les reporters du festivalPublié le 13.03.2018

Encadrée par les animateurs média de FOr’J et de l’Atelier/M, ainsi que par le photographe Philippe Reale, une équipe de jeunes reporters est invitée à porter son regard sur le festival. Retrouvez leurs articles tout au long du festival!

 
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19 > 22 mars
spectacle - Quartier 3 Destruction totale

De jeunes adolescents accros à un nouveau jeu vidéo "Quartier 3" voilà à quoi ressemble demain. Ils sont prêts à tout, ne plus sortir, ne plus se voir, jusqu'à ne plus s'alimenter, pour échapper aux attaques des zombies..
 
L'ambiance sonore donne à l'ensemble une atmosphère sombre et effrayante. Un écran blanc projette le décor en 3D sur les comédiens qui évoluent à l'arrière. Des scènes très courtes nous plongent dans le récit et les images nous poursuivent longtemps.. Entre chaque scène, la ligne de conduite des joueurs évolue pour arriver jusqu'à la maison finale.
 
Au fur et à mesure, entre péripéties et conflits avec les parents, un lien se tisse entre virtuel et réel. Le quartier 3, fictif, est l'exacte reconstitution du quartier dans lequel vivent les jeunes joueurs. Coïncidence ? Peut-être pas...
 
Le moment d'ouvrir la porte de la dernière maison arrive enfin. Celle-ci ressemble comme deux gouttes d'eau à celle des joueurs. Ils ouvrent la porte fictive et la porte réelle s'ouvre elle aussi.
 
Le jeu a pris le dessus, il est maintenant trop tard pour reculer. La déflagration traverse les deux mondes et nos jeunes aventuriers se retrouvent livrés à eux-mêmes, sans parents, pour le reste de leur vie réelle. 

 

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17 mars
résonance - parcours terri(b)l

Photos © Lola Paquet

Photos © Francesco Melis

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12 > 14 mars
spectacle - "Obsolète" : le miroir de nous-mêmes


« Je suis l’éditrice d’un magazine qui prône le locavorisme, mais je mets une banane dans mon smoothie chaque matin » Geneviève Vézina –Montplaisir.
Nous prônons l’alimentation équitable mais savons-nous réellement si ces produits sont fairtrade ou faisons-nous confiance au beau packaging et marketing réfléchis ? Nous défendons l’arrêt du travail des enfants mais nous continuons d’acheter nos vêtements dans de grandes chaines. La pollution, le fléau de notre société ? Pourtant, nous sommes tellement attachés à notre voiture de société…


Notre vie se résume à des paradoxes et des actions à court terme pour alléger notre conscience. « Obsolète » nous met face à nous-même : des hommes hypocrites et lâches. Finalement, nos comportements sont minimes par rapport aux enjeux de société, obsolètes.


Nous nous retrouvons alors en 2070, dans un monde apocalyptique suite à nos agissements, à devoir survivre dans une déchetterie géante. En effet, le décor se dégrade en même temps que la prise de conscience des acteurs sur leurs modes de consommation.


Pourtant, avec cette double énonciation où les acteurs sortent de leurs personnages pour nous interpeller, nous revenons vite en 2017. Après tout, ce n’est que du théâtre… de l’amusement ? Ils ne se sentaient pas prêts à vivre ce désastre… Encore une preuve de lâcheté de l’être humain.
Et après ? On pleure ?


Même si cette représentation est une prise de conscience sur notre égoïsme et notre mode de vie, nous ne sommes pas face à un destin prédéterminé. Il faut avoir le courage de vouloir changer les choses et de prendre sa vie en main. Quelques-uns ont franchi ce pas, mais des milliers d’autres attendent. Attendent quoi ? Qu’il soit trop tard ?

Amélie Rimac

 

Une heure dix en compagnie d'Alice, Marie et Hervé. Une heure et dix minutes qui nous plongent dans leur monde sans déchets. Le public est emmené tambour-battant à la découverte des pesticides, polluants et autres produits nocifs. Et d'ici 2070, nous en subirons les nombreuses conséquences. Que celles-ci soient climatiques, diététiques ou esthétiques, ce sera « retour au Moyen-Age ».

Mais les mots ne suffisent plus et il faut agir maintenant. Ces comédiens sont des pros de l'écologie, dans un métier lui-même pas très écologique.  Entre la fumée utilisée pour l'ambiance de la pièce, les décors achetés et jamais utilisés ou encore les publicités prônant l’achat de voitures hyper-polluantes, il faut trouver le juste milieu. Continuer à vivre et évoluer sans trop polluer. Voilà le message qu'ils veulent nous faire passer avec bonne humeur et autodérision.

Sarah Firmin

 

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8 > 9 mars
spectacle - "tristesses"

C’est une pièce que j’ai trouvée épatante tant sur la mise en scène et le décor que sur le jeu des acteurs. L’histoire de Tristesse : c’est une petite île qui ne comporte que huit habitants mais la vieille dame du village se suicide… C’est à partir de ce moment que tout va changer sur cette île…

Durant toute la pièce, nous sommes plongés au cœur de ce petit village. Pendant la représentation, j’en ai presque oublié que c’était une pièce de théâtre. J’avais l’impression de regarder un film. J’ai adoré, vraiment adoré, le fait que ça soit filmé et rediffusé sur un écran en direct.

