Le nom des gens

Le nom des gens, c’est une comédie optimiste, hilarante et fraîche. Humaniste, le film parle des différences de chacun (origines, principes, religion, politique…) qui font que finalement, il y a moyen de vivre ensemble et de s’aimer au-delà, à travers ces dissimilitudes.

Le réalisateur, Michel Leclerc et sa co-réalisatrise et compagne, Baya Kasmi, sont partis de leur expérience personnelle, de leur rencontre afin de proposer un film touchant, de notre époque, où chacun, finalement, peut s’y retrouver, ne fût-ce qu’un peu.

Le nom des gens, c’est un festival de couleurs, un film qui aborde, de manière légère et juste, des obsessions actuelles (identité, pédophilie, politique…) et qui désamorce, à dose d’humour et de surprises, la lourdeur de propos dont nous bombardent déjà, sans mesure, les médias.

Dans cette comédie, il est question des relations que l’on peut entretenir avec la famille, du devoir de mémoire, de la complexité du rapport à l’identité, des tabous qui sautent les générations et s’installent, irrémédiablement, un jour ou l’autre.

L’histoire est celle d’une rencontre entre une femme et un homme, opposés l’un à l’autre comme deux pôles inverses.

Elle, c’est Bahia Benmahmoud, une jeune femme extravertie, libre et libérée. Sa mère, une soixant-huitarde engagée et son père, algérien d’origine et artiste à ses heures, l’ont fait grandir dans le respect des autres, dans l’entraide et la joie. Idéaliste, elle déborde de vie, d’espoir et d’énergie. Maladroite et distraite, elle a «l’esprit d’escalier»: elle pense à quelque chose et elle fait autre chose simultanément, ce qui peut rendre absurdes et décalés certains de ses actes. Elle ne contrôle rien, ni son corps ni sa vie, entretenant avec elle-même et les autres des relations franches et spontanées. Elle possède ce qu’il faut du grain de folie, ne se posant aucune limite ni de pensée ni d’action. Elle, elle rêve de sauver le monde et pour ce faire, elle couche avec des hommes de droite pour les convertir à gauche. Sa manière à elle de s’engager parce qu’elle est persuadée qu’aucun homme ne peut comprendre l’autre en-dehors de l’acte sexuel.

Lui, c’est Arthur Martin, comme celui des cuisines,  un quadragénaire discret, jospiniste, qui vit dans la raison, le contrôle et l’organisation obsessionnelle permanents. Sa mère vient d’une famille juive mais n’en a jamais véritablement parlé. Son père est plutôt branché nouvelles technologies. Il a grandi dans un environnement où avoir importe plus qu’être. Son monde est à l’inverse du monde de Bahia.

Tout semblerait les séparer. Pourtant… il suffit d’un jour pour que tout bascule et que les certitudes s’écroulent. Les apparences sont souvent trompeuses et, en amour, on ne peut jamais être sûr de rien…

Un film à l’allure candide, légère qui, dans le même temps, aborde des thèmes propres à l’homme d’aujourd’hui dans tout ce qu’il a de doutes, de complexité, de manque de repères et de questionnements. Une bulle d’air dans le quotidien. Un film qui fait du bien…

Ludivine Joinnot

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