Le sacre du printemps : l’avis des jeunes

Mardi 20 et mercredi 21 mars, aux Écuries, se jouait « Le sacre du printemps ».

Une occasion unique de vivre un moment de création pure dont le spectateur fait partie intégrante. Un hommage singulier, aussi, à la chorégraphe Pina Bausch…

Comment le groupe réagit-il quand il doit suivre des instructions? Que se passe-t-il quand le spectateur est invité à devenir acteur? Tout le travail de l’artiste catalan Roger Bernat est imprégné de ces questions. Ce sont elles qui l’amènent à redéfinir, dans son œuvre, les limites du théâtre et de la danse en invitant les spectateurs à réaliser eux-mêmes la performance à laquelle ils sont venus assister.

Avec Le Sacre du Printemps, la compagnie propose au public de parcourir de manière ludique la chorégraphie éponyme de Pina Bausch, créée en 1975 sur la musique d’Igor Stravinsky.

Les jeunes du Conseil Consultatif des jeunes de Charleroi nous livrent leurs avis :

“Spectacle surprenant et particulier par rapport aux autres pièces …  très CLASSE.
Nous avons adoré le concept, à savoir que le spectateur est aussi (surtout) acteur.
Chacun de nous à reçu un casque audio et il nous a suffit de suivre les instructions de “la voix”.
Il y avait 3 audiophones différents, donc 3 consignes différentes.
Ces consignes qui étaient relativement stressantes par moment car pas suffisamment claires, ce qui nous a mené à une certaine confusion, hésitation.
En revanche, très belle visualisation et situation dans l’espace alors que peu suggéré.
Spectacle bizarre et hyper moderne à la fois.
Nous regrettons la présence de comédiens dans le public…  Ils auraient pu certainement amener une dynamique autre,
et une participation moins hésitante du “public roi”.
Bien que ce concept casse un peu l’histoire (on perd le fil), de part l’ambiguité des consignes reçues, nous nous sommes terriblement amusés.

Source : http://kulturopointmagcharleroi.wordpress.com/2012/03/26/le-sacre-du-printemps/

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Cendrillon : critique

Avec la revisite de Cendrillon, Joël Pommerat savait pertinemment où il laissait traîner ses chaussures. Le pari est d’autant plus risqué que l’histoire a déjà été usée jusqu’à la toile. La réussite de la pièce n’en est que plus honorable.

Sandra est ici petite fille qui doit apprendre à gérer l’absence de sa mère, avec son père, largué sur de nombreux plans, fantoche qui sombre également dans l’oubli, bien qu’encore vivant. Ne parvenant à accepter les faits, Sandra vit dans le déni, et s’impose un rythme infernal, à l’image de la sonnerie de sa montre, enfantine et distordue, tout bonnement imbuvable… Pour entretenir le mensonge, elle veut croire, sans en démordre, que sa mère ne mourra vraiment que si elle cesse de penser à elle plus de 5 minutes d’affilée. Comme les enfants, elle espère, avec l’énergie du désespoir, que sa volonté a des vertus magiques.

Entre sa marâtre colérique et ses sœurs qui se disputent la palme de la bêtise, Sandra, surnommée « cendrier », qui par effet de téléphone arabe, deviendra Cendrillon, ne se soucie guère des corvées, puisqu’elle se les impose, comme pour se punir d’avoir manqué à son devoir. Pour gérer l’absence, elle reporte la faute sur elle-même et demande, en plus d’accepter, toujours plus de punitions. Sur une série de malentendus et de maladresses, elle ruine les espoirs de belle-mère, femme tumultueuse en sérieux déclin… qui au fond, ne rêvait que de rester désirable aux yeux d’un homme.

La recherche du prince charmant et la rivalité, thèmes phares du conte original, sont ici accessoires. La trame du matériau premier sert de prétexte pour une pièce traitant plus particulièrement du deuil, et du désir, sous plusieurs déclinaisons, son absence comme son regain…

L’éclairage, savamment dosé, laisse une part d’ombre à l’ensemble du casting, dont on devine plus qu’on ne voit les expressions. La voix, au micro, renforce une sensation de distance au plateau qui apparaît de plus en plus comme écran au fil des effets visuels qui filent à bon train. C’est un travail fin (même si occasionnellement tonitruant) sur les décors, les ambiances et les effets visuels, faisant irruption du palais cristallin à la chambre dénudée de Cendrillon, qui laisse une forte impression.

