Quand m’embrasseras-tu ?

Cie Brozzoni
Samedi 23 et dimanche 24 février
À L'Ancre
Quand m'embrasseras-tu ?

Un pamphlet épique contre la guerre, sa cruauté et son absurdité. Énorme succès au festival Off d’Avignon 2011 !

Mort en 2008, Mahmoud Darwich est considéré comme l’un des chefs de la poésie arabe contemporaine. Pied de nez au cynisme ambiant, Quand m’embrasseras-tu ? donne à entendre cette parole aux élans magnifiques. Une parole singulière, celle d’un homme qui a continué, malgré tout (prison, assignation en résidence, exil…), à chérir sa terre, la Palestine, et par dessus tout, à évoquer l’amour, à penser la paix.

Sur un plateau épuré, aux couleurs chaudes, pour mieux laisser la place aux mots, l’acteur et musicien Abdelwaheb Sefsaf porte avec incandescence la poésie de Mahmoud Darwich. Des mots, ici, qui viennent guider en direct le dessin (sinon l’écriture) d’une fresque, avec une énergie et une fluidité déconcertantes. Des mots aussi, qui se mettent à voler, soutenus par une musique aux inspirations multiples.

A la croisée du théâtre, du concert et de la peinture, une alchimie lentement enivrante et magnétique, un cri d’espérance, un appel à sortir l’humanité de sa léthargie. Une création de la Cie Brozzoni qui porte avec générosité et conviction une parole avant tout fraternelle, passionnée  et passionnante !

 

(…) à Gaza le temps est un autre temps. Le temps de Gaza n’est pas neutre, il n’envoûte pas le monde de froide impassibilité, mais contre le réel il se heurte et il explose! Le temps là-bas ne transporte pas les enfants de l’enfance à la vieillesse, mais d’un bond, dès leur premier choc avec l’ennemi, il en fait des hommes.
 (…) Elle n’est point, Gaza, la plus belle des cités…
Elles ne sont point, Gaza, ses plages, les plus riantes des plages arabes.
Elles ne sont point meilleures, ses oranges, que toutes celles du bassin méditerranéen.
Elle n’est pas la plus cossue d’entre les villes Gaza!
Elle n’est pas non plus la plus délicate, ni la plus imposante, mais elle vaut le poids d’or de l’histoire d’une nation entière – parce que c’est la plus laide aux yeux de l’ennemi, et la plus miséreuse, la plus loqueteuse, et la plus méchante! Et parce qu’elle est, parmi nous, celle qui a su troubler toute euphorie et toute quiétude! Et parce qu’elle est un cauchemar et que ses oranges sont piégées, ses enfants sans enfance, ses vieillards sans vieillissement, ses femmes sans plaisir! Telle est Gaza, la plus belle, la plus sereine; la plus cossue, la plus digne, parmi nous, d’être aimée à la folie!
(extrait Silence pour Gaza!)

 

¤ Heure? samedi 20h30, dimanche 16h

¤ Prix?

adulte 15€ / 10 € abonné

jeune 10€ / 5€ abonné

Textes Mahmoud Darwich | Traduction Elias Sanbar | Mise en scène et scénographie Claude Brozzoni | Interprétation Abdelwaheb Sefsaf, Georges Baux, Claude Gomez et Thierry Xavier | Composition musicale Georges Baux, Claude Gomez, Abdelwaheb Sefsaf | Son Titou Victor | Lumières Guillaume Hérault | Construction Christophe Charamond | Costumes Pascale Robin | Accessoires Pascal Julliard. Production Compagnie Brozzoni | Coproduction Bonlieu Scène nationale Annecy / Sélection Printemps des poètes | Aide Ministère de la Culture et de la Communication DRAC Rhône-Alpes, Région Rhône-Alpes, Conseil Général de Haute-Savoie et Ville d’Annecy | Aide à la diffusion Spedidam.