que l’interprétation sonne juste, c’est finalement le texte qui ennuie, par volonté de toujours chercher à dépasser les limites, dans un style qu’on devine vouloir se rapprocher d’un William S. Burroughs, mais plutôt gratuitement, au fond.

C’est de nuances dont manque ce Journal d’un jeune branleur… Ce personnage ennuie car il n’évolue pas. Et finalement, son portrait, se voulant porte-parole de sa génération, semble réducteur et passablement abrutissant. Comme les images vulgaires défilant à l’écran : à vous filer la nausée.

V.D.

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ETB : l’avis des jeunes

Ce lundi 5 et mardi 6 mars, se jouait au Théâtre de L’Ancre “ETB”. Les jeunes du Conseil Consultatif des Jeunes de Charleroi y étaient !

“ETB”, c’est l’histoire d’adolescents qui aspirent à exister dans ce monde agité mais creux. Sur fond de triangle amoureux, cette histoire nous confronte aux questions de ces jeunes en quête d’identité, de repères et de réponses. Questions philosophiques… questions existentielles… questions pièges…

Les jeunes nous confient leurs avis : ” C’est une pièce axée sur le monde des jeunes. On est admirablement bien rentré dans la pièce, on se sent concerné. Différentes thématiques sont ciblées : le travail, le triangle amoureux, la routine, les modes et la consommation, la recherche d’identité, la religion et les sans papier. Il y a une absence d’éclairage ce qui laisse court à l’imagination des spectateurs.

C’est une pièce d’actualité, multiculturelle. Les acteurs avaient un très bon jeu. L’écran était génial mais malheureusement, l’écriture était trop petit.

http://kulturopointmagcharleroi.wordpress.com/2012/03/09/etb/

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In vitrine : critique

*** (Avis de la rédaction)

Surtout, surtout, ne rien laisser au hasard. Ce soir, Hervé et Marie ont préparé l’anniversaire surprise d’Alice. Et nous y sommes conviés. Face à nous, le plateau est à moitié vide, un peu en désordre. Sur la droite, un écran affiche l’heure exacte et une petite phrase : Bonsoir, merci d’être venus (10 : 00). Soit une formule de bienvenue convenue mais aussi le timing exact de cette première partie : 10 minutes.

Au bout de celles-ci, Hervé Piron, Marie Lecomte et Alice Hubnall, les trois comédiens du collectif Rien de Spécial, viennent nous expliquer le programme, projection power point à l’appui. Tout y est : accueil, apéritif, sketch surprise, cadeau, gâteau, discours d’Alice, vidéo souvenir et même… mort d’Alice.

Une fois le programme déroulé, celui-ci peut commencer. Derrière le rideau, on entend Hervé s’agiter pour placer le décor. Quand Alice arrive, croyant passer la soirée avec ses deux potes, elle a droit à un Happy Birthday to you chanté par toute la salle. Exclamations de surprise, cris de joie : tous les clichés y passent et on les reconnaît instantanément.

Le chrono égrène les secondes de chaque séquence faisant le bonheur des maniaques de l’ordre et de l’organisation. Photo de groupe, apéro, papotage entre invités (le trio enfile les banalités d’usage sur le temps, le boulot, les enfants, la crise et l’inévitable « Tout augmente »), séquence souvenirs faussement bon enfant se terminant par un long fou rire destiné à masquer la gêne et l’absence de sujets de conversation…

Également annoncé, le sketch surprise va effectivement surprendre : échappé d’Alice au Pays des merveilles, un lapin géant égrène les fins tragiques auxquelles Alice a échappé cette année (sida, cancer, accident, monoxyde de carbone…) tandis que la mort repart constamment bredouille. Mais même là, on en revient aux clichés sur les dangers qui nous guettent.

D’un bout à l’autre du spectacle, on suit ainsi au millimètre près le programme prévu. Programme d’une soirée, programme d’une vie que chacun établit à sa façon : symbolique des chiffres pour l’une, planning pour l’autre, hystérie archi-prévisible des jeux télévisés dans l’irrésistible séquence sur l’avenir d’Alice… Même le repas d’anniversaire est préparé sous vide. Jusqu’à la mort d’Alice, comme annoncé dès les premières minutes.

Souvent hilarant, ce In vitrine proposant une sorte de mode d’emploi d’une vie prémâchée comme une croisière ou un voyage organisé file aussi un fameux coup d’angoisse. Car tout le monde dans la salle a vu, entendu ou vécu une bonne partie de ce qui se déroule sous nos yeux. Et la médiocrité, la peur, la solitude qui suintent de partout vous filent un fameux coup de blues. Une manière imparable de nous inviter à s’en échapper.

JEAN-MARIE WYNANTS

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Spider baby : critique

Spider baby est une toile horrifique de Jack Hill tissée autour d’une famille pour le moins particulière. Ce sont trois enfants atteints de dégénérescence (dont l’aîné rappelle furieusement les Freaks de Tod Browning) qui sont au centre du propos du cinéaste. Elevés par un chauffeur qui assure leur tutelle en essayant de les préserver du monde, ces gosses paumés, sans repère autre que celui de la loi du silence, voient leur quotidien basculer lorsque des membres éloignés de leur famille décident de leur rendre visite. Pour protéger leur secret, les enfants Merrye vont gravir à vitesse grand V les échelons de la violence.

Le film, tout d’abord, est fort de sa bande originale rappelant les grands thèmes de Bernard Hermann (principal collaborateur d’Hitchcock) qui instaure une ambiance et donne une couleur à chaque séquence… comme autant d’états d’âme des personnages. Un certain nombre de bonnes astuces, une bonne gestion des clairs/obscurs, et le côté bricolo de l’ensemble (le monte-charge !) permettent de livrer un film généreux même si on devine par moments un budget de production assez fauché.

Il semble assez vain de s’attarder sur la violence des faits, relativement prévisible au vu de l’accueil réservé à un pauvre coursier au début du film. En effet, malgré une mécanique et certaines séquences proches des codes du slasher (ce qui, en 1964, est plutôt neuf !), l’horreur n’est pas à prendre au sérieux tant les grands enfants, finalement, suscitent une certaine tendresse, avec leurs blessures, leur logique naïve, leurs trous dans la chaussure.

Sans tomber dans l’apologie d’un retour à la loi sauvage (la famille évoque souvent dans son fonctionnement une tribu), Jack Hill partage son amour d’une certaine jeunesse « cramée », avec son araignée au plafond. C’est dans un twist assez peu surprenant qu’il finira par poser la question de ce qu’il nous reste à tous de cet instinct, récessif ou dormant, mais assurément là, ne demandant qu’à éclore. Le bébé araignée de Jack Hill, ainsi, déploie ses longues et fines pattes, et sous ses allures somme toute assez classiques, se révèle délicieusement subversif.

SpiderBaby

V.D.

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L’arrestation : l’avis des jeunes

Du jeudi 1 au samedi 3 mars se jouait, au Théâtre de l’Ancre, “L’Arrestation”. Les jeunes du Conseil Consultatif des jeunes de Charleroi (CCJC) y ont assisté.

Nous avons déjà tous entendus “Les adolescents sont tous des délinquants”. C’est un préjugé qui persiste. Ce duo-duel vous dévoilait les tensions, les faux-semblants et les failles d’une collision entre un jeune homme et un policier.