Les dialogues débités à la mitraillette, assumant leur ressort comique, désarçonnent régulièrement par leur côté rentre-dedans qui joue double-jeu avec la naïveté toute enfantine de la protagoniste, et sa façon de râler toute belge jusque dans ses intonations… La galerie de personnages secondaires, tout aussi savoureuse, accentue par sa superficialité la dramaturgie, par effet de contraste. Quel calvaire pour la jeune fille, corvéable à souhait, que de ne jamais côtoyer de personnages moins sots !

Une grande réussite formelle et des dialogues aussi jouissifs que drôles. Seul bémol, la distance au plateau, renforcée par le son, artificialisé par les micros, et l’excès de passage littéralement obscurs… Une pièce que les effets visuels, bien que bluffants, déréalisent peu à peu. Un sentiment de manque de chair induit par la mise en scène, ceci renforcé par une narration chorégraphiée, qui si elle est diablement stylisée, confine à l’abstraction, et nous éloigne encore de la vie sur le plateau. Attendre minuit pour pouvoir apprécier le propos sans sa beauté illusoire ? You wish…

V.D.

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Submarine : critique

Oliver Tate, adolescent à l’âme littéraire, un rien introverti, s’éprend de la fatale Jordana et sa redoutable coupe au carré. Si le pitch n’a rien de bien original, Submarine n’en est pas moins agréable à découvrir.

Car au delà d’une amourette classique, il y a de la matière.

Dans l’intrigue, car en parallèle, l’enjeu pour Oliver est de rabibocher ses parents, menacés d’adultère par une sorte de gourou-ninja qui rivalise de manipulation et de ringardise, mais fait la convoitise de la mère du protagoniste.

Dans le propos, car sans passer du côté de la vulgarité gratuite, Richard Ayoade aborde des thèmes adultes sans langue de bois. Une démarche simple mais un véritable souffle de fraîcheur pour un film qui aborde la sexualité sans grand renfort d’humour potache ou vision extrême et/ou trash… ce qui a le mérite d’être assez rare pour être souligné. Au milieu du marché des teen movies, il est particulièrement agréable de pouvoir découvrir un film faisant appel à un semblant d’intelligence, loin des traditionnelles répliques scato et des excès motivés par le désir de monter la  bande-annonce la plus aguicheuse possible.

Dans la forme, celle d’un journal intime, suivi avec la voix-off d’Oliver, au fil d’un monologue plein de malices. D’habiles références au cinéma comme autant de clins d’œil appuyant des effets de style pour appuyer un regard ou transmettre une émotion. Sans sensiblerie, une pudeur dans l’écriture qui permet un réel attachement au personnage principal, porté à l’écran avec brio par le jeune Craig Roberts, qui pour son premier grand rôle, n’a assurément pas à rougir.

Malgré l’évolution de l’intrigue amoureuse, qui perd un peu de son élan dans une seconde partie moins rythmée, reste le plaisir de suivre le parcours de cet adolescent à l’imaginaire débordant et à la sensibilité bien réelle, malgré son élocution mesurée. Un portrait touchant d’une jeunesse les pieds dans l’eau, pas sûre de ses sentiments, porté par une bande son au charme « so british », à l’image du film lui-même… Submarine fait l’effet d’une bonbonne d’oxygène dans un océan de productions filmiques surfant sur la vague du jeunisme. La faute à la patte bien marquée d’un réalisateur particulièrement inspiré. Puisse Richard Ayoade pouvoir porter d’autres projets avec ce même talent, car Submarine compte nombre de qualités, et ce sentiment de cohésion… Du bel ouvrage, capable de torpiller le premier croiseur hostile.

V.D.

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Kynodontas : critique

Jamais la cellule familiale n’aura autant évoqué la séquestration. Immersion au cœur d’une villa où on aboie, ou les chats sont une menace à prendre au sérieux. Une famille où l’on cueille des zombies et on se lèche pour arriver à ses fins.

Revisite de l’allégorie de la caverne de Platon, Canine (ou Dogtooth ou Kynodontas) est un film réellement étrange tant par sa forme que par le traitement de son sujet. Ses héros, des jeunes qui ne le sont plus vraiment, sont maintenus dans une espèce de dépendance oppressante par leur géniteur, tyran aux traits durcis, impassible et impitoyable.

Un film de contrastes. Contraste entre le jardin propret, les décors immaculés, la lumière crue du ciel, et la noirceur du propos, la violence des faits. Sans réelle pudeur, dans un silence pesant et une perpétuelle sensation d’étrangeté, les protagonistes dévoilent leur fragilité, leurs rêves déchus, et leur peur fabriquée par la figure paternelle, nous posant la question du formatage.