A un moment de la pièce, le vidéaste vient sur la scène et l’actrice le prend dans ses bras. C’était à la fois émouvant et déroutant de voir se mêler l’aspect technique aux acteurs. Ce que j’ai moins apprécié, c’est la durée de la pièce qui fait 2h30 mais cela a permis aux spectateurs d’être bien imprégnés de l’ambiance. Je recommande vivement cette pièce de théâtre qui marque les esprits et qui est surtout impressionnante au niveau de la mise en scène. Après avoir regardé la pièce, j’ai pris le temps d’écouter les commentaires et les avis des spectateurs.  La conclusion ? Tout le monde était unanime…pièce remarquable !


Lola Paquet

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1 mars
Rencontre – Agissements sexuels et violence à l’adolescence… Voir au-delà du passage à l’acte de ces « nouveaux monstres »

13h35. En retard, comme d’habitude. J’entre en essayant de passer inaperçue… Au programme ? un débat à propos des agirs sexuels commis par des adolescents et la projection du film BANG GANG. Décision creepy, masochiste ? Plus une incompréhension de ma part sur le thème abordé mais ma curiosité me fait rester…

La sexualité ? un thème d’horreur ?

« L’adolescence est le moment où il y a l’émergence du réel sexuel dans le corps du jeune »

Cette conférence est organisée dans le cadre du KICKS festival ayant pour thème l’horreur. N’étant pas friande de ce sentiment de peur qui te prend aux tripes, un débat suivi d’un film me semblait plus « léger » … Oups, petite erreur de ma part.

On entre dans le vif du sujet par un constat : 5% des patients de l’infrastructure UPPL (unité de psychopathologie légale) sont des adolescents. Violeur ? Psychopathe ? Quel que soit le statut que l’on donne à ces jeunes, ils ont besoin d’une prise en charge sérieuse. C’est pourquoi en 2014 nait PARADOXE, une cellule de dialogue et d’écoute pour aider le jeune à comprendre son comportement.

Incompréhensible, vous dites ? C’est peut-être dur à entendre en effet… Oui, des jeunes de 14 ans commettent des viols intrafamiliaux, oui des ados regardent du porno pour assouvir leurs pulsions, mais avons-nous essayé un instant de comprendre pourquoi avant de juger ces faits horrifiants ? Que se passe-t-il dans la tête du jeune ? Ce sont ces questions auxquelles l’ASBL tente de répondre tous les jours.

Cette action est préventive et permet à l’auteur des faits d’être soutenu et encouragé dans sa prise de conscience. Les réunions se font en groupes durant 16 visites. Projet pilote, des statistiques n’ont pas encore été réalisées mais je suis convaincue que ce travail permettra à ces enfants égarés de s’exprimer, de se comprendre afin d’entamer un travail personnel et de retrouver une vie plus saine.

Le moment de répit : le film

2ème erreur, croire que le film serait un divertissement… Bang Gang traite du manque : manque d’amour, de liberté, manque de limites, d’autorité... Ces ados en quête créent le concept de bang gang : des orgies. Jeux sexuels, débauche, défonce… Cette maison devient leur point de repère pour s’évader du monde réel jusqu’au jour où ils sont rattrapés par les réseaux sociaux et les conséquences de leurs actes. 

« C’est un film gentil », « ils ont besoin d’apprendre de leurs erreurs », « laissons-les faire » … Voilà quelques avis du public que je ne partage absolument pas ! Ce film est désinvolte, je le conçois, dans sa mise en scène : milieu social moyen à aisé, couleurs chaudes à l’approche de l’été. Mais les actes sont, à mon sens, violents et crus. Prendre ce film pour la réalité ou le sous-estimer est insensé. Par contre, il soulève un problème sociétal déviant.

Morale de l’histoire ?

Oui mais. Oui c’est instructif, humain mais je sors un peu du public ciblé, cette conférence s’adressant en effet principalement aux professionnels. J’aime aller dans des débats, des représentations cinéma où j’ai un pouvoir par la suite, où le thème me remet en question et je peux

changer durablement les choses à ma manière. Dans ce cas-ci, je me suis sentie impuissante face à la situation.

Amélie Rimac

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16 février
Freaks + La Nuit de l’Horreur

Une atmosphère onirique et dérangeante règne sur le centre de délassement de Marcinelle. Télévisions déréglées, vitres remplies d’étranges écritures, peluches écrasées dans des bocaux, le cauchemar nous accompagne jusqu’au fond du couloir. En un éclair, les portes s’ouvrent et une cohorte de monstres nous accueille sur le dancefloor. 

Musique, danse, théâtre, réunis pour nous offrir un incroyable spectacle digne de son nom. Une histoire émouvante aussi, sur un sujet des plus actuels, le harcèlement. Chaque créature est différente, mais pour autant elles ont toutes un point commun... Le monde auquel elles appartiennent. Chacun s’exprime,  prend la parole. Leurs échanges avec le public nous plongent dans l’univers chimérique des Freaks

Sarah Firmin