Les jeunes du CCJC donnent leurs avis : « Cette pièce était surprenante et inattendue. Les acteurs avaient un très bon jeu, cela rendait la pièce beaucoup plus réaliste. Il y avait une part de vérité autant du côté du policier que du côté du jeune. Cependant, la jeunesse était assez stéréotypée et le policier interprétait l’image de l’autorité du point de vue des jeunes. Le moment le plus marquant était lorsque le jeune fut menotté et lorsqu’il criait, hurlait, on pouvait se représenter les sentiments des acteurs. C’est un texte magnifique, remplis de sens. Les aspects du décor étaient recherchés. »

http://kulturopointmagcharleroi.wordpress.com/2012/03/05/larrestation/

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Pour rire pour passer le temps : critique

Questionnant notre rapport à la violence, et dans une moindre mesure notre voyeurisme, Pour rire pour passer le temps est une pièce qui cherche à éviter de donner des réponses prémâchées… Avec un pareil titre, à la lecture de l’argument, on aurait pu s’attendre à un déluge de trash surfant sur la vague du torture-porn (popularisé par les films Saw, Human centipede et autres Hostel…), mais point d’excès à déplorer de ce côté-ci. Les considérations morales bateau sont ici esquivées car le point de vue adopté est celui d’un personnage ambivalent, et non celui de la victime, comme d’accoutumée.

Cette ambivalence est accentuée par le choix d’un seul en scène. La voix-off de son acolyte « bourreau ordonnateur » et l’absence de la victime, ficelée à la chaise, virtualise le rendu. En contrepoint, la mise en scène épurée, sans renfort permanent d’artifices, replace la violence dans une réalité et un quotidien (ici une salle d’études) qui lui redonnent une certaine crédibilité.

Cependant, certains partis-pris semblent discutables. Si le bourreau « voix-off » est plus ou moins diabolisé ici, l’intervention régulière du larsen pour appuyer ses réclamations est assez confuse. Si ce « vrai responsable » a un côté Jiminy Cricket croisé avec M. Hyde, on regrette finalement qu’il ne soit pas simplement un pendant de la conscience du protagoniste, mais bien un personnage extérieur. La folie qui guette et amène une tension sur le plateau aurait gagné à être plus développée, au lieu de s’en tenir à la banale justification de « prouver sa toute-puissance » pour justifier de la violence.

Difficile de souscrire au point de vue qui avec une certaine complaisance rejette la faute en bloc sur le « bourreau en voix off » en humanisant le personnage « manipulé » et en le victimisant. La victimisation, après tout, est consentie : rien n’aurait, dans le fond, empêché le protagoniste de prendre le taureau par les cornes, et s’affirmer en refusant d’être partie prenante de ce jeu à priori « innocent ». Sans surprise, car on devine que ce jeu ne s’arrêtera que quand il aura été trop loin. Et si l’objectif n’est pas de tirer à boulets rouges sur le(s) responsable(s) mais bien d’étudier l’influence d’une dynamique de groupe, c’est de corps, paradoxalement, que va manquer le propos, à cause du choix, pourtant louable, de dématérialiser les deux personnages « sans surprises », bien rangés de leur côté de la barrière séparant le Bien et le Mal.

Les questions sont bel et bien ouvertes, et la pièce est à la hauteur de ses ambitions puisque les échanges qui suivent sont animés et intéressants. Pourtant reste l’impression que dans l’intention, le serpent se mord parfois la queue, et qu’à l’image de son protagoniste, la pièce est sur la tangente…

V.D.

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Pour rire pour passer le temps : l’avis des jeunes

Ce mercredi 29 février, se jouait, à la Bibliothèque de l’UT, “Pour rire pour passer le temps” dans le cadre du Kicks festival 3.0 !

Grâce à sa mise en scène “commando”, cette séance de torture “pour passer le temps” rapproche le public très près de ses “héros”. Le rendant complice, malgré lui, de plaisirs troubles et témoin de lâchetés ordinaires.

Les jeunes du Conseil Consultatif des jeunes de Charleroi y étaient et nous livrent leurs impressions.

C’était une pièce au sujet très fort. Pourtant la mise en scène était très simple. Un retour à l’essentiel et aussi une universalisation exceptionnelle, difficile à approcher d’un premier abord mais extrêmement riche dès que l’on prend un peu de recul.. et animée par un excellent débat !

Je n’ai pas très bien compris le sens de la pièce. Elle était fort courte. Le jeu de la manipulation est bien voyante mais la morale n’y est pas.

Pièce choquante, marquante, avec beaucoup de violence. Elle traîte plusieurs aspects : la dominance morale, la violence physique, le doute, le questionnement, la faiblesse humaine, le bien / le mal, la soumission, la recherche d’identité. C’est une pièce qui peut s’adapter à plusieurs situations.”

http://kulturopointmagcharleroi.wordpress.com/2012/03/02/pour-rire-pour-passer-le-temps/

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Le signal du promeneur : critique

Tout commence avec une sensation d’intimité sur un plateau démesuré. Des sourires devinés dans les ombres rougeoyantes d’un chœur improvisé. Puis démarre une narration éclatée, accélérée, effervescente. Les boîtes crâniennes ne sont pas loin d’avoir la rage, totales ébullitions. La cavalerie utopiste, enthousiaste et bancale, communique sa furieuse envie de renverser l’ordre établi.

Un ordre que déconstruisent, dans des tirades aussi absurdes que fleuries, les 5 protagonistes, tous affublés de l’incongru sobriquet de Francis. « Au commencement était le Verbe » ? C’est en tout cas là que démarre le Raoul collectif, avec un travail d’écriture gargantuesque pour retourner, décortiquer les mots, leur (re)donner du sens. Des mots écorchés qu’on s’amuse de voir revêtir une toute autre portée, au gré du contexte, dans un style qui évoque celui d’un certain Alain Robbe-Grillet pendant l’écriture de Djinn, roman tout aussi jouissif, redoutablement manipulateur.

On pourrait s’appliquer, s’appliquer encore, à se concentrer sur les faits, uniquement, mais sans latin, surtout sans latin. Au lieu de ça, la révolution commence à l’échelle de l’intime, d’un simple mensonge, pour ne pas décevoir les attentes, un mensonge motivé par la pression sociale, un mensonge qu’il est bien plus confortable de prendre soi-même au sérieux. La réalité ne tient qu’à la conviction, après tout. Et l’équilibre ne tient qu’à la proportion entre loups, chevreuils et mousse. Tout est sous contrôle. Enfin, c’est ce qu’on croyait, jusqu’à l’apocalypse, l’hystérie, la chute de terre.

Si la narration se construit pas à pas pour construire du liant et canaliser le propos, ce n’est pas tant le fil rouge qui retiendra l’intérêt que le plaisir de ne plus savoir où le récit nous mène. Nous avons perdu notre chemin, et alors ? Tant mieux !

C’est comme une prise de risque qu’on apprécie Le signal du promeneur : un essai transformé pour une pièce atypique, dense sans virer à l’overdose, et surtout rafraîchissante car bien loin des sentiers battus…

V.D.

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Le signal du promeneur : l’avis des jeunes

Ce mardi 28 février se jouait, aux Ecuries de Charleroi Danses, le Signal du Promeneur dans le cadre du Kicks festival 3.0 ! Les jeunes conseillers du CCJC (Conseil Consultatif des jeunes de Charleroi) ont eu l’occasion d’y assister.

Avec une force ludique et poétique, cinq artistes lancent leur envie de métamorphoser collectivement le monde.

Les jeunes nous ont fait partager leurs avis quelque peu mitigés :

J’ai eu du mal à saisir les différents sujets, à comprendre. Il y avait un manque de clarté. Cependant, l’humour, l’éclairage, la musique et le jeu des différents sentiments ont donné un plus à la pièce.”

Le thème de la recherche de l’utopie est bien cerné au début mais on perd le fil au milieu de la pièce. L’interrogation est intéressante mais il y a un manque de développement. Par contre, la musicalité, la créativité, les images, les références et l’interprétation font que j’ai apprécié ce spectacle.”

C’était vraiment super. C’était bien joué dans la gestuelle, la parole et les chants (chorale). Le décor était vraiment bien choisi. L’exagération de la pièce fait qu’elle était spéciale. Il y a eu une très bonne intro avec les personnages qui débarquent un peu partout. La vision de la justice est vraiment bien caricaturée.”

http://kulturopointmagcharleroi.wordpress.com/2012/02/29/le-signal-du-promeneur/

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Inside out / Smile au BPS22

Participez au projet « INSIDE OUT », conçu par le photographe JR, en offrant à Charleroi votre plus beau sourire !

