L’Indigène

Nathalie Mauger
du mardi 15 au samedi 19 novembre
À L'Ancre

Esquisse remarquée lors de «Tremplin, Pépites & Co. II», L’indigène nous invite à revisiter le réel par les yeux de la marionnette, dans un univers visuel d’une drôlerie lugubre.

« Chaque jour 40.000 enfants meurent de la misère qui les entourent et cela n’intéresse ni nous ni Dieu. »

C’est par cette phrase, dite au public, que le texte de L’indigène se conclut. Il ne s’agit là ni d’une accusation ou d’une morale, mais d’un constat sur notre société, qui rappelons-le, se révèle réellement par la façon dont elle traite les plus faibles de ses membres.

Kroetz, auteur allemand contemporain, fils de ces allemands qui ont vécu la guerre au côté des nazis. Une génération d’enfants pour qui le modèle des Pères a fait faillite. Kroetz parle de nous, à travers le portrait au vitriol d’un monde dessiné à gros traits, comme dans un dessin d’enfant. L’Indigène est une pièce pour marionnettes/guignol, où les maisons sont en pain d’épice, où l’on parle avec Jésus Christ, où les Hommes sont comme de gros oiseaux noirs… Cette pièce est peuplée d’une faune absolument jouissive: Kurt, vieux pantin retors, avec un cancer du larynx; Toni, jeune pantin maigre, atteint du Sida; Hugo, pauvre pantin stupide, avec un cancer de l’intestin; Irmi, saine Margoton, l’indigène, et d’autres.

L’envie, nous dit Nathalie Mauger, de mettre en scène une pièce comme L’indigène vient d’un constat sur le corps comme sens et but de l’expérience théâtrale. Touchée par la banalisation de la dimension de la chair, elle remarque que l’on peut aller au théâtre et vivre une expérience qui n’a plus rien à voir avec nos sens d’êtres en chair et en sang. Dans L’indigène, la chair sera l’enjeu de la représentation. A travers l’utilisation de la marionnette, l’exhibition du corps est dédramatisée. Le spectateur est convié au plaisir de l’innocence, de l’enfance, et de la foi. Pourtant, l’histoire n’est pas une histoire pour enfants. Les personnages se heurtent sans cesse aux limites de leurs corps et de l’espace. En somme, aux limites de la condition humaine. Une successions de tableaux tout en contraste et paradoxes nous emmènent dans un théâtre de la marionnette: « cru, éclatant, coloré, rapide, court et bon ».

¤ 20h30 (mercredi 19h)

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Texte Franz Xaver Kroetz l Traduction Claude Yersin l Mise en scène Nathalie Mauger l Assistante à la mise en scène et déléguée de production Françoise Fiocchi / Stagiaire Thomas Dephin Poulat / Scénographie Johan Daenen assisté de Johanna Daenen - Nathalie Mauger l Composition musicale et réalisation sonore Jean-Pierre Urbano l Direction technique Fred Op de Beeck l Régisseur Stefano Serra l Régie Son Benjamin Dandoy l  Conseillère artistique Hélène Marini l Création lumières Xavier Lauwers l Création maquillages Dominique Brévers l Coupe costumes Christine Pickeray l Construction décor Joachim Hesse et Joris Van den Houte l Interprétation Luc Brumagne, Jérôme de Falloise, Mathilde Lefèvre, Sarah Lefèvre, Jean-Baptiste Szezot l Interprètes voix of Alexandre Trocki, Saskia Brichart, Michèle Vegairginski, Françoise Fiocchi. Coproduction Cie L.E.F.T, Théâtre de L’Ancre, Groupov, Balsamine. l Soutien Province de Liège, Service général des arts de la Scène de la Communauté française, Ministère de la Région Wallonne, Théâtre & Publics, Théâtre de la Place et l’ESACT. Les éditions de L’Arche sont l’agent théâtral du texte représenté.