«Elle était socialiste, protestante et féministe…» Cette chanson de Renaud colle bien à la peau de Bahia Benmahmoud, qui couche avec des hommes de pouvoir et de droite dans le but de les rallier à ses causes politiques de gauche. Cette démarche, la fraîcheur et le piquant de l’héroïne sont les points d’attrait principaux du film.
Mais Le nom des gens raconte aussi la rencontre de cette fille de père algérien (immigré en France après l’indépendance) avec un certain Arthur Martin, vétérinaire spécialisé dans les épizooties, fils d’une juive qui a échappé à la déportation, et d’un ingénieur nucléaire, qui a servi dans l’armée française pendant la guerre d’Algérie…
On l’aura compris: tout les oppose. Tout? Non. Tous deux n’ont pas choisi leur enfance: lui, fils de juive; elle, violée par son professeur de musique lorsqu’elle était jeune. Et leur passé leur revient constamment à la figure dans le quotidien d’une société française qui combat ses démons.
A travers l’histoire de leur rencontre, Le nom des gens en profite pour glisser des débats politiques d’actualité, parfois sous forme de clichés, mais sur un ton à la fois léger et sérieux – on se demande alors s’il faut rire ou pleurer. Quoi qu’il en soit, le film trace le combat profondément humain de ces deux êtres qui, petit à petit, surpassent les handicaps de leurs origines pour donner naissance à un fils qu’ils nommeront Chang, comme s’ils inauguraient une nouvelle race de Français…
François-Xavier Heurion