Photographe français de renommée internationale, JR est un artiste engagé. En photographiant des populations aux quatre coins du monde, il redonne un visage humain à nos villes. Le principe est simple: les portraits des habitants sont imprimés sur des affiches de grands formats et collés en¬suite dans des lieux emblématiques de la ville.

« INSIDE OUT » à Charleroi a pour leitmotiv « SMILE », et pour ambition de participer à l’amélioration de l’image de la ville et de ses habitants. Pour ce faire, le B.P.S.22 lance le pari fou de photographier 500 personnes, de tous âges et de tous horizons confondus, qui participent à la vie carolo, et d’afficher ensuite leurs portraits dans toute la ville.

> Comment participer ?

Infos sur http://bps22.hainaut.be/ ou par téléphone au 071 27 29 71.

Plus d’infos sur le site du photographe porteur de ce projet, JR : http://www.insideoutproject.net/

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Nés Poumon Noir : l’avis des jeunes

Le 24 et 25 février, au Théâtre de L’Ancre, se jouait « Nés poumon noir » dans le cadre du Kicks ! 3.0 festival. Les  jeunes conseillers du CCJE (Conseil consultatif des jeunes de Charleroi ) ont eu l’occasion d’y assister ce samedi.

Qui aurait cru que guitare, harmonica, slam, réalisation vidéo et rap pouvaient se marier si habilement. Durant un peu plus d’une heure, Mochélan et Julien nous délivrent les pensées les plus profondes d’un carolo.

Un des jeunes conseillers nous partage son ressenti sur le spectacle : «  Ce spectacle (pièce – concert ?), dialogue d’un genre nouveau m’a touché au plus profond. Cette expression, cette mise à nu tellement forte m’a transporté. Chaque mot, chaque respiration a soufflé un vent nouveau en moi. J’ai eu l’impression de découvrir « les autres », ceux qui « font peur » à Charleroi. Et l’espace d’une heure, j’ai vécu comme eux, pensé comme eux, je suis devenu une partie d’eux.

D’une part l’expression, la force mais aussi l’ironie et l’humour de Mochélan. D’autre part, l’envoûtante musique si pénétrante m’ont littéralement transpercé.

D’un point de vue plus technique, la mise en scène unique, le jeu des musiciens / acteurs, mais aussi la qualité et l’adéquation de cette vidéo ont rendu cette rencontre fantastique.

Plus qu’un spectacle ou qu’une découvert, un moment de partage exceptionnel ! »

http://kulturopointmagcharleroi.wordpress.com/2012/02/27/nes-poumon-noir/

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Critique : we can be heroes

Un carré au sol. Des pieds de micro épars. Des passants intrigués par cette installation nue.

Des personnes de tout âge s’avancent sous les feux des projecteurs et prennent place dans l’espace étriqué. Sans un mot, armés de leurs seules bouteilles d’eau, des héros d’un jour sont nés, même si tout le monde n’a pas encore eu le temps de l’assimiler. La composition du groupe surprend d’abord tant il semble hétéroclite, dépareillé. Et pourtant, la cohésion apparaît quasi instantanément.

Sur les premières notes d’Architecture in Helsinki, une énergie bon enfant s’empare des corps, et les citoyens jusqu’alors anonymes se transforment littéralement en interprètes survoltés ! Ici, l’enjeu n’est pas d’être réaliste (le décalage entre voix et physique est assumé et parfois assez savoureux) mais bien d’être crédible ! L’énergie communicative se propage à la foule encerclant les héros d’un jour, et c’est bientôt toute la place qui bouge sa tête en rythme.

La configuration, astucieuse, ne laisse aucune direction négligée, permettant à l’ensemble du public de goûter au regard de l’un ou l’autre des héros. L’absence d’estrade et la proximité induite par l’espace de jeu devient presque intimidante, au contact de chanteurs aussi bien dans leurs rôles. Il ne tient qu’au public de changer de point de vue et de créer un mouvement tournant ; pourtant peu osent s’y aventurer ; des spectateurs sans doute trop bien éduqués ? Circulez, il y a tant à voir…

La posture, assurément, est singulière. Le choix d’une intervention dans l’espace public est porteur de sens, irruption insolite, franchement culotée, ce qui décuple tout autant la joie de découvrir l’interprétation des personnes en jeu.

Le traitement l’est tout autant. Ici, pas question d’uniformisation et de synchronisation comme on pourrait en voir en flash-mob… Le groupe est ici un véritable révélateur d’individualités, et non un espace qui permet de se faire oublier. Il n’y a qu’à voir les regards complices échangés entre ces chanteurs d’un jour pour s’en assurer. C’est de la différence de tons, des moments de fragilité, et des petites imperfections que la performance tire sa force et touche vraiment droit au cœur, car rappelant que le « We » reste à la portée de tous.

Le choix des titres, bien pensé, est également garant d’un bel équilibre pour la performance. On s’amuse du sens et du décalage que peuvent prendre certaines des chansons. Du « Control yourself » de MGMT, comme mise en abîme de la performance, au « This is my life » qui hurle « Je suis ici et j’existe, merde » !

Alternant avec fougue entre énergie contagieuse, humanité sublimée des interprètes, ou scansion assassine, le set est riche en couleurs et surtout riche des émotions qu’il suscite, tant chez les héros que chez le public, touché par redoutable effet de miroir.

Et lorsque retentissent les dernières notes de « Rebellion (Lies) », hymne vibrant dont Arcade Fire se retrouve dépossédé pour notre plus grande joie, on s’en retourne ailleurs, un peu étourdis, des étoiles plein les yeux… Jusqu’à se surprendre à fredonner. David Bowie n’aurait pas rêvé mieux…

V.D.
(critique basée sur la représentation jouée à l’ouverture du festival Les expressifs à Poitiers, 06/10/11, Fr)

¤ Bonus track !

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Critique : Wow

Tout faire exploser. C’est ainsi qu’ils entrent en scène. Pourtant, en apparence, les adolescents de Wow sont plutôt peu soucieux de chercher à changer le monde qui les entoure. L’envie de révolte qu’on aurait volontiers senti bouillir en eux est assez vacillante. Des jeunes comme déconnectés de leur époque, alors qu’en 1968, l’essor du mouvement hippie constitue pourtant la principale toile de fond.

L’argument du documentaire, et ce qui fait toute son originalité, tient dans la phrase d’amorce : « les événements les plus importants dans la vie des gens sont ceux qui ne se produisent jamais ». C’est pourquoi des séquences fantasmées, à la limite de l’égotrip, scénarisées par les ados eux-mêmes, entrecoupent leurs discussions abordant, entre autres, sexualité, drogue, vision de la famille, appréhension du monde des adultes…

Ce qui prédomine dans ce groupe de 9 jeunes, c’est le malaise latent qui se traduit par un fort besoin d’évasion, de se construire des repères, de revenir à la nature. L’envie de retrouver des plaisirs simples, comme apprécier des moments de sérénité, passés autour d’une mélodie planante à la guitare. Jusqu’à l’angoisse d’une renaissance, à l’écoute de premiers cris dont on ignore la provenance…

Conscience de leurs limites ou confort de l’inertie ? La question peut se poser à l’examen de ces jeunes parfois assez étonnants d’oisiveté. C’est néanmoins sans jugement que Claude Jutra pose un regard tendre sur cette jeunesse flottante, entre deux eaux… Comme à l’aube de quelque chose, preuve s’il en fallait encore que l’impression d’appartenir à une génération sacrifiée n’est en rien symptomatique d’une seule époque.