Pourtant, dans le traitement, Canine peut tendre à exaspérer par son côté intello et auteurisant, et par son écriture plutôt conventionnelle… Un gros problème de rythme, surtout, et la conduite uniforme de ses acteurs, pour la plupart assez mono-expressifs, ne permet pas de maintenir l’intérêt sur le long terme : quand les rouages de la tragédie sont mis en place, les dés sont déjà jetés, et le reste n’est plus qu’attente…

Au final, un film qui se casse les dents sur une question de forme alors qu’il aurait pu continuer de surprendre en s’éloignant de cette démarche jusqu’au-boutiste mais sans surprise. Un potentiel barricadé derrière l’envie devinée de se concentrer sur de brèves scènes choquantes, coups d’éclats aboyés par Yorgos Lanthimos, mais trop vite oubliés. Le coffre de la voiture qu’on aurait aimé infiltrer auparavant, pour suivre de doux dingues arrachés à leur microcosme, vers d’autres horizons. Ce que développait par exemple un certain Rolf de Heer dans le plus abouti Bad Boy Bubby

V.D.

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Les géants : critique

Les géants, ou l’histoire d’adolescents livrés à eux-mêmes, en roue libre au fin fond de la campagne.

Plus d’adultes responsables, et bientôt plus de ressources… c’est le point de départ de ce film au croisement du road-movie et de la chronique d’une jeunesse désœuvrée. Au fil des tribulations de ces trois jeunes, de galère en galère, Bouli Lanners prend plaisir à nous perdre dans les méandres de la forêt où ses jeunes antihéros vont croiser une belle galerie de seconds rôles, aussi décalés les uns que les autres, dont la plupart sont assez inquiétants. Un environnement hostile avec lequel les gamins doivent composer pour subsister : même si souvent comiques, les situations cruelles, parfois un brin surréalistes, dépeignent un univers impitoyable où les faux pas sont lourds de conséquences.

Et puis ? Bientôt dépossédés, les jeunes traversent différentes états, de l’ennui à la jubilation, du désespoir à la colère, sans retenue… La recherche de satisfaction immédiate, les bêtises aux effets inconsidérés, les lendemains péroxydés composent une belle ode au seul instant présent, l’unique réalité de ces gamins désaxés.

Néanmoins, si l’issue n’est pas des plus tragiques pour ces adolescents en totale errance, c’est sans savoir vers quoi ils vont qu’ils sont abandonnés par nous, spectateurs. Portés par leur énergie de continuer d’aller de l’avant sans se soucier du reste, un peu endurcis par leurs désillusions, ils continuent leur route, en ramant, image loin d’être innocente.

C’est le renoncement à faire confiance au monde des adultes, l’image du téléphone qui coule dans la rivière, et les regards lourds de sens, qui resteront imprimés dans les rétines. Et la mélancolie à se laisser porter à la surface de l’eau, sur la musique aérienne du Bony King of nowhere, aux ballades à la saveur douce-amère…

Une soirée pour rappeler chacun à ses souvenirs de feu de camp, et le sentiment que le monde est là, devant nous, que tout est encore possible…

V.D.

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Cendrillon : l’avis des jeunes

Ce samedi 17 et dimanche 18 mars se jouait, au PBA, Cendrillon de Joël Pommerat.

Joël Pommerat aime confronter les gens ordinaires à des situations extraordinaires, comme dans les contes pour enfants. Il était évident qu’un jour, outre les pièces qui ont fait son succès, il allait réécrire, dénuder et actualiser des histoires qui ont forgé notre imaginaire depuis l’enfance.

Après Le Petit chaperon rouge, Pinocchio, c’est un autre de ces contes de la tradition populaire dont il s’empare pour mieux le sublimer : Cendrillon. Le carrosse est avancé, ne reste plus qu’à prendre place.

Les jeunes du Conseil Consultatif des jeunes de Charleroi y ont assisté et nous délivrent leur avis :

« Très belle mise en scène,beaux effets spéciaux notamment avec la maison en verre,très beau décor sauf un peu lourd au niveau du changement de décor. Beau scénario et belle modernisation Référence à la jeunesse,on y voit des sujets d’actualité comme par exemple la corruption,la méchanceté,le désespoir. Seul inconvénient, c’est beaucoup trop chargé, ils veulent beaucoup époustoufler la salle. A part ce détail, le jury du festival était comblé. »

http://kulturopointmagcharleroi.wordpress.com/2012/03/20/cendrillon/

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