S’il y a une perle à retenir du documentaire, c’est sans conteste la séquence graphique, limite expérimentale, du rêve de Monique, qui passe du carrousel à une sensation de flottement et de liberté, nous portant au rythme halluciné des rebonds de sa silhouette…

En conclusion, focus sur le jeune Pierre lors d’une séquence assez émouvante, rappelant que devenir adulte, c’est devoir à un moment faire le deuil de son enfance, et accepter que les moments d’insouciance à s’amuser de petits riens n’appartiennent plus qu’aux souvenirs. Comme une manifestation de l’empathie de Claude Jutra, revivant ce propre deuil de ses jeunes années. Et sous forme d’hommage, la plus belle preuve qu’il n’a, au fond de lui, pas pris la moindre ride …

V.D.

NB : Pour ceux qui l’auraient manqué, il est possible de voir le documentaire de Claude Jutra en ligne sur le site de l’Office National du Film du Canada : http://www.onf.ca/film/wow

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Critique: les bonnes intentions

*** (Avis de la rédaction)
Date : Jusqu’au 17/2 (de 20h30 à 22h; Me. 15/2 de 19 à 20h30).
Lieu : L’Ancre (Charleroi)

« Votre amour a fait de moi un soldat. » Cette citation extraite des « Bonnes intentions » de et par Cathy Min Jung résume à elle seule la tragédie de cette histoire autobiographique, celle d’une enfant adoptée à l’âge de trois ans et demi, incapable de s’ouvrir à l’amour de ses parents adoptifs, un amour qui se transforme vite en déclaration de guerre. On sort forcément touché de ce seul en scène, inspiré de son expérience et de celle d’autres enfants adoptés, car la fable est incommensurablement cruelle, les mots terriblement durs, les aveux insoutenables.

Si Cathy Min Jung n’y va pas de main morte sur le parcours très noir de cette petite fille, d’origine coréenne, adoptée par un couple d’agriculteurs wallons, c’est pour mieux ouvrir le débat sur le thème de l’adoption, mieux s’éloigner des discours souvent angéliques sur le geste des parents adoptants, forcément perçu comme courageux et généreux, pour lever un coin du voile sur le traumatisme que cette aventure représente pour un enfant. Certes, l’auteure et comédienne force le trait sur sa descente aux enfers, poussant sa propre histoire au paroxysme de la fiction, mais sans aucun pathos, de sorte que l’on ressort de cette pièce d’une heure avec une foule d’interrogations.

Mis en scène par Rosario Marmol Perez, le seul en scène propulse la comédienne dans une bétaillère, comme si elle revenait sur les lieux de son enfance. Là, épaulée d’un formidable emballage vidéo (Allan Beurms) et musical (Garett List), elle déverse ses souvenirs : l’arrivée déboussolée à l’aéroport, la recherche désespérée d’odeurs et de goûts familiers, la rencontre manquée avec des parents incapables de comprendre les blessures de cet enfant, les petites mesquineries ordinaires entre ces trois êtres abîmés, et puis les gestes plus graves, irréparables.

Le jeu de Cathy Min Jung met un peu de temps à trouver son relief mais se pare ensuite de vibrations bouleversantes. Sa voix est douce, mais son récit implacable. « Vous exigez mon affection, mon amour. Vous avez payé pour ça, de la monnaie sonnante et trébuchante, alors vous voulez au moins de la reconnaissance. »

Sans détour, son texte aborde les infinies contradictions de l’adoption. Dans cette famille, tous rêvent de bonheur mais leur histoire sera sombre et douloureuse. Au commencement pourtant, il y avait juste un immense besoin d’amour.

CATHERINE MAKEREEL

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Critique : les bonnes intentions

Lumière sur la bétaillère, puis sur l’actrice.

Invitation à pénétrer l’intimité d’une enfant adoptée, au cœur d’un décor dépouillé. Habité par sa seule colère. En ouverture, ce conseil, qui glisse peu à peu, tel une mise en garde, celui de ne jamais habituer les chiens au goût du sang, pour ne pas qu’ils finissent par manger les hommes.

Ce même sang, devenu doucereux, apaisant la brûlure du mercure. La brûlure qui ronge de l’intérieur l’enfance arrachée, portée par l’interprétation saisissante de Cathy Min Jung. Ce même sang auquel une fois goûté, elle renouera avec une certaine animalité. Sans langage, sans repère, derrière les sourires désabusés grandit une jeunesse sauvage.

En toile de fond, le récit d’une opposition farouche : la résistance, perçue comme défiance, face à l’identité soudainement ôtée, kidnappée. La lutte d’une enfance qu’on tenterait de reformater.

Le texte de Cathy Min Jung, lapidaire et sans appel, réussit à éviter le piège facile de la violence gratuite. Suggérant plus qu’elle n’étale, elle passe à la moulinette les accusations maternelles d’ingratitude, montrant ainsi la douleur de ne devoir plus être que redevable. Emerge alors, petit à petit, la véritable oppression des « bonnes intentions » dont se gaussent les parents, cachant des réalités bien moins glorieuses…

Victime puis bourreau, froide puis sanguine, l’interprète, seule en scène, réussit le pari de rendre son personnage convaincant, malgré la dureté du propos pour la bouche d’une enfant. L’intégration de la vidéo, bien loin du gadget, permet de créer une distance au plateau tout en appuyant le propos de la pièce, comme une imagerie mentale retransmise en direct live. Un habile jeu de lumières, sobre et efficace, réussit à saisir le personnage pour accentuer les émotions qui le traversent. Vertigineux.

Prenant à contrepied la question de l’adoption, l’auteure-interprète, en s’inspirant en partie de son vécu, envoie valser la mièvrerie et la complaisance de la société occidentale, pour nous poser habilement la question de la construction identitaire chez l’enfant adopté.

Avec Les bonnes intentions, le festival Kicks ! démarre fort, très fort.

Une seule envie, celle de tendre l’autre joue.

V.D.

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Kicks !, deuxième coup de pied dans la fourmilière

Laurence Bertels

Mis en ligne le 11/02/2012

Un festival du Théâtre de l’Ancre qui mêle les arts, les habitants, les habitudes, le cinéma et Charleroi/Danses. Avec, toujours, la jeunesse en point de mire. Jean-Michel Van den Eeyden, jeune directeur du Théâtre de l’Ancre, à deux pas du « Lidl » de Charleroi et de la sortie 29 est du Ring, ne se laisse pas facilement influencer par un certain courant distancié. Il aime que le théâtre remue, confronte et touche directement le public, en tout cas le sien.

Pari réussi en 2010 avec la première édition de « Kicks ! », un festival qui porte un regard sur la jeunesse. Ce qu’elle fut, ce qu’elle est, ce qu’elle peut devenir. A l’instar de cet « Homme debout », en quelque sorte, ou la biographie théâtrale d’un ancien détenu, Jean-Marc Mahy, qui après avoir passé près de vingt ans derrière les barreaux pour meurtre, s’est réinséré dans la société au point de devenir lui-même éducateur et surtout de transmettre son expérience. Depuis 2010, « Un homme debout » est passé par Avignon, par le Centre Pompidou de Metz et vient d’être joué devant six cents agents pénitenciers à Agen. Sans oublier de marquer Villeneuve, la cité de Le Corbusier, à Grenoble, de son empreinte. L’aventure n’est donc pas finie

« Kicks ! », quant à lui, après une escale en banlieue parisienne, est de retour, avec cette volonté toujours, non de s’adresser spécifiquement aux jeunes mais bien de porter un regard sur la jeunesse de notre temps. Du théâtre au cinéma en passant par la danse et les beaux-arts, « Kicks ! » se déploie dans toute la ville et signe, par là, des partenariats aussi précieux qu’intéressants avec l’Eden, Charleroi/Danses et le Ciné Le Parc. Comme cela avait été le cas pour la première édition. De précieuses « Résonances » qui permettent de décloisonner les arts et d’ouvrir le festival au Vecteur par une soirée aux sons des arts numériques et digitaux. « La culture doit être synonyme de lien social, de questionnement, explique Jean-Michel Van den Eeyden. Kicks ! veut poser un regard sur la jeunesse, se demander à quoi elle rêve, quels sont ses coups de gueule et en quoi elle peut réactiver certaines valeurs essentielles, celles que le quotidien peut nous faire oublier. On ne peut plus attendre pour se poser ces questions puisqu’on voit qu’on est capable de faire une révolution dans le monde arabe. « Poumon noir », par exemple, un collectif fondé en 2001 par trois jeunes artistes made in Charlyking, Mochélan, Juien et Nisdo, fortement attachés à leur ville, pose aussi ces questions : c’est quoi être jeune dans cette ville ? Leur envie, leur nécessité de créer était telle qu’elle a suscité le désir chez moi. J’ai donc accepté de les mettre en scène. »

« Nés poumon noir » mêle vidéo, chanson et poésie urbaine, tout en portant un regard sur leur parcours de vie, leurs errances, leurs rêves et révoltes dans le pays noir. La première édition du festival a montré un réel intérêt de la population. Le succès remporté par « Un homme debout », un spectacle qui pose la question de la justice, et le parcours effectué, a dépassé toutes les espérances de l’Ancre qui, pour cette édition, programme, par exemple, le Raoul collectif accueilli lors des pépites, il y a trois ans d’ici. Il ne s’agissait alors que d’une étape de travail. Créé au National en janvier (cf. La Libre du 7/01/12), « Le signal du promeneur » par le Raoul collectif, réunissant cinq jeunes à peine sortis du Conservatoire, mêle, avec un humour savamment dérangeant, choralité et individualités. Tous, acteurs créateurs, veulent apporter une réponse radicale à la quête d’être en vie, qu’il s’agisse de brûler son passeport pour rejoindre la nature et y mourir, de se créer une fausse vie de médecin avant d’assassiner toute sa famille ou de vivre l’annonce d’un cancer comme une ultime libération, la fin d’une vaste comédie. « Une toile d’araignée de cinq histoires réelles, tissées entre elles par l’écho qu’elles provoquent en nous », disent-ils à propos de leur création. De quoi, mine de rien, questionner aussi la société.

Inattendue sera aussi l’approche de l’adoption choisie dans « Les bonnes intentions » par Cathy Min Jung et Rosario Marmol Perez. Même si, au début, il y avait surtout un immense besoin d’amour. Pas si facile pourtant d’adopter une petite fille de trois ans et demi née à l’autre bout du monde. Dès que les premiers regards se croisent, les rêves de bonheur s’effondrent. Parce que l’adoption n’est pas toujours un acte de bravoure, et qu’il est temps de le dire, selon la jeune metteuse en scène et auteur qui a quitté sa Corée natale après son adoption par une famille belge (dès ce 14 février).

Pointons encore l’excellent « Cendrillon » de Joël Pommerat, (Cf. La Libre du 14 octobre), à ne manquer sous aucun prétexte ainsi que, dans un tout autre genre, « We can be heroes », déclinaison, en quelque sorte, du quart d’heure de célébrité de Warhol. « Happening » ou spectacle créé par les habitants de Charleroi ou d’ailleurs, « We can be heroes » clôture trois jours de stage avec sept chansons en play-back, deux performances en pleine rue et une vingtaine d’acteurs amateurs qui se seront d’abord demandé quelles émotions les traversent lorsqu’ils écoutent une chanson puis comment les transmettre. Une initiative du Groupenfonction qui à l’heure d’Internet s’interroge sur la notion de communauté.

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LE SOIR : Les jeunes héros de Charleroi

Le Soir, jeudi 9 février 2012, Page 30

PAR WYNANTS,JEAN-MARIE; MAKEREEL,CATHERINE

Scènes Festival « Kicks ! » dans tous les coins de Charleroi

Adolescent, graine de délinquant ! », grognent les vieux grincheux. « Il n’y a plus de jeunesse », ajoutent les vieilles biques. Violents, désabusés, matérialistes, on les taxe de tous les maux, ces jeunes. Mais n’est-ce pas le principal défaut de l’âge mûr de trouver des défauts à la jeunesse ? Source d’inspiration ou d’inquiétude, âge de tous les possibles, de tous les extrêmes aussi, la jeunesse est à l’honneur du festival Kicks. Durant cinq semaines, dans toute la ville de Charleroi, une sève bouillonnante va irriguer la ville, pour dessiner un Charleroi 3.0, enfin délesté de ses crasseux clichés. Que ce soit par le théâtre, la danse, la musique ou le cinéma, le festival nous plonge au cœur des rêves, des doutes, et surtout de l’énergie des jeunes.

A l’image de la création du spectacle Nés poumon noir par trois jeunes artistes « made in Charlyking ». Trois jeunes, entre 23 et 28 ans, nés en terre carolo, qui n’hésitent pas à porter un regard corrosif sur leur ville, quitte à devenir persona non grata dans leur propre région. Fasciné par leur révolte, Jean-Michel Van den Eeyden, metteur en scène et directeur artistique du festival Kicks, a voulu mettre la puissance de leur propos en forme dans un spectacle entre concert, poésie urbaine et vidéo. « On pourrait dire que c’est un mélange entre le rappeur Akhenaton et du Johnny Cash à la guitare et à l’harmonica », précise le metteur en scène. Au rayon des créations, on attend aussi Les bonnes intentions de et par Cathy Min Jung qui ouvrira le débat de l’adoption pour mettre en lumière les tabous et zones d’ombres d’une telle aventure. Attention : texte fort ! Ce sera la spécialité du festival : lancer un bon coup de pied dans la fourmilière. A l’image de « Pour rire pour passer le temps » de la Cie Artifice, abordant une séance de torture « pour passer le temps » dont la mise en scène rend le public complice malgré lui de plaisirs troubles et témoin des lâchetés ordinaires.

L’arrestation interrogera le préjugé tenace de l’adolescent violent face au policier qui se lâche dans une logorrhée hallucinée sur le pognon, la taule ou la discipline.

Au fil des semaines, le festival emmènera un jury de jeunes à tous les spectacles pour prouver que les adolescents aussi ont l’esprit critique et acéré. « L’idée est de confronter le ressenti et les idées des jeunes à ceux du monde adulte, de rompre la relation d’autorité systématique liant l’adulte à l’adolescent, ouvrir le monde à la jeunesse mais aussi ouvrir la jeunesse au monde. »

Du 14 février au 23 mars à Charleroi.

Tél. 071 314 079. www.ancre.be

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In Vitrine ***

Pour ne pas prendre de risque, certains balisent le moindre événement de leur existence. Le collectif Rien de spécial en fait un spectacle à la forme originale et déroutante. On rit beaucoup de se reconnaître dans de nombreuses situations. Mais on est aussi fortement troublé par l’apparente impossibilité à sortir de ces vies préformatées qui nous sont promises, vendues ou imposées.

8 et 9/3 à l’Ancre.

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Cendrillon

En adaptant Cendrillon à la scène, Joël Pommerat crée un spectacle superbe et bouleversant. Bien loin des clichés du film de prince charmant, il explore les blessures de l’enfance et donne une réelle épaisseur à tous les personnages. On rit énormément mais on se retrouve aussi au bord des larmes dans les moments les plus émouvants. Une réussite totale, pour petits et grands.

17 et 18/3 à l’Ancre.

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You can be heroes ! A Charleroi, c’est à vous de passer sous les feux de la rampe. Avec Le sacre du

You can be heroes !

A Charleroi, c’est à vous de passer sous les feux de la rampe. Avec Le sacre du printemps (20 et 21/3) notamment. Dans ce spectacle de Roger Bernat, inspiré d’une chorégraphie de Pina Bausch, le spectateur devient, sans s’en rendre compte, acteur de la représentation. Vous rêvez d’incarner Pina Bausch un jour dans votre vie ? Pas besoin de savoir danser ! Roger Bernat a créé un dispositif qui vous met au cœur d’un théâtre non pas de la fiction mais de l’action. Avant cela, le formidable We can be heroes (25/2), déjà testé avec bonheur dans les Marolles à Bruxelles la saison dernière, transformera une vingtaine d’amateurs en héros d’un jour. Suite à un stage de trois jours encadré par une joyeuse bande d’artistes français, les participants laisseront exploser leur personnalité, devenant des stars du rock, le temps d’une chanson, en play-back et en public.

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Le Signal du Promeneur

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Une formidable claque, pleine de vigueur, d’humour et d’énergie pour ne pas se résoudre à la triste constatation que notre monde va droit dans le mur. A partir d’histoires vraies réinterprétées à leur façon, les cinq du Raoul collectif livrent un spectacle constamment surprenant, secouant, drôle, émouvant et suscitant une intense activité de nos neurones.

28 et 29/2 aux Ecuries de Charleroi/danses

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L’enfer pavé de « Bonnes intentions » de Cathy Min Jung

Vous exigez mon affection, mon amour. Vous avez payé pour ça, de l’espèce sonnante et trébuchante, alors vous voulez au moins de la reconnaissance. » Dans Les bonnes intentions, Cathy Min Jung n’y va pas par quatre chemins pour raconter cette rencontre manquée avec ses parents adoptifs, agriculteurs wallons, quand elle débarqua de Corée à trois ans et demi.

Son texte fort, douloureux, brise bien des tabous sur l’adoption. Un seul-en-scène qui devrait faire des vagues.

Pourquoi écrire et jouer ce texte aujourd’hui ?

J’ai d’abord réalisé un documentaire autour d’un voyage en Corée. On était alors dans le témoignage. Maintenant, j’ai envie de raconter une histoire. Ce texte n’a rien d’une catharsis. J’ai envie d’apporter le point de vue de l’enfant sur l’adoption. On parle souvent des difficultés des adoptants, mais trop rarement des enfants. Même quand ça se passe dans les meilleures conditions, ça reste quelque chose de très violent. En ce qui me concerne, je pense que je n’étais pas adoptable. J’avais déjà été abandonnée deux fois, et avec les moyens de défense d’un enfant, je m’étais fermée à tout. La rencontre ne s’est pas faite avec mes parents adoptifs, qui n’étaient pas prêts à ce qu’un enfant ne soit pas capable de recevoir et de donner de l’amour.

C’est ce traumatisme que vous racontez ?

Dans le texte, je le décris comme un rapt. Dans les années 70, les enfants qui arrivaient en Belgique n’avaient jamais rencontré ni vu en photo leurs parents adoptifs. Ils arrivaient avec un maigre dossier médical et un tout aussi maigre dossier de l’organisme d’adoption. Un enfant de trois ans et demi perd soudain tous ses repères, plongé dans un pays et une langue qu’il ne connaît pas. A mon histoire, je mêle d’autres faits réels, d’enfants qui ont connu des calvaires. Une par exemple à qui on donnait la bouffe du chien. Mais ça reste une fiction, un conte cruel pour ouvrir le débat.

C’est un sujet empli de contradictions.

J’ai entendu des gens me dire : « Tu as de la chance, tu pourras remercier tes parents. » Des phrases dites sans arrière-pensée mais qui imprègnent en vous un sentiment d’être éternellement redevable. Je me débats encore avec ça aujourd’hui, quand je fais face à des situations de racisme par exemple.

Du 14 au 17 février à l’Ancre, Charleroi. Du 20 mars au 7 avril au Poche, Bruxelles.

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Les résonances donnent encore plus de sens

CHARLEROI - C’est évidemment l’une des forces de « Kicks ! » : s’il le festival est organisé par l’Ancre dans ses murs, il les quitte également et rassemble un nombre impressionnant de partenaires pour bâtir, pendant plus d’un mois, une tour de Babel culturelle dans laquelle, pour une fois, tout le monde se parle et se comprend.

Charleroi-Danses, le Musée des Beaux-Arts, le Vecteur, l’Eden, le PBA, l’Académie des Beaux-Arts de Châtelet, l’Université du Travail, le Ciné Le Parc, le Rockerill sont ainsi autant d’acteurs directs du festival qui apportent leur brique à cette construction qui finira par atteindre les nuages.

Le Conseil des Jeunes de la Ville de Charleroi est, de son côté, une nouvelle fois mobilisé pour constituer un jury critique qui remettra son prix « coup de cœur » en fin de festival. « L’avantage pour nous, explique la représentante du Conseil des Jeunes, c’est que le jeune public découvre des modes d’expression théâtrale qui vont au-delà du théâtre classique qu’ils découvrent avec l’école ».

Jean-Michel Van Den Eeyden avoue : « De ces quatre premières années passées à la tête de l’Ancre, je tire le plus de fierté de la création du festival « Kicks ! ». C’est vraiment l’évènement qui fait le plus sens et représente le mieux le projet fondateur de l’Ancre au sein du monde culturel carolo.

Sébastien Gilles

vendredi 27 janvier 2012, Vers L’Avenir

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40 jours pour faire les 400 coups théâtraux

CHARLEROI - Le festival « Kicks ! regards sur la jeunesse » propose un nombre impressionnant de spectacles, du 14 février au 23 mars.

Tout démarre donc le jour de la Saint-Valentin, avec« Les Bonnes Intentions », de Cathy Min Jung. Présenté jusqu’au 17 février, à l’Ancre, ce monologue « évoque mon récit de vie réel puis glisse dans une pure fiction », évoque l’auteure, qui précise : « Mon objectif de départ, c’était d’évoquer la thématique de l’adoption en changeant le point de vue habituel. J’ai voulu me concentrer sur l’expérience vécue par l’enfant plutôt que celle des parents ».

L’espace public sera ensuite envahi, le 25 février, par la dernière création du collectif « Groupenfonction », intitulée« We Can Be Heroes ». À l’instar de la chanson de David Bowie, l’installation théâtrale va permettre à une vingtaine de Carolos lambdas de jouer à la « rock star ».

L’Ancre accueillera, les 24 et 25 février, le nouveau spectacle multimédia du groupe« Poumon Noir », qui creuse son sillon depuis une décennie dans le milieu hip-hop et la culture urbaine.

Le mois s’achèvera sur« Le Signal du Promeneur », aux Écuries de Charleroi-Danses, les 28 et 29 février. Signé du « Raoul Collectif », ce spectacle jubilatoire fait se télescoper cinq trajectoires de vie plus ou moins tragiques, inspirées de faits réels.

En mars, et ça repart…

L’Ancre s’agitera à nouveau dès le premier mars (et jusqu’au trois mars inclus), avec« L’arrestation », de l’Amin Compagnie Théâtrale. Ce duel rêche et verbeux entre un présumé délinquant et un policier hargneux risque fort de marquer tous les publics mais à plus forte raison, les ados.

« Kicks ! » continue, les 5 et 6 mars, à l’Ancre, avec« ETB », soit les initiales d’Elisa, Thomas et Bilal, les trois protagonistes de cette fable douce-amère sur la violence des sentiments amoureux à l’âge ingrat. Un récit écrit et mis en scène par Christiane Girten.

Les 8 et 9 mars, le rire un rien jaune sera aussi au programme avec« In Vitrine », du collectif « Rien de spécial ». Ou comment continuer à s’amuser au-delà de l’âge de 35 ans…

Grand moment, le week-end des 17 et 18 mars, à l’Ancre, avec« Cendrillon », le conte de fées, devenu conte défait, usé jusqu’à la trame, revisité par le dramaturge Joël Pommerat.

Les 20 et 21 mars, enfin, le cœur du festival cessera de battre, aux Écuries, avec le pari de la compagnie Roger Bernat : amener des citoyens sans expérience à danser le« Sacre du Printemps »sur la chorégraphie de Pina Bausch.

Tarifs, horaires réservations et programme des résonances, sur le site.

Sébastien Gilles

vendredi 27 janvier 2012, Vers L’Avenir

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La Culture comme un coup de pied

CHARLEROI - Le festival « Kicks ! » va vivre sa troisième édition, du 14 février au 23 mars, à l’Ancre et dans tous les lieux culturels de la ville.

Attention, le jeu de mots s’ajoute au jeu du théâtre : dans la langue de Shakespeare, « kicks » désigne aussi bien un coup de pied littéral qu’un plaisir que l’on ressent, particulièrement lié au monde de la jeunesse, comme l’atteste l’expression « teenage kicks ». En français, d’ailleurs, on peut aussi bien taper du pied que prendre son pied. Et l’Ancre entend bien réussir les deux, avec cette troisième édition de son festival « Kicks ! – Regards sur la jeunesse ».

Comme le rappelle aussitôt Jean-Michel Van Den Eeyden, directeur artistique de l’écrin de la rue de Montigny : « Kicks ! n’est pas un festival de théâtre pour la jeunesse mais bien un festival qui parle des enjeux de la jeunesse et s’adresse à toutes les générations ». Depuis 2010, le rendez-vous a trouvé ses marques et pris son ampleur, avec un programme d’une richesse et d’une consistance rares. « Et des résonances de plus en plus importantes à travers les autres acteurs culturels de la métropole », souligne Jean-Michel Van Den Eeyden (lire ci-contre).

Avec un rythme actuel de biennale en alternance, « Kicks ! » vit donc sa troisième édition mais la deuxième seulement présentée en terres carolorégiennes, après une édition 2011 délocalisée en banlieue parisienne.

Une nouvelle ASBL partenaire

En quelque quarante jours, « Kicks ! » va donc enchaîner les grands moments et les petits plaisirs, grâce notamment à un partenariat tout neuf avec une ASBL qui ne l’est pas moins : « KLUH existe depuis l’été dernier, il y a six mois à peine, révèle Julien Verbayst, de ladite ASBL « KLUH » et connu aussi pour son action au sein d « Charleroi Face B ». Notre objectif, c’est de promouvoir les acteurs culturels et la vitalité de la Ville à travers des réalisations vidéo ». L’équipe de KLUH a donc ainsi non seulement réalisé un clip d’annonce de ce « Kicks ! » 2012 mais suivra aussi l’évènement de manière quotidienne. « Chaque lundi, pendant la durée du festival, nous inviterons le public à un débriefing vidéo qui prouvera combien Charleroi se fédère et bouge », explique Julien Verbayst.

Jean-Michel Van Den Eeyden conclut :« Le festival « Kicks ! », c’est réellement un coup de pied dans la fourmilière. C’est à la fois al volonté artistique d’utiliser la Culture comme vecteur de réflexion mais aussi l’espoir que la Culture aidera au changement de la société ».

Sébastien Gilles

jeudi 26 janvier 2012, Vers L’Avenir

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KICKS! approche à grand pas!

KICKS! démarre dans quelques jours… voici ce qui vous attend pour cette semaine:

Overture officielle du festival à 18h30 avec le vernissage de l’exposition « Jeunesses exposées » par les élèves du cours pluridisciplinaire de Michel Mousset de l’Académie des Beaux-Arts de  Châtelet. Plus d’infos ici.

Durant tout le  festival, L’Ancre accueillera l’exposition de leurs œuvres (installations, peintures, dessins, photos, sculptures). L’expo restera accessible du mercredi 15 février au vendredi 23 mars dès 19h, les soirs de représentation à L’Ancre. En journée, sur réservation. Entrée gratuite.

Nous continuons la soirée avec la première représentation en Belgique de la dernière production de L’Ancre: Les bonnes intentions, de et par Cathy Min Jung, mis en scène par Rosario Marmol Perez. Auteure et interprète, Cathy Min Jung part de son récit de vie et vous emmène à la rencontre de ces trois êtres abîmés dont la vie quotidienne, de mensonges en petites cruautés, se transformera insidieusement mais inexorablement en un combat acharné. Histoire de vous souffler avec une poésie, sombre et pure à la fois, que l’enfer peut être pavé de bonnes intentions… Plus d’infos ici.

Dès la fin de la représentation du spectacle Les bonnes intentions, DJ Vice & DJ Eskondo vous attendent aux platines et nous vous attendons au bar pour finir la soirée en beauté!

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Clip KICKS! 3.0 by KLUH

CHARLEROI IS GONNA « KICKS! » YOUR ASS!! LE FESTIVAL KICKS! DEBARQUE A CHARLEROI POUR 40 JOURS EXPLOSIFS !! LE PAYS NOIR VIBRERA AU RYTHME DE LA JEUNESSE JUSQU’A L’AUBE DU PRINTEMPS!

Découvrez tout de suite le clip du festival, réalisé par le KLUH Team ICI

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La Biennale, ça commence aujourd’hui!

Vous ne l’ignorez plus, La Biennale s’ouvre aujourd’hui!

Et l’on commence par un petit bijou inédit, confrontant cinéma, danse, texte, théâtre et bricolages de génie. Kiss & Cry est un objet cinéchorégraphique plus qu’étonnant, qui invite le spectateur à assister au même instant à un spectacle chorégraphique singulier, à une séance de cinéma ainsi qu’au making of du film.

L’Ancre est tout aussi ravi faire partie de l’aventure, en accueillant le dans le cadre de la Biennale de Charleroi/Danses 2011,  Still Alive – Vanitas de Barbara Mavros Thalasitis,  artiste en résidence à Charleroi/Danses depuis 2008.

Pour découvrir l’ensemble de la programmation de ce festival consultez la brochure de la Biennale ou le site de Charleroi/Danses.

Atelier Jeux Critiques

Coups de cœur, coups de gueule, interviews, voire mémoire photographique… Les participants à l’atelier critique alimenteront un blog pour une chronique critique originale de la Biennale 2011.

Fort du succès de l’atelier critique initié à l’occasion de sa précédente Biennale, Charleroi/Danses reprend l’idée et vous invite à participer à une plateforme de critiques amateurs, sous forme d’un atelier à nouveau dirigé par Olivier Hespel, critique et dramaturge. En texte avant tout (mais aussi en son et en photo), affiner son regard de spectateur, aiguiser son esprit critique et diffuser le tout sur un blog : les objectifs concrets de cet atelier. Les participants sont invités à suivre l’ensemble de la programmation de la Biennale. Le travail d’atelier se déroulant en grande partie, avant et après les représentations, une certaine disponibilité est demandée. Une capacité d’écriture minimale est également souhaitée.

Pour découvrir le travail de l’atelier version 2009, visitez :http://biennalecharleroidanses.blogspot.com

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Biennale de Charleroi/Danses

Charleroi bouillonne de nouveautés… En matière de danse, on se régale avec le retour de la Biennale de Charleroi/Danses, un festival qui portera son regard vers les sources, mais reste résolument ancrée dans le présent! Outre leurs artistes résidents et chorégraphes de notre Communauté, les habitants de Charleroi auront aussi leur rôle à jouer avec un projet participatif. Et c’est pas fini! Le Brésil sera également à l’honneur: Charleroi/Danses s’associe cette année au festival europalia.brasil, pour faire voler en éclats les idées reçues sur ce pays-continent.

Dans le cadre de la Biennale de Charleroi/Danses 2011, L’Ancre accueille Still Alive – Vanitas de Barbara Mavros Thalasitis,  artiste en résidence à Charleroi/Danses depuis 2008.

N’attendez plus, faites donc vos choix! Pour découvrir l’ensemble de la programmation de ce festival consultez la brochure de la Biennale ou le site de Charleroi/Danses.


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Un homme debout, L’OVNI du festival

Cet homme debout, c’est peut-être l’OVNI du festival.

En prison, il est abandonné de tous, famille, avocat, aumônier, il résiste aux humiliations, aux mauvais traitements, la radio lui ouvre des portes, il y glane une éducation, y perçoit des perspectives, elle l’aide à se relever.
Finalement il sort de prison, plusieurs diplômes en poche, fait une formation d’éducateur pour jeunes délinquants et désormais se consacre à tenter de faire que ceux qui sont un peu ses petits frères évitent le pire.

Jean-Michel van den Eeyden du théâtre de l’Ancre a aidé Jean-Marc Mahy à porter son témoignage en assurant la mise en scène, soignée. C’est un témoignage choc. Est-ce un spectacle ? L’auteur interprète ne revient pas saluer le public saisi d’émotion qui applaudit la scène désertée.

Alain Pécoult

Source: LaProvence.com

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AVIGNON OFF 2011 : Dernière sélection

A deux jours de la clôture du Off d’Avignon, voici la liste définitive de ce que nous avons retenu du Off 2011, actualisée au 29 juillet :

Au Théâtre des Halles (Attention ! terminent ce 29) : Rhinocéros (Alain Timar) un excellent Ionesco en Coréen surtitré : surprenant !, La Mastication des morts (La Vaste entreprise) sur un texte puissant, un travail intéressant, Pansori Brecht (Pansori project) fort et déroutant, Discours de la servitude volontaire (Cie avec vue sur la mer), avec l’excellent François Clavier, Que d’espoir ! (Du jour au lendemain), Vernissage (Le Tamanoir)…

A La Manufacture : Alaska Forever (Cie artefact) très bon, La Fête (collectif De Quark), forme courte réjouissante, Grammaire des mammifères (Locus Solus) excellent, Un homme debout (Jean-Marc Mahy), autobiographique et émouvant, La dernière berceuse (Louis Arene), plutôt enlevé…

Au Théâtre du Chêne Noir (Attention ! clôturent aujourd’hui 29) : Si Siang Ki (Gérard Gelas) un beau Gelas très visuel, très Opéra, Hand Stories (Théâtre Vidy-Lausanne) remarquable, Eclats de vie (Jacques Weber) du bon Weber, Pagagnini (Yllana/Ara Malikian), théâtre musical d’excellente facture…

A La Condition des Soies : The Keyman (Scarecrow Dance Cie) superbe…

A la Caserne des Pompiers : Valses en trois temps (C. & F. Ben Aïm), élégant…

A La Luna : Les Lois de la gravité (Jean Teulé), classique mais efficace, Nosferatu(Musicarteatro), ciné-concert déjanté et esthétique, La Fille du Général (La Troupe du Levant) …

Au Théâtre des Carmes/André Benedetto : Urgent Crier (Philippe Caubère) du bon Caubère, Sarvil (Les Carboni) comédie foraine à la Marseillaise , et Lear et son fou (J.C. Drouot), belle prestation…

Au Grenier à SelOn ne paie pas ! On ne paie pas ! (Icare), un Dario Fo enlevé et réjouissant…

Aux Hivernales : Keep in-out (Gaetano Battezzato), Cyclus (Cie Elyamni)…

Au Théâtre de l’Oulle : la Pitié dangereuse (Cie carinae) belle restitution du texte de Zweig, Flamenco y puro (Luis de la Carrasca) le nouveau spectacle de la Cie, très Flamenco…

Au Théâtre du Bourg-neuf : Horowitz (mis) en pièces (les Aléas)…

Villeneuve en Scène : La seconde surprise de l’amour (Cie Tandaim), un Marivaux réactualisé de belle manière, en clin d’oeil à Sophie Calle, Les demeurées (Begat Theater) fort et intimiste…

On n’aura pas raté : Forever young (Jean François Matignon / La Manutention), couillu et engagé, Songe d’une nuit d’été (Kronope / Fabrik Théâtre) très Commedia, une belle performance d’acteurs, Premier Amour (Alain Macé / 3 soleils) excellent, A tout va(Choses dites / 23 Place des Carmes) Un cycle de lectures autour des textes de Gabily…

Et aussi : Faust (Cartoon Sardines / Collège de la Salle) Quand Cartoon sardines s’y met, ça cartonne !, Médée (Diana Dobreva / Petit Louvre) bel objet esthétique, Antonio Negro, pour les amateurs de Flamenco, de vrai, un superbe guitariste de la grande tradition, dont on vous avez déjà parlé l’an passé (La Parenthèse) Sortir de sa mère(Pierre Notte – Les Déchargeurs / Les 3 Soleils), Belle du Seigneur (Présence Pasteur),Electre (Présence Pasteur) Eloge de l’oisiveté (Doms), Métallos (l’Entrepôt)…

Plus que deux jours… Bonne et festive fin de festival !

Sophie Héliot

Source: Le Bruit du off

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Jean-Marc Mahy, l’homme debout du festival d’Avignon

Un homme debout

Avignon, théâtre de la Manufacture, 20 h 45. Hormis un tabouret, il n’y a rien sur scène. Jean-Marc Mahy entre : «Bonsoir, je m’appelle Jean-Marc Mahy. Je ne suis pas acteur, mais je vous invite à revisiter mon passé.»

Par des gestes précis, il déroule du scotch blanc sur le sol, afin de délimiter la taille de la cellule, celle dans laquelle il va passer plusieurs années. Jean-Marc Mahy a passé près de 20 ans derrière les barreaux et il va, pendant une heure trente, revenir sur ce qui l’a mené jusque-là, du vacarme de son adolescence délinquante au silence assoourdissant de l’isolement total, au fond du cachot.

Un homme debout est un cri, mais un cri positif, celui d’un homme auquel la vie a beaucoup appris, et qui a besoin de lui rendre quelque chose.

A l’isolement, il a fêté ses 20 ans seul, imaginant que les 20 frites qu’on venait de lui apporter signifiait les 20 bougies qu’il ne soufflerait jamais.

Il a passe 6 diplômes en prison, y a lu Baudelaire, Zola, Albert Londres, a fait le tour des religions, s’est aménagé une vie intérieure, elle l’a sauvé. Ce ne fut pas de cas de certains de ses co-détenus, qui sont morts de ne pas savoir lire, de ne pouvoir trouver les ressources à la survie au cachot, car c’est bien de cela qu’il s’agit.

Il a aussi été sauvé par la radio et sa programmation, attendant chaque émission comme autant de cours qu’il n’avait pas eus : la science, l’histoire, le théâtre… Autant de moments que le prisonnier attendait comme une bouffée d’air et le tissage de liens avec l’extérieur, avec la vie. Et il y avait aussi Macha Béranger, qui rythmait ses nuits, et a laquelle il aurait voulu se confier. Il le fait désormais dans son spectacle.

Que l’on ne se méprenne pas : Jean-Marc Mahy ne cherche pas d’excuses à ses actes et la pièce témoigne du respect de ses victimes, jusque dans les applaudissements de fin, qu’il ne peut accepter. Nous sommes ici dans autre chose : certes, il s’agit de theâtre (la qualité du jeu et de la mise en scène en témoignent), mais il est question de réalité, ou du moins du récit d’une réalité qu’il a entrepris de changer. Il est désormais écouté par les politiques de son pays, la Belgique, et les choses bougent.

Jean-Marc Mahy parle avec le public à la suite de sa pièce, lorsque celui-ci a envie de prendre le temps de mieux comprendre sa démarche. Il  est disponible à ceux qui veulent l’entendre, et il poursuit sa mission à travers l’Europe, présentant sa pièce dans de nombreux lieux, au-delà des théâtres.

Au début de cette performance, Jean-Marc Mahy dit ne pas être un acteur, il est en vérité plus que cela : auteur, interprète et acteur réaliste d’une pièce que sa vie lui a imposée, Mahy montre que le theâtre est capable d’aller au-delà du discours, au-delà de la dénonciation, et d’infléchir le monde.

Virginie Spies

Source: Semioblog